VEZELAY
Si Mérimée est charmé par son arrivée au village de
Vézelay (Yonne), il avoue dans ses Notes de voyage que « la
première vue du monument [le] refroidit un peu ». Pourtant, dans le porche, il est
d'emblée attiré par les « archivoltes merveilleusement travaillées et
les « bas-reliefs d'un haut intérêt [qui] remplissent les tympans »,
bien que toutes ces sculptures soient alors fort abîmées. Les dommages ne
s'arrêtent pas là. Il écrit à Lingeay (9 août 1834) : « Elle
[l'église] est dans un état pitoyable : il y pleut à verse et, entre
les pierres, poussent des arbres gros comme mon bras ». Mais il
ajoute « C'est (...) ce que j'ai vu de plus beau en fait
d'architecture romane ». La restauration est donc urgente et
prioritaire même si certains s'interrogent à son sujet tant la situation
paraît désespérée et les travaux coûteux. Deux architectes, Duban et
Caristie, refusent la mission.
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Malheureusement, les premiers
architectes désignés manquent de motivation. Les premiers crédits - 6000
francs en 1835 et en 1838 - restent inutilisés. Mérimée décide alors, en
1840, de recourir au jeune Viollet-le-Duc. Celui-ci se met immédiatement au
travail. En 1842, la restauration est, de l'avis de Mérimée « supérieurement
commencée ». (lettre à L. Vitet, 3 juillet 1842). Il écrit :
« j'ai passé une journée à Vézelay et j'ai vu avec grande joie que
maintenant notre belle église est hors d'affaire. » Néanmoins il
n'hésite pas à faire quelques reproches à son architecte favori, à propos
notamment d'une « espèce de frise très compliquée et d'un caractère
singulier » qu'il « a fait exécuter tout autour de
l'église ». Il regrette cet ornement coûteux et inexistant à l'origine.
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La basilique est rapidement sauvée. Les
travaux concernent d'abord la voûte et les contreforts, se poursuivent par le
chœur, le porche, la façade et sa tour, et s'achèvent par le transept sud et
les superbes sculptures du porche.
Viollet-le-Duc n'abandonne le chantier qu'en 1859. La Commission des
monuments historiques dresse un bilan élogieux du travail de
l'architecte : « Jamais mission plus hasardeuse ne fut acceptée
avec plus de dévouement, commencée avec plus de résolution, dirigée avec plus
de sagesse, de méthode et d'économie. » (Archives de la Commission
des monuments historiques, 1855-1872).
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