Saint Austremoine d'Issoire

Historique

Saint Austremoine est l'évangélisateur de l'Auvergne, au début du IVe siècle. La légende lui attribue la fondation du monastère d'Issoire, dont on ignore l'origine réelle. Initialement enterré à Issoire, saint Austremoine est un temps oublié avant de voir son culte ravivé par l'évêque de Clermont Cautin. Au VIIe siècle, ses reliques sont transférées à Volvic, puis à Mozac vers 848. Des moines poitevins occupent le monastère au Xe siècle, apportant le chef de saint Austremoine. L'abbé Gislebertus entame la construction d'une basilique vers 940.

Quant à l'église actuelle, qui fait partie des cinq églises majeures d'Auvergne, elle date du XIIe siècle. Les guerres de religion lui sont particulièrement dommageables : en 1575, les protestants massacrent les moines, un pilier est mutilé (sans provoquer d'effondrement).
D'autres dégâts, ajoutés à ceux de la Révolution viennent à bout des tours de la façade et de la croisée.

En 1832, l'église est classée monument historique, à la suite de quoi la façade est restaurée, et les deux clochers reconstruits. Entre 1855 et 1860, Anatole Dauvergne est chargé de peindre l'intérieur. Le résultat est sujet à polémique, les motifs choisis n'étant pas nécessairement romans. Pour notre part, nous pensons qu'il est intéressant de voir une église peinte puisque nombre d'entre elles l'étaient au Moyen Age. Néanmoins, il faut bien reconnaître qu'il est assez difficile de s'habituer à ces couleurs quelque peu criardes.

Visite extérieure

L'austère façade occidentale est considérablement alourdie par le clocher carré néo-roman du XIXe.

La nef est animée par l'habituel décor des églises majeures d'Auvergne: un niveau de grandes arcades, et un niveau de petites arcatures aveugles correspondant aux tribunes intérieures.

Les façades des transepts au nord et au sud sont semblables dans les grandes lignes : un niveau de grandes arcatures, trois baies cintrées et un pignon à trois arctures aveugles.

Néanmoins, deux bas reliefs consacrés à Abraham distinguent la façade nord de la façade sud.
On trouve la visite de Dieu à Abraham sous la forme de trois anges (ci-contre) et le sacrifice d'Isaac.

Le chevet et le transept ont une forte unité architecturale, comme c'est souvent le cas dans les églises auvergnates.

Les chapelles rayonnantes sont ceintes de bandes de billettes et de décors polychromes. On trouve aussi les douze signes du zodiaque à cet endroit.

La chapelle axiale a un fond plat. On y trouve un décor polychrome en étoile et deux signes zodiacaux.

Visite intérieure

Plan extrait d'Auvergne Romane, ed. Zodiaque

Précédée d'un narthex, la nef comporte sept travées voûtées en berceau légèrement brisé. Celui-ci est contrebuté par les demi-berceaux des tribunes et soutenu par un arc doubleau unique qui retombe sur des colonnes engagées. Des colonnes semblables sont visibles deux travées plus loin mais elles n'ont étrangement aucune fonction architectonique. Les autres piles n'ont des colonnes engagées que du côté des collatéraux.

L'élévation est à deux niveaux. Aux grandes arcades cintrées succèdent des tribunes ouvertes par des séries de deux ou trois arcades cintrées ou trilobées. Les collatéraux sont voûtés d'arêtes et largement éclairés par de grandes baies.

La croisée est couverte d'une coupole sur trompes. Elle est soutenue par des arcs diaphragmes bercés de baies. Les bras du transept comportent deux travées : la première est voûtée en demi-berceau pour contrebuter la coupole ; la seconde, couverte par un berceau et bien illuminée, ouvre sur une absidiole.

Le mur de fond présente un décor caractéristiques des églises auvergnates : deux fenêtres cintrées séparées par un arc en mitre.

Dans l'absidiole nord, deux chapiteaux sont intéressants : un homme portant un mouton qui tire la langue (ci-contre ) et un démon enchaînant des damnés.

Le chœur comporte une travée droite et un cul-de-four percé de cinq baies. Ses arcades cintrées sont rehaussées.

Quatre chapiteaux du chœur sont historiés. Il s'agit d'un cycle de Pâques : on trouve la Cène (ci-contre), la flagellation du Christ,

le Portement de croix,

la visite des saintes femmes au tombeau (ci-contre les soldats dormant à côté du tombeau) et des apparitions du Christ ressuscité.

Les chapiteaux ont été colorés et plusieurs fois restaurés. La couleur rend l'appréciation de la qualité des sculptures plus difficile.

Le choeur est ceint d'un déambulatoire à voûte annulaire qui ouvre sur quatre chapelles rayonnantes semi-circulaires et une chapelle axiale rectangulaire. Les chapelles rayonnantes sont ornées d'arcatures aveugles.

La crypte reproduit le plan du chœur. Elle est voûtée d'arêtes.

Cette châsse en émaux de Limoges du XIIIe siècle a été acquise au XIXe siècle pour y mettre des reliques de saint Austremoine. Dérobée en 1983, elle a été retrouvée chez un antiquaire d'Honolulu.

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