Historique

plan de l'église haute

 L'église St Eutrope de Saintes, malgré les amputations qu'elle a subies, présente toujours un grand intérêt dans ses parties romanes. Dans la première moitié du VIe siècle, une église est fondée à l'emplacement du tombeau de St Eutrope, évêque du IIIe siècle. Cet édifice est reconstruit une première fois après les ravages causés par les normands au IXe siècle. La situation de St Eutrope sur la route de St Jacques de Compostelle pousse ensuite les clunisiens à s'y intéresser. En effet, l'ordre souhaite promouvoir le pèlerinage vers Compostelle. Le comte de Poitou, Guy Geoffroy Guillaume, fait don de l'église à Cluny en 1062. Pour cela, il développe les lieux de cultes qui se trouvent sur le chemin. Dans cette optique, un nouvel édifice est construit vers 1081. Urbain II vient le consacrer en 1096, alors que seul le chœur est achevé.
 Au XVe siècle, Louis XI finance la réfection du croisillon nord et l'édification d'un clocher de 65 mètres de haut, entre 1478-1496. Une chapelle axiale est également ajoutée.

La nef est détruite en 1803. Il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges du collatéral sud. L'ancien chœur roman sert depuis de nef, tandis que l'ancienne chapelle axiale fait office de chœur. Une façade moderne est élevée en 1831 pour clôturer le transept. La coupole qui couronne la croisée date de la même année.

Visite extérieure

La façade est une création peu imaginative du XIXe. Au dessus des portails en plein cintre, on trouve des baies simples (portails latéraux) ou un groupe de trois baies (centre). Le bloc central, légèrement plus élevé que les blocs latéraux, est couronné par un oculus. Au nord s'élève la tour (inobservable pour cause de travaux).

facade nord

 L'édifice se caractérise par le contraste qui existe entre le vaisseau principal et le chevet, d'une part, et les bas-côtés avec leurs absidioles, d'autre part. En effet, les collatéraux et les petites chapelles désaxées qui les terminent sont de style roman, dans une pierre assez blanche. En ce qui concerne les collatéraux on distingue deux niveaux de baies cintrées, séparées par un mur plein et encadrées par des contreforts ronds reliés les uns aux autres par des arcs en plein cintre.

Le premier niveau de baies, au niveau du sol, éclaire la crypte. Le second éclaire les bas-côtés de l'église haute. Il est surmonté de petits oculi. Chaque fenêtre est mise en valeur par une voussure à motifs géométriques, appuyée sur de fines colonnettes.

Les absidioles ont une élévation à quatre niveaux, divisés verticalement par des contreforts ronds. Au premier niveau, on voit une alternance de mur plein et de baies en plein cintre. Au second niveau, le mur est continuellement plein. A l'étage supérieur, les baies ouvertes alternent avec les baies aveugles, sous des voussures à motifs géométriques. Le dernier niveau est orné de groupes de deux ou quatre petites arcades aveugles.
 Le chevet et le vaisseau principal de la nef sont constitués d'une pierre plus grise. Les baies du chevet sont séparées par des contreforts épais. L'ensemble manque de charme.

chevet


Visite intérieure

plan

 La petite taille de l'église haute (42 mètres de long) s'explique par la destruction de la nef en 1803. La faible hauteur de l'élévation (10 mètres dans le chœur, 14 mètres sous la coupole du transept) est lié au caractère roman de l'édifice.
A l'origine, la nef aujourd'hui disparue (partie grise sur le plan) donnait accès, par un jeu d'escaliers, soit au chœur, soit à l'église basse. Il y avait donc une espèce de double église qui permettait de mieux réguler le flux des pèlerins.

Aujourd'hui, on pénètre dans l'église au niveau de la croisée du transept. Celui-ci est composé de croisillons d'une travée, qui constituent en quelque sorte des chapelles latérales. Le croisillon nord est voûté d'ogives, le croisillon sud est couvert d'une voûte en berceau brisé.

chapiteau du Pèsement des âmes

Daniel dans la fosse aux lions

Les deux croisillons ouvrent sur des chapelles hémicirculaires à cinq pans. A la croisée, on trouve quelques chapiteaux historiés intéressants, comme la Pesé des âmes (nord, ci-dessus) ou Daniel dans la fosse aux lions (sud, photo ci-contre).

 L'ancien chœur roman (en mauve sur le plan), qui sert aujourd'hui de nef, comporte quatre travées droites. Il est couvert par une voûte en berceau, alors que les bas-côtés, éclairés par de larges fenêtres, sont couverts par des voûtes en demi-berceau. L'élévation est à un seul niveau. Les arcs en plein cintre des grandes arcades reposent sur des chapiteaux à motifs floraux. Une colonnette relie ces chapiteaux aux arcs doubleaux qui soutiennent la voûte.

nef et choeur

Le chœur actuel est constitué de la grande chapelle axiale, qui comporte une travée droite et un rond-point à cinq pans, éclairé par des baies géminées en arc brisé. A droite et à gauche du choeur, on trouve deux petites chapelles romanes voûtées en cul de four, qui présentent la particularité de ne pas être dans l'axe du chœur (avec lequel elles font un angle aigu).

  La crypte, où repose St Eutrope, constitue une véritable église basse, voûtée d'arêtes. Sa longueur est de 35,5 mètres et sa hauteur de 5 mètres. Refaite au XVe siècle, elle reproduit le plan de l'étage supérieur : transept, quatre travées droites, voûtées d'arêtes, augmentées d'un rond-point à cinq pans, qui ouvre sur trois chapelles voûtées en cul de four. Les bas-côtés, voûtés d'arêtes, forment un déambulatoire.

crypte

cuve baptismale

Certains éléments ornementaux méritent d'être remarqués. C'est le cas de la cuve baptismale (chapelle nord), qui date du XIIe siècle. A ses côtés, on trouve un puits de 45 mètres de profondeur.

Enfin, les chapiteaux sculptés sont d'une finesse qui s'apparente à la broderie.

chapiteaux de la crypte

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