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Quelques clés
pour comprendre l'Irak actuel:
De Sumer à
Babylone
23
septembre -605: avènement de Nabuchodonosor
10 octobre
680: Kerbela
et le chi'isme musulman
14
septembre 786: Haroun
al-Rachid devient calife
10 février 1258 : les Mongols
détruisent Bagdad
11 mars 1917: les Britanniques entrent
à Bagdad
1er juin 1941: les Britanniques de
retour à Bagdad
31 juillet 1968:
le Baas
au pouvoir
22 septembre 1980: Saddam
Hussein attaque l'Iran
17 janvier 1991: opération
"Tempête du
désert"

Quelle "vengeance"
pour les victimes du 11 septembre?
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Le 23 septembre de l'an 605 avant
notre ère, Nabuchodonosor II est couronné roi de Babylone. Il
succède à son père, Nabopolassar.
Histoire d'une renaissance
Nabopolassar, à ses
débuts, n'était que le gouverneur de Babylone et devait obéissance à
l'empereur assyrien. Celui-ci n'était autre que le prestigieux Assourbanipal,
un conquérant qui avait repoussé jusqu'en Égypte les limites de son
empire.
Mais après sa mort, l'Assyrie, usée par les guerres
et détestée par ses sujets allogènes, ne tarde pas à se déliter sous
l'effet des révoltes et des luttes de palais.
C'est ainsi
que le gouverneur de Babylone s'allie à Cyaxare, le roi des Mèdes,
un peuple de l'Iran actuel, pour lui porter le coup de grâce.
Les Assyriens sont défaits à Arapkha en 615 avant JC et leur
capitale Ninive est détruite en 612 avant JC.
Nabopolassar
peut dès lors restaurer l'indépendance de l'empire chaldéen et le
prestige de Babylone.
Son fils Nabuchodonosor II ne montre
pas moins de talent. Peu avant son couronnement, il vainc les
Égyptiens à Kharkémish et les chasse du Moyen-Orient.
Un peu
plus tard, il soumet Jérusalem et le
royaume de Juda. Il réduit aussi la cité de Tyr, en Phénicie.
Le 28 mai de l'an 585 avant JC, une éclipse de soleil
interrompt un combat entre les Mèdes et les Lydiens. Nabuchodonosor,
allié des Mèdes, en profite pour annexer la Lydie.
Enfin et
surtout, le roi de Babylone se consacre à l'embellissement de sa
capitale.
Il fait aménager une
enceinte de 18 kilomètres de long, dont le principal point de
franchissement est la porte d'Ishtar. De celle-ci, une voie
processionnelle en brique émaillée conduit au temple de Mardouk, le
dieu de Babylone.
Il fait aussi rénover la ziggourat, qui a
donné naissance au récit biblique de la «tour de Babel»:
elle s'élève à 90 mètres de haut et sa base a 90 mètres de côté.
Enfin, le roi fait aménager les jardins suspendus. Une
légende prétend qu'il aurait ainsi voulu faire une faveur à son
épouse d'origine mède, qui regrettait les montagnes verdoyantes de
son enfance.
Les jardins suspendus de
Babylone
Cette représentation fantaisiste de Babylone montre
la tour de Babel et les célébrissimes jardins suspendus.
La tradition
attribue la création de ces jardins ainsi que la fondation de
Babylone à Sémiramis, reine légendaire d'Assyrie.
Depuis Antipater, un poète grec du
IIIe siècle après JC, il est habituel de ranger ces jardins
suspendus parmi les Sept Merveilles du monde antique,
avec les pyramides d'Égypte, le phare
d'Alexandrie, le temple
d'Artémis à Éphèse, la statue de Zeus, par Phidias, à
Olympie, le mausolée d'Halicarnasse et le colosse du port de
Rhodes. Seules les pyramides sont encore debout. On peut aussi
voir des vestiges du mausolée d'Halicarnasse au British
Museum de Londres.
Tutelles étrangères
L'empire néo-babylonien de
Nabopolassar et Nabuchodonosor n'a qu'une existence
éphémère.
Nabuchodonosor s'éteint en -562 et peu après, un
usurpateur, Nabonide, s'empare du trône. Son fils Balthazar lui
succède en 548 avant JC mais il est lui-même chassé par l'invasion
perse.
Ces épisodes de l'histoire babylonienne sont
transfigurés par la Bible judaïque dans le Livre de
Daniel.
En 539 avant JC, Cyrus le Grand,
Roi des Perses et des Mèdes, s'empare de toute la Mésopotamie, y
compris de la prestigieuse Babylone, réduite désormais à n'être plus
qu'une ville provinciale. Il délivre au passage les Hébreux.
Babylone reprend espoir avec l'irruption d'Alexandre le
Grand. Le conquérant macédonien entre dans la ville en 331 avant
JC et songe à en faire la capitale de son empire, unissant l'Orient
perse et l'Occident héllénique.
Il engage de grands travaux
dans la cité et restaure le magnifique temple consacré à Mardouk, le
dieu de Babylone.
Malheureusement, Alexandre ne revient à
Babylone huit ans plus tard que pour y mourir. Avec l'éclatement de
son empire, le rêve babylonien s'évanouit à jamais.
Le site,
qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, revient
peu à peu à la steppe après avoir donné vie à une cité qui rayonna
sur l'Orient civilisé pendant près de... quinze siècles!
Le
général Séleucos 1er, qui gouverne la région après la mort
d'Alexandre, transfère sa capitale dans un camp grec du nom de
Ctésiphon, aujourd'hui dans la banlieue sud de
Bagdad.
Disputée entre les Perses et les Romains, la
Mésopotamie tombe beaucoup plus tard sous la coupe des
Arabes.
Elle retrouve un rôle de première importance avec la
fondation de Bagdad (en arabe, la «cité de la paix»), sur
les bords du Tigre, et la montée en puissance de l'empire abbasside.
Celui-ci atteint son apogée sous le règne du calife Haroun
al-Rachid, en 786 de notre ère.
L'empire arabe est
détruit quatre siècles plus tard sous les coups des Mongols. La
ruine de Bagdad et de l'Irak est achevée par l'irruption de Tamerlan,
lointain descendant de Gengis Khan.
Dès lors, sa prestigieuse
capitale n'est plus que l'ombre d'elle-même et la destruction des
réseaux d'irrigation par les Mongols réduit à la misère les
populations. Le déclin du pays, que l'on appelle désormais
Irak (en anglais Iraq), d'un mot arabe qui désigne le
rivage, est inéluctable.
L'ancienne Mésopotamie est
longtemps tiraillée entre les Perses, musulmans de confession
chi'ite, et les Turcs ottomans, musulmans de confession
sunnite.
Elle tombe sous la tutelle de ces derniers
au début du XVIe siècle, suite aux campagnes militaires de Soliman
II le Magnifique, sultan d'Istamboul. Celui-ci annexe définitivement
l'Irak à son empire en 1533.
L'Irak moderne a
été créé par les Britanniques sur les ruines de l'empire ottoman, à
la fin de la Première Guerre Mondiale.
Le pays garde de son
histoire agitée une grande hétérogénéité religieuse. Plus de la
moitié des habitants sont des musulmans chiites, comme les
Iraniens voisins. Les autres sont sunnites comme les neuf
dixièmes des musulmans du monde.
Mosaïque chrétienne
Les
chrétiens qui ont résisté à l'islamisation représentent encore
2% de la population. Ils sont près de 450.000 sur un total de
25 millions d'Irakiens au début du XXIe siècle. La majorité de
ces chrétiens sont des catholiques de rite chaldéen (la
Chaldée était une région de la Mésopotamie sous l'Antiquité).
Ils parlent l'araméen, la langue ordinaire du
Christ!
Dans le nord du pays, 80.000 chrétiens
descendent de communautés nestoriennes.
Aujourd'hui, ils se rangent parmi les chrétiens orthodoxes.
Leur langue est... l'assyrien. Une autre partie des chrétiens
d'Irak (environ 75.000) relèvent du monophysisme,
comme les coptes d'Egypte ou d'Ethiopie. Leur église est dite
syrienne ou syriaque.
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