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Deux mois après
sa nomination, il entame la première des grandes tournées d'inspection
qu'il effectue entre 1834 et 1852. Il en rapporte des rapports méticuleux,
décrivant tous les monuments dans le détail. Il a des édifices une approche
objective et un peu froide que lui reproche Vitet : « Mérimée
admire les beaux monuments mais il n'a jamais senti ses yeux se mouiller à
l'aspect de leur ruine ». Cela ne remet pas en cause son
investissement personnel. Conscient de l'importance de sa mission, il se
démène pour sauver les édifices les plus importants.
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Pour cela, il organise l'archivage et le classement des
données recueillies, établissant des listes de bâtiments à restaurer de
façon prioritaire, afin d'éviter la dispersion des fonds qui lui sont alloués.
On procède à un classement en trois catégories selon « le mérite sous le
rapport de l'art, la situation matérielle, les ressources des
localités ». La première catégorie est la plus importante. Elle
concerne « des édifices qui sont pour ainsi dire des types et qu'on ne
pourrait abandonner à la destruction sans encourir les reproches de la
postérité. » Derrière une volonté d'objectivité, percent souvent
les goûts personnels. Ces goûts incitent Mérimée à privilégier les édifices
romains et médiévaux, notamment religieux.
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Pour obtenir des fonds, Mérimée se multiplie : il
fait partie de très nombreuses commissions (comité des arts et monuments,
conseil des bâtiments civils...), la plus importante demeurant la Commission
nationale des Monuments historiques, dont il devient secrétaire en 1837, puis
vice-président en 1839. Il négocie également avec les ministres son budget
annuel, regrettant souvent la faiblesse de ses crédits, qui obligent à des
choix douloureux. Son action est relayée sur le plan local par un réseau
d'hommes de confiance qu'il découvre au cours de ses voyages. Il charge ces
hommes, souvent bénévoles, de le tenir informé de tous les projets de
restauration, de vente ou autres dont ils entendraient parler. Il leur
demande également des précisions lorsque ses notes ne lui paraissent pas
suffisantes pour établir ses rapports.
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