PROSPER  MERIMEE  (1803-1870)


Deux mois après sa nomination, il entame la première des grandes tournées d'inspection qu'il effectue entre 1834 et 1852. Il en rapporte des rapports méticuleux, décrivant tous les monuments dans le détail. Il a des édifices une approche objective et un peu froide que lui reproche Vitet : « Mérimée admire les beaux monuments mais il n'a jamais senti ses yeux se mouiller à l'aspect de leur ruine ». Cela ne remet pas en cause son investissement personnel. Conscient de l'importance de sa mission, il se démène pour sauver les édifices les plus importants.

Croquis de P. Mérimée

Pour cela, il organise l'archivage et le classement des données recueillies, établissant des listes de bâtiments à restaurer de façon prioritaire, afin d'éviter la dispersion des fonds qui lui sont alloués. On procède à un classement en trois catégories selon « le mérite sous le rapport de l'art, la situation matérielle, les ressources des localités ». La première catégorie est la plus importante. Elle concerne « des édifices qui sont pour ainsi dire des types et qu'on ne pourrait abandonner à la destruction sans encourir les reproches de la postérité. » Derrière une volonté d'objectivité, percent souvent les goûts personnels. Ces goûts incitent Mérimée à privilégier les édifices romains et médiévaux, notamment religieux.

Pour obtenir des fonds, Mérimée se multiplie : il fait partie de très nombreuses commissions (comité des arts et monuments, conseil des bâtiments civils...), la plus importante demeurant la Commission nationale des Monuments historiques, dont il devient secrétaire en 1837, puis vice-président en 1839. Il négocie également avec les ministres son budget annuel, regrettant souvent la faiblesse de ses crédits, qui obligent à des choix douloureux. Son action est relayée sur le plan local par un réseau d'hommes de confiance qu'il découvre au cours de ses voyages. Il charge ces hommes, souvent bénévoles, de le tenir informé de tous les projets de restauration, de vente ou autres dont ils entendraient parler. Il leur demande également des précisions lorsque ses notes ne lui paraissent pas suffisantes pour établir ses rapports.