 HistoriqueCette page a été réalisée avec l'active et aimable collaboration de Laurent Barrenechea, qui a mis à notre disposition le texte et quelques photos. 
| Les origines de la cathédrale de Lodève, primitivement dédiée à Saint Géniès, remontent aux Ve et VIe siècles. Saint Fulcran, célèbre évêque du Xe s., construit la cathédrale romane (consacrée en 975) ; il ne conserve qu'une partie de l'église précédente qui, renforcée, devient la crypte du nouvel édifice. Elle existe toujours sous le chœur gothique. L'édifice actuel remplace l'église de Saint Fulcran, dont il reste quelques assises, côté sud, et de nombreux chapiteaux, dans le cloître. Les travaux ont débuté au milieu du XIIIe s., par la construction du massif clocher, accolé à l'église de 975. On passe ensuite, entre 1290 et 1318, à l'édification du magnifique chœur à vaisseau unique. |
La nef, quant à elle, est élevée avec des
bas-côtés, pour prolonger la chapelle nord du chœur, construite à la suite de l'union de la paroisse Saint André avec la cathédrale. Au XVe s., des chapelles sont édifiées entre les contreforts ; le cloître est débuté à la même époque. Le vocable de Saint Fulcran supplante officiellement celui de Saint Géniès, la ferveur populaire attribuant de nombreux miracles au défunt évêque. crypte de la cathédrale | |
Les Protestants prennent en juillet 1573 la cathédrale, dont ils détruisent la nef, certainement pour isoler le clocher, véritable donjon stratégique. Le corps de Saint Fulcran, jusqu'alors préservé, est découpé sur l'étal d'un boucher. Après la récupération de la ville par les Catholiques, on dresse une simple palissade entre le chœur préservé et la nef ruinée. Il faut attendre l'épiscopat de Plantavit de La Pause pour qu'ait lieu une reconstruction à l'identique de la nef (1634-1643). Le cloître sera reconstruit par les chanoines à la fin du XVIIe siècle.
| |
Au XVIIIe, la tribune et le grand orgue sont construits, le chœur somptueusement aménagé par Mgr de Fumel. A la Révolution, le diocèse de Lodève est supprimé; la cathédrale est transformée en magasin à fourrages, son mobilier dévasté à l'exception du grand-orgue ; elle échappe de peu à la démolition. D'importants travaux de restauration et d'embellissement sont effectués au XIXe ; les contreforts du chœur sont consolidés, la chapelle des
reliques est construite. L'archiprêtre Beaupillier s'attache à embellir l'intérieur de la cathédrale: il est à l'origine de la réouverture des baies du chœur (occultées depuis le XVIe s.) et de la mise en place des superbes vitraux de Mauvemay (1856). La grande chaire néogothique, trois fois primée à l'Exposition Universelle de Paris est installée en 1867. 
| Au XXème siècle, d'importants travaux sont réalisés: les abords de la cathédrale, enclavée dans des bâtiments parasites, sont dégagés; la porte des Évêques, qui était murée, est rouverte. L'intérieur de l'église est débarrassé de ces enduits, ce qui révèle la superbe polychromie des matériaux employés pour la construction de la voûte du vaisseau principal (ogives de grès et
voûtains de tuf). Actuellement, une restauration générale, étalée sur cinq ans, est à l'étude. Elle devrait s'achever par l'aménagement d'une salle de Trésor dans l'ancienne salle capitulaire. |
| Visite extérieure La particularité de l'édifice est son impressionnante ceinture de contreforts, véritables murs-boutants, qui entourent toute l'église. Malgré leur sobriété, on note une certaine finesse dans le jeu savant des retraits, notamment au niveau de la puissante abside. | | 
| Le clocher est une tour de base presque carrée qui date du XIIIe siècle. Il est ouvert aux 2ème et 3ème étages par des baies jumelées surmontées d'oculus ou de statues (pour le 2ème étage). Relié à la façade occidentale par un pont encorbellé, il participait à la fortification de la cathédrale. Son premier étage servait de prison épiscopale. | | 
| La façade ouest est fortifiée, car elle était incluse dans le rempart de la ville : deux tours portent des échauguettes encorbellées, reliées par une galerie à mâchicoulis, qui communique avec le chemin de ronde de la nef. | Au centre s'ouvre une splendide rosace en ailes de moulin, de 7 m de diamètre. A la base, est percée la porte des
Évêques (XVe siècle). Cette façade s'inscrit dans le style régional illustré par la cathédrale de Béziers et l'église de Clermont-I'Hérault. | | 
| L'entrée principale (sur le flanc nord de l'édifice) est encastrée sous un porche, dont les retombées se font sur des culots sculptés. Le superbe portail à trumeau, voussures et colonnettes a été restauré au XVIIe s. Le tympan, quant à lui, date de 1898. De bien piètre qualité artistique, il représente le Christ, foulant le Dragon, entouré des saints Fulcran, Amans, Flour et Georges. La saillie du flanc nord est la chapelle Saint Fulcran (fin du XVème s.). | | Le cloître, bâti au sud du chœur, ne compte plus que trois galeries. Seule l'aile ouest a conservé ses voûtes d'origine. | | 
| Le cloître, dont l'accès côté rue est protégé par une bretèche, abrite un petit musée lapidaire. Il permet d'accéder à l'ancienne salle capitulaire, qui a conservé ses chapiteaux médiévaux. | | | Visite intérieure 
| Le chœur, partie la plus remarquable de l'édifice, comprend une splendide abside à neuf pans, éclairée par des baies de 12 m, et un vaisseau unique de deux travées irrégulières. | | | Il est flanqué par deux chapelles, avec lesquelles il ne communique pas : Saint André au nord (à gauche) et Saint Joseph au sud (il s'agit d'un des côtés du cloître annexé à l'église au XIXe s.), ci-contre à droite. | | 
| La nef comprend trois travées régulières, qui s'ouvrent sur les collatéraux au moyen de grandes arcades. L'absence de triforium est caractéristique du gothique languedocien. Des chapelles sont établies entre les contreforts. | | 
| La chapelle Saint Michel, à la base du clocher, sert de nécropole aux évêques lodévois. Elle communique avec le bas-côté par une superbe arcade à 6 rouleaux qui constitue la plus belle décoration sculptée de l'intérieur, avec les clefs de voûte du vaisseau central. | | La chapelle Saint Fulcran, qui renferme des reliques importantes, fait saillie sur la façade nord, depuis son extension par l'évêque Jean de Corguilleray (1480). Cette travée est ornée d'une voûte à liernes et tiercerons. Descriptif du mobilier 
| - Buffet d'orgue polychrome de Jean-François L'Epine et tribune en pierre (1752). La partie instrumentale de l'orgue a été reconstruit par Puget en 1881/1882. Il comprend 3 claviers et 35 jeux. Le buffet, de style Louis XV, est un chef d'œuvre d'équilibre et d'ornementation. Il se compose au positif de trois tourelles en mitre; sur celle du centre deux anges jouent de la trompette et de la flûte traversière. Le grand corps comprend six tourelles séparées par cinq plates-faces. La forme d'ensemble évoque un V. Deux remarquables atlantes supportent les tourelles latérales, dominées par des statues de David et de Saint Cécile. Les tourelles médianes, qui portent de grands pots de fleurs, reposent sur des culots ornés de deux têtes d'anges. | La partie centrale, remaniée au XIXème s., est décorée de deux statues d'évêques et d'une croix. Ce buffet, remarquablement restauré en 1975, est un des plus beaux du Midi, avec ceux d'Albi, de Narbonne et de Montpellier. - Maître-autel en marbre polychrome, boiseries et balustrades du XVIIIème siècle. - Gisant en marbre de Plantavit de la Pause, par A. et V. Lignani (1642/1645). - Huit grandes toiles des XVII et XVIlIème s. - Chaire néogothique en bois sculpté (1867). - Vitraux de Mauvernay : abside et rosace, 1854. C'est un remarquable ensemble de vitraux, très colorés, au dessin très impressionnant. Les lignes de la composition s'intègrent harmonieusement aux réseaux des baies. |
|
|