Vallbona de les Monges


Historique

Au départ, une communauté d'hommes et de femmes se regroupe autour de Ramón de Vallbona dans un lieu solitaire. Elle adopte la règle bénédictine. La première mention écrite du monastère date de 1153, lors d'une donation de terre. On sait également que cette communauté mixte est régie par une femme, doña Beatriz, en 1174. En 1175, la communauté est rattachée à l'ordre cistercien. Les hommes partent dans d'autres monastères. L'abbaye reçoit la protection royale d'Alphonse II et celle du pape Innocent III, qui lui donne en1201 les mêmes privilèges qu'à l'abbaye royale de las Huelgas (Burgos).
L'abbaye devient le premier centre spirituel féminin cistercien et essaime. Elle est occupée de façon ininterrompue jusqu'au 28 février 1809, la communauté étant alors chassée par les troupes napoléoniennes.

Vierge de Vallbona, du XIIe siècle

Elle revient en 1815 jusqu'au décret de desamortización de 1835. Lorsque la situation se normalise, les richesses de l'abbaye sont vendues pour que la communauté puisse subsister. Grâce à des dons, de nombreux travaux de réfection sont faits en1861, puis dans les années 20. L'abbaye est classée monument national en 1931. Elle subit de nombreuses destructions pendant la guerre civile. Des restaurations sont entreprises en 1986.


Le cloître et la salle capitulaire

Le cloître est trapézoïdal. Il est dominé par une grande tour octogonale, percée de fenêtres à deux lancettes surmontées de petits gâbles. La galerie nord, adossée à l'église, est gothique et beaucoup plus élevée que les autres. On y trouve quelques pierres tombales scellées dans le dallage.

Ses deux grandes baies sont composées de deux groupes d'arcatures géminées surmontés d' un gros oculus.

La galerie orientale mêle gothique et roman. Ses baies comprennent trois arcades surmontées d'un oculus. Elles retombent sur des colonnes géminées. Les deux autres galeries, à l'ouest et au sud sont romanes, avec des groupes de trois arcades. Au sud, on trouve un lavabo très simple.

Toutes les galeries sont voûtées d'ogives. Quelques chapiteaux sont ornés de motifs végétaux. D'autres sont sans décor. En conformité avec l'esprit cistercien des premières heures, il n'y a pas de chapiteaux historiés.
Le centre du cloître est occupé par un puits.

On entre dans la salle capitulaire par une grande porte gothique. La salle comporte deux travées voûtées d'ogives qui retombent sur des culots.

On trouve les pierres tombales d'abbés et d'abbesses dans la salle capitulaire.



L'église

On peut accéder à l'église par le cloître ou par une porte extérieure à l'enceinte du monastère, située sur le transept nord.

La nef comporte quatre travées, sans collatéraux. Trois travées sont voûtées d'ogives qui retombent sur des culots.

La deuxième travée en partant de l'ouest est couverte par une pyramide octogonale sur trompes dotée d'un lanternon au sommet. Cette pyramide soutient la tour octogonale visible à l'extérieur.

La croisée du transept est elle aussi couverte par une coupole octogonale sur trompes, aux fines ogives. Le tambour est percé de petites baies. Les bras du transept comporte chacun une travée unique voûtée d'ogives, éclairée par des baies à deux lancettes. Ils ouvrent sur des absidioles à fond plat, voûtées en berceau.

Le chœur à chevet plat, conformément, là encore, à l'art cistercien, est éclairé par une grande baie brisée à trois lancettes, précédée par trois meurtrières. Deux fenêtres latérales complètent le dispositif.


Référence biblio :

- GARCIA, Wilfredo Rincón, Monasterios de España, tome III, Espasa-Calpe, 1992

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