Représentation
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Le Jugement dernier est normalement
celui qui doit intervenir à la fin des temps, lorsque le Christ
réapparaîtra. Selon certains théologiens comme Abélard,
il y a deux jugements : un jugement individuel à la mort de tout
individu, et le Jugement dernier, à la fin des temps.
Le thème du Jugement dernier
n'apparaît guère avant le XIe siècle (le tout premier
est sculpté au début du IXe siècle, à St Jean
de Müstair en Suisse) et n'occupe la première place qu'au
XIIIe siècle. En Occident, on le trouve d'abord au revers des façades,
comme un avertissement aux fidèles. Puis il occupe les roses occidentales
(Chartres, Laon...). Il arrive ensuite sur les tympans (le prototype est
le tympan de Beaulieu en Dordogne), d'abord des portes latérales,
puis du portail occidental. Il a une fonction pédagogique.
Représentations
mêlées à celles de l'Apocalypse
Dans un premier temps, ce thème est parfois mêlé à celui de l'Apocalypse
(c'est le cas à Mâcon). On peut aussi lui rattacher les Christ
dits "de la seconde parousie". Le Jugement Dernier correspond en effet
au second avènement du Christ,
à sa victoire définitive (dans l'Apocalypse).
Certains tympans privilégient cet aspect. C'est le cas - fameux - du
tympan de Beaulieu
sur Dordogne et aussi ceux de Carrenac (Lot) et Lassouts (Aveyron). On y
voit le Christ entouré des apôtres (et du tétramorphe
à Carrenac et Lassouts).
Carrenac
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Lassouts
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Le thème du Jugement individuel
Plus tard, apparaît le thème du jugement individuel,
qui s'inspire plus du
texte de St Matthieu et qui possède des
composantes
que l'on retrouve dans de nombreux édifices.

Vitrail de la Résurrection des morts,
Sainte Chapelle, conservée
au Musée de Cluny, Paris
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Les Évangiles
SAINT
MATTHIEU (25,31)
"Lorsque le Fils de l'Homme viendra dans sa
gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur
son trône de gloire. Devant lui seront rassemblées
toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des
autres, comme le berger sépare les brebis des boucs. Il
placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront placés à sa droit
:"Venez les bénis de mon Père, prenez possession du
royaume qui a été préparé pour vous depuis la
fondation du monde : car j'ai eu faim et vous m'avez donné
à manger ; car j'ai eu soif et vous m'avez donné à
boire ; (...) Alors les Justes lui répondront :"
Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous
donné à mangé (...)? Le Roi leur répondra : En vérité
, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un
de mes frères les plus humbles, c'est à moi-même que
vous l'avez fait"
Alors il dira à ceux de sa gauche : "Eloignez-vous
de moi, maudits ! allez au feu éternel qui a été préparé
pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim et vous
ne m'avez pas donné à manger (...) Et ils s'en iront,
ces derniers, au supplice éternel et les justes à la vie
éternelle."
SAINT JEAN (5, 25-29)
"En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure
vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront
la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l'auront entendue
vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi
il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Et il lui
a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de
l'homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient où
tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix,
et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien
ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le
mal ressusciteront pour le jugement."
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Les composantes de la
représentation
La Résurrection

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portail central de Notre-Dame de Paris
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Elle
est incarnée par des hommes nus qui, au son de l'olifant,
poussent le couvercle de sarcophages antiques (dans une première
période), ou qui sortent directement de terre (fin du Moyen Age),
ce qui est plus réaliste.
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Sainte Foy de Conques
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Le
luxe du sarcophage n'était en effet permis qu'à une petite
partie de la population. La présence constante de la résurrection
témoigne de l'importance attachée à la résurrection
corporelle.
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Le
Christ en majesté
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Il
domine la scène par sa taille. Souvent, il montre ses plaies soit
qu'il soit torse nu, comme à Bourges, soit que sa tunique
comporte en trou. Néanmoins, la plaie au côté est parfois
absente : c'est le cas à Autun.
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Les
instruments du supplice
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Ils
sont généralement présentés par des anges qui encadrent le
Christ. Parfois le Christ tient lui-même la croix.
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L'intercession
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La
place donnée à l'intercession est variable. Parfois on trouve la
Vierge seule, mais elle est souvent accompagnée de St Pierre.
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D'autres
saints ou apôtres peuvent intervenir.
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La
séparation entre les bons et les mauvais
On
ne trouve pas toujours cet épisode. Il est parfois relégué dans
les voussures ou les piédroits (à St Denis, par exemple, l'enfer
et le paradis sont représentés dans la première voussure,
laissant plus de place au Christ en majesté. Néanmoins, les plus
beaux jugements derniers lui font une large place. Dans ce cas, piédroits
et voussures sont occupés par les apôtres et les Vierges Folles
et Sages.
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Indispensable
à la représentation des bons et des mauvais,
St Michel y figure, tenant une balance.
Sainte Foy de
Conques
Tympan
de la chapelle haute de la Sainte Chapelle
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A ses côtés, le diable triche bien souvent en faisant pencher la
balance de son côté. Le tympan de St Lazare d'Autun, par
exemple, donne une importance particulière à la pesée des âmes
au détriment de l'enfer
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Sa
représentation est liée à celle de la séparation des bons et
des mauvais. Il peut prendre l'aspect d'une cité, la Jérusalem céleste,
ou n'être exprimé que par des mandorles.
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L'enfer
Pendant
du paradis, il associe souvent une gueule infernale et une
marmite bouillonnante.
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Bourges
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Reims
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L'Au-delà au
Moyen Age
Le
christianisme est avant tout une religion du salut. Cela
signifie que la vie est un combat contre le diable et
contre soi. Dans cette lutte permanente, l'homme possède
des alliés (la Vierge, les saints, les anges, l'Église)
et des ennemis (Satan, hérésies, vices liés au péché
originel). Le thème, déjà présent dans le monde païen,
de la psychomachie, est de ce fait réactivé. La lutter
pour le salut crée une solidarité entre morts et
vivants, qui intercèdent les uns pour les autres.
Des allusions à l'au-delà sont présentes
chez Matthieu et Jean ( voir ci-dessus). Le christianisme
se dote d'abord d'une représentation dualiste de l'au-delà,
en s'inventant un paradis céleste (différent du paradis
terrestre de l'Eden) et un enfer qui n'est plus celui des
païens (le Christ descend d'ailleurs aux enfers, comme
les héros antiques, et triomphe de la mort). La paradis
est localisé dans le ciel (le ciel métaphysique diffère
du ciel cosmologique), l'enfer sous terre. L'enfer et le
paradis sont instrumentalisés par l'Église, comme moyen
de limiter la puissance des riches et d'apaiser les
pauvres.
Un problème se pose ensuite aux théologiens
: où demeurent les âmes en l'attente du Jugement
dernier? On avance dans un premier temps la représentation
de l'attente dans le sein d'Abraham,
dans la chaleur du patriarche, mais privé de la vision béatifique.
Dans un deuxième temps, la vision bipolaire de l'au-delà
est abandonnée avec l'invention du purgatoire. La durée
du séjour dépend du nombre de péchés, des prières des
vivants pour les morts et des indulgences. Il est
impossible de rétrograder vers l'enfer. Le purgatoire
marque un triomphe du jugement individuel. Il permet également
à l'Église d'accroître son pouvoir.
Enfin, on ajoute deux autres lieux à l'Enfer
au XIIIe siècle : les limbes des patriarches (pour les
Justes qui n'ont pu être baptisés car ils ont vécu
avant l'Incarnation) et les limbes des enfants morts avant
le baptême.
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Le diable au
Moyen-Age
L'origine
du diable
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Selon
l'expression de J. Le Goff, le diable, au Moyen Age, est
celui qui "mène le bal".La figure du diable est
quasiment absente de l'ancien testament (mis à part le
serpent tentateur de la Genèse).
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Satan
fait son apparition dans le nouveau testament, notamment
comme tentateur du Christ. Il assume ensuite la même
fonction auprès des premiers anachorètes (Vie de
Saint Antoine par saint Athanase) puis des saints (il
leur sert de faire-valoir).
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La
place tenue par le diable va en s'accroissant au Moyen
Age, surtout à partir de l'an 1000. Néanmoins, quelle
que soit la place qu'il attribue au Malin, le
christianisme n'accepte jamais le dualisme manichéen ou
cathare : le diable n'est qu'un ange déchu, parce qu'il a
orgueilleusement voulu égaler Dieu. Exclu, lui et ses démons,
sans espoir de rédemption, il reste de même nature que
les anges, c'est-à-dire qu'il est un corps immatériel asexué,
même s'il s'incarner pour accomplir ses funestes
desseins. Il demeure soumis à Dieu et n'agit que dans la
mesure où celui-ci le permet (pour éprouver les justes).
L'homme
est assujetti au diable à cause du péché originel. Néanmoins,
par sa venue, le Christ a permis le rachat de l'humanité
et seuls les pécheurs restent dominés par le Satan.
Celui-ci est responsable de toutes les catastrophes, de
toutes les corruptions. Après la mort, il vient s'emparer
de l'âme des malheureux pécheurs, qu'il dispute parfois
aux anges, non sans tricher.
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Représentation
du diable
Les
noms donnés au Diable sont nombreux : Lucifer (ange
porteur de lumière, avant sa chute), Satan
(l'accusateur), Belzébuth, Belfégor, Béhémoth, Léviathan...
Tous ces termes peuvent désigner le Diable lui-même où
ses intermédiaires.
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Le
diable à souvent l'apparence d'un homme monstrueux, doté
d'une gueule immonde, de cornes, d'une queue fourchue. On
trouve souvent un diable en majesté, ce qui correspond à
sa fonction de commandement des forces maléfiques.
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Les
ailes du diables
Dans
l'art roman, le diable possède des ailes d'ange ou est dépourvu
d'ailes. Dans le premier cas, la représentation est trop
flatteuse, dans le second, elle n'est pas conforme à la
conception théologique du diable, qui est un esprit aérien.
L'art gothique du XIIIe siècle résout le problème en le
représentant avec des ailes de chauve-souris. Ce type
d'ailes est également utilisé pour les dragons, les
basilics, les griffons. Elles sont d'inspiration chinoise.
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