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L'Europe
dans le Moyen Age
| Les royaumes barbares
ou la formation de l'Europe |
L'Europe après Charlemagne |
Vers une culture sécularisée |
| La philosophie et les sciences |
Villes, commerce et artisanat |
La vie au sein de l'élite sociale |
| La féodalité sur le continent
européen |
Église, religion et révolte |
Hérétiques et révoltés |
Si vous devez utiliser ce texte,
veuillez mentionner sa source et son auteur : MÉMOIRE du MONDE, volume 6
"L'EUROPE EN CRISE" 1300-1500 : Les XIVe et XVe siècles de Jean
FAVIER. Membre de l'Institut, Président de la Bibliothèque nationale de
France
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Dire que
les deux derniers siècles du Moyen Age sont un temps de crises et
de mutations n'a rien d'original. Mais ce "Bas Moyen Age"
est le temps d'un extraordinaire remuement des esprits et des
sociétés, d'une maturation dont sortira un monde moderne vite
porté à croire qu'il a tout ré-inventé.
Au
premier regard les angoisses dominent. Dans l'Occident chrétien,
l'amertume est grande après l'échec définitif de l'Orient
chrétien, qui s'effondre sous les coups des Turcs et des Mongols.
Avec l'échec d'une entreprise dans laquelle s'était reconnue
l'Europe, c'est un idéal qui s'efface. On parlera encore de
préparer la croisade. Elle justifie des impôts. On ne la fait pas.
Quant on la fait, elle finit en 1396 dans le désastre de Nicopolis.

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A
partir du début du XIVe siècle, l'idéal chevaleresque
s'exprima^par le culte des "neuf héros" figurant ici sur
un manuscrit de 1394. De gauche à droite : les trois bons païens
(Hector, Jules César et Alexandre), les trois bons juifs (Josué,
David et Judas Maccabée), et les trois bons chrétiens (Le roi
Arthur, Charlemagne et le croisé Godefroi de Bouillon). Il y avait
également neuf héroïnes. |
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On a
rêvé au XIII e siècle, quand le khan prêtait l'oreille aux
missionnaires chrétiens. On déchante quand en 1368 s'effondre
l'empire mongol et que se ferme la Chine. Et l'Europe ne parvient
pas à mettre fin au schisme qui sépare le monde orthodoxe et le
monde latin.
L'économie
s'essouffle. Dès les dernières décennies du XIIIe siècle, le
renversement de la conjoncture devient perceptible. Le climat
tourne au froid et à l'humide : les mauvaises récoltes se
succèdent. On a trop défriché : les cultures reculent, friches et
marais regagnent du terrain. Les structures de production se
révèlent désormais inadéquates, avec la trop onéreuse main-d'œuvre
théoriquement gratuite des corvées, la sclérose des règlements
corporatifs faits pour garantir la qualité des produits industriels
et qui interdisent de réagir devant l'évolution des goûts et des
besoins. La crise engendre les secousses sociales, si nombreuses
dans la seconde moitié du XIVe siècle de la Flandre à l'Italie en
passant par la France.
La masse
des moyens de paiement disponibles n'a pas suivi la croissance des
échanges, et l'inflation s'aggrave de l'incapacité des gouvernants
à mesurer le marché monétaire pour limiter les secousses. Comment
régler les dettes, payer les loyers, déterminer les prix à terme
?
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La
malnutrition prépare le terrain des épidémies. La peste noire de
1348-1350, qui tue en gros en habitant sur trois dans tout
l'Occident, n'est que la plus connue de ces maladies qui ne cessent
de revenir et donnent à cette fin du Moyen Age un caractère
morbide que reflètent la littérature et l'art. L'homme vit avec la
mort. Il la personnifie. La Danse macabre remplace le Jugement
dernier. |
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