Historique

village de Lagrasse

Le monastère bénédictin de Lagrasse - Sainte Marie d'Orbieu - est fondé au VIIIe siècle par Nimphridius (ou Nébridius), ami de Benoît d'Aniane et archevêque de Narbonne. Charlemagne lui octroie une charte de protection en 779. Le monastère appartient à l'abbaye St Victor de Marseille jusqu'en 1070. En 1125, il est pris en main par Bérenger, frère du comte de Barcelone et devient une abbaye autonome, qui acquiert une grande influence dans la région.

Durant la croisade contre les cathares, l'abbé de Lagrasse joue le rôle d'intermédiaire entre les deux parties et obtient la soumission de Carcassonne au roi.
L'abbé Auger de Gogeinx (1279-1309) reconstruit l'église et édifie le cloître. Il tente également de restaurer l'esprit bénédictin, effrité par le succès de l'abbaye.
Le prestige de l'abbaye commence ensuite à décroître. Elle est affectée par l'épidémie de peste noire. En 1361, l'église est fortifiée pour parer les menaces de guerre. Au début du XVIe siècle, le bras sud du transept est doté d'une énorme tour par Levis de Mirepoix.

Comme tous les monastères, Lagrasse finit par sous le régime de la commende en 1502. Un relâchement des mœurs se fait sentir jusqu'à l'arrivée de la congrégation de Saint Maur en 1662. La restauration morale s'accompagne de travaux architecturaux. Un palais abbatial, doté d'une cour et d'une avant-cour est construit par Armand Bazin de Bezons, évêque de Carcassonne et avant-dernier abbé. En 1760, ce dernier transforme également le cloître gothique de 1280.

plan de Lagrasse

En 1796, l'abbaye est vendue en deux lots (division qui subsiste) et les 14 moines restants sont chassés. Les bâtiments qui entouraient le cloître ont été détruits, à l'exception du dortoir et du logis abbatial.
Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs communautés se sont succédées dans l'une des deux parties, qui appartient aujourd'hui à un propriétaire privé. L'autre partie est actuellement louée par la commune de Lagrasse. Néanmoins, les deux parties sont visitables.


L'église

L'intérieur de l'église est sombre et austère. La nef comporte trois travées, voûtées d'ogives qui retombent sur des culots (et non sur des colonnes). Elle est éclairée par quatre baies latérales, composées de deux lancettes et d'un oculus. La rose qui orne le revers de la façade est aveugle.
Les collatéraux, voûtés en berceau, sont séparés du vaisseau principal par un mur épais.
Le transept est muré.
Le chœur, à chevet plat, ne comporte qu'une travée et est éclairé par une baie unique. Il est encadré de deux absidioles.

tour préromane

L'extérieur de l'église présente des éléments plus intéressants. La tour préromane que l'on trouve l'extrémité du croisillon nord est un témoignage de l'édifice du Xe siècle. Peu élevée, elle est coiffée par une galerie ouverte sur le dehors par des colonnades et couverte par une charpente.

Côté sud, on peut voir de beaux restes du croisillon sud (1030), qui s'ouvrait sur trois chapelles voûtées en cul-de-four. Celles-ci étaient percées d'une baie et ornées de bandes lombardes.
Le croisillon nord a été reconstruit en style gothique.

croisillon sud du transept

tour clocher

Au bout de ce croisillon, on trouve un clocher 40 mètres de haut, qui date du XVIe siècle. Après deux niveaux à base carrée, dont les angles sont marqués par de puissants contreforts, le clocher est coiffé par un étage octogonal.

Les bâtiments monastiques

Le logis abbatial ou "Palais vieux"

cour du palais vieux

Le logis abbatial, où se superposent une chapelle haute et une chapelle basse (1296) dispose d'un petit cloître à deux étages, le second étant composé d'une galerie de bois.

Ce cloître donne sur une chapelle abbatiale, elle aussi à deux niveaux. La chapelle basse est voûtée par un berceau en plein cintre. Elle comporte un chœur rectangulaire.

La chapelle est ornée d'une fresque du Jugement dernier. Malheureusement les traces de peinture ne permettent pas de retrouver le sujet. Le pavage est polychrome.

chapelle haute du palais vieux

Le cloître

cloître

Le cloître a été reconstruit dans un style classique. De amples arcades en plein cintre, en grès ocre et rose, reposent sur des piliers massifs. Le sommet des arcs est ornés de palmettes et de figures grotesques.

Le dortoir

Le dortoir des convers date du XIIIe siècle. Ses sept travées sont voûtées par une belle charpente, soutenue par des arcs doubleaux qui retombent jusqu'au sol. Il est éclairé par des fenêtres rectangulaires.

dortoir des convers

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