La mort de Brunehaut (manuscrit
du XVe siècle). Livrée à son pire ennemi, la vieille
Brunehaut mourut dans d'affreux supplices. Sa rivale Frédégonde
était morte paisiblement dans son lit. Grandes Chroniques. B.N.
Paris

Frédégonde fait tuer
Chilpéric (manuscrit du XVe s.). Après avoir fait assassiner
Sigebert, la redoutable reine de Neustrie n'hésita pas à éliminer
son propre époux. Grandes Chroniques. B.N.
Paris |
A l'origine de ces luttes
fratricides, se trouva la rivalité implacable de deux femmes aussi
énergiques que cruelles. En 567, Sigebert Ier, roi d'Austrasie,
épousa en grande pompe la fille du roi des Wisigoths, Brunehaut,
une princesse belle, intelligente, mais autoritaire.
Jaloux de
Sigebert, son frère Chilpéric Ier, roi de Neustrie, décida d'épouser
à son tour la sœur aînée de Brunehaut, Galswinthe, mais n'en
continua pas moins, après son mariage, de vivre sous la coupe d'une
concubine de basse extraction, Frédégonde, qui allait être son
âme damnée.
Cette dernière prépara l'assassinat de Galswinthe
et, lorsqu'on eut retrouvé celle-ci étranglée dans son lit,
Frédégonde put devenir la femme de Chilpéric.
Ce crime
souleva contre le roi de Neustrie Brunehaut et son mari Sigebert
Ier.
Ce fut le début d'une vendetta entre les deux familles, qui
tourna à la guerre civile, chacun cherchant au moyen de promesses
et de cadeaux, des complicités dans l'entourage de l'adversaire.
«J'éprouve du dégoût, avouait Grégoire de
Tours, à raconter la
série des guerres civiles qui ont ruiné les nations des
Francs...»
Alors que Sigebert Ier
était parvenu à enlever à son frère presque tous ses États, il
tomba poignardé par les couteaux empoisonnés de deux émissaires
envoyés par Frédégonde (575). son fils, le jeune Childebert
II,
tout juste âgé de cinq ans, resta sous la tutelle de sa mère
Brunehaut, exilée à Rouen, où, d'ailleurs, elle se consola fort
bien en épousant son neveu Mérovée, de dix ans plus jeune quelle. |
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Le jeune époux fut à son
tour victime de Frédégonde, ainsi que l'évêque de Rouen,
Prétextat, qui avait béni son union avec Brunehaut. Moins de dix
en plus tard, en 584, le roi Chilpéric fut également assassiné au
cours d'une partie de chasse, sans doute victime du dernier amant de
sa femme. Frédégonde resta alors seule reine en Neustrie, nommé
régente de son fils âgé de quelques mois, Clotaire
II. Elle
continua à lutter contre son ennemie jurée, qu'elle vainquit en
596 à Latofao (aujourd'hui : Laffaux).
Cependant Frédégonde
mourut en 597, laissant Brunehaut dans une position dominante dans
le monde Francs. Depuis la mort de son fils Childebert II (595), la
redoutable reine d'Austrasie avait repris le pouvoir, car elle
assurait la régence pour ses petits-fils. Elle chercha à affirmer
son autorité sur l'Austrasie, mais son despotisme la rendit odieuse
aux grands du pays qui se liguèrent contre elle et s'allièrent aux
nobles de Bourgogne. Ces derniers la livrèrent à son adversaire,
le roi de Neustrie, Clotaire II, fils de Frédégonde. La Vengeance
de Clotaire II fut impitoyable : la vieille reine de plus de
soixante-dix ans, accusée d'avoir tué plus de dix rois, fut
soumise pendant trois jours aux outrages les plus ignominieux. Puis
après avoir été promenée assise nue sur un chameau à travers
toute l'armée, elle fut attachée par les cheveux et par un pied à
la queue d'un cheval emballé qui lui brisa les os pendant sa course
(613).
Ainsi disparaissait une
des femmes les plus étonnantes du VIe siècle, qui, formée à la
culture romaine, avait tenté d'introduire chez les Francs de
nouvelles formes d'art et d'administration et avait favorisé dans
son pays les réformes religieuses prônées par le pape saint
Grégoire le Grand

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