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MERIMEE, SES THEORIES ET SES ARCHITECTES
« L'autre jour, devant un architecte de
département, je me lâche à dire : « Quel est l'âne qui a bâti ce
clocher ? » « - Moi » répond modestement l'architecte. Et
moi, perdant la tête et voulant dire que j'aurais dû ne rien dire, je
dis : « J'aurais dû m'en douter » ! (Lettre à F.
Cavé, 6 novembre 1834)
Bien que n'ayant pas de formation particulière en histoire
de l'art, Mérimée révèle, à force de voyages et d'observations, une grande
aptitude à comprendre l'architecture, notamment médiévale. Certains de ses
points de vue sont tout à fait modernes, comme celui qu'il développe à propos
de la croisée d'ogives. Il comprend, en dépit des préjugés de l'époque, que
celle-ci n'est pas synonyme d'art gothique : « Pour nous,
l'ogive est un élément d'architecture applicable à plusieurs styles, mais qui
n'est caractéristique d'aucun ».
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Il fait preuve de la même clairvoyance en ce qui
concerne la pratique de la restauration, dont il donne une excellente
définition : « Par restauration, nous entendons la
conservation de ce qui existe, la reproduction de ce qui a manifestement
existé ». Pour lui, la prudence doit dominer car les risques
d'erreurs sont grands. Il faut réparer et compléter, en s'appuyant
éventuellement sur les modèles régionaux, mais en aucun cas inventer ce qui
n'a jamais été.
Il partage cette conception de la restauration avec un
petit groupe
d'architectes - les seuls qui selon lui soient vraiment dignes
de confiance - dont il s'attache les services et qu'il influence
profondément. Outre Questel, Boeswillwald - qui lui succède comme
inspecteur général - on peut surtout citer Joly-Leterme et Viollet-le-Duc
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