Saint Just et Saint Pasteur de Narbonne

Historique

plan de la cité épiscopale

La première église fondée à Narbonne date du IIIe siècle. Sa situation dans l'Empire romain en fait une métropole religieuse dès le Ve siècle. Narbonne devient un archevêché au début du IXe siècle. La cathédrale est initialement dédiée à la Vierge. Vers 782 apparaissent deux martyrs espagnols Just et Pasteur, qui deviennent les saints patrons de la cathédrale.
Une église préromane est édifiée entre la fin du IXe et le XIe siècle. Il en reste une tour près du cloître. Elle reste en activité jusqu'à la construction du chœur gothique actuel. Celui commence à être bâti en 1272. Sa première pierre est envoyée de Rome par le pape Clément IV, ancien archevêque de Narbonne. Il est achevé en 1332. On construit alors deux tours sur les chapelles du chœur La cathédrale est intégrée dans une vaste cité épiscopale, en grande partie conservée.

Plan fourni par la ville de Narbonne

Les travaux se poursuivent normalement jusqu'en 1340 mais il devint nécessaire pour les achever d'abattre une partie des remparts, ce qui fut refusé par les édiles de la ville. Ajouté au manque de moyens, cette décision provoque un tel ralentissement que la construction est finalement abandonnée en 1587, date de la consécration. Pendant cette période, on procède tout de même à la construction d'un cloître sur l'emplacement de la cathédrale préromane. Le transept est à peine ébauché et un mur le sépare du chœur
En 1708, l'archevêque entreprend de nouveaux travaux. Mais l'édification de la nef de neuf travées reste en suspens : les restes de cette construction forment la cour Saint Eutrope. En 1803, la cathédrale devient une simple église paroissiale. Seule Carcassonne conserve le statut d'évêché dans l'Aude. Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, d'autres projets d'achèvement voient le jour sans jamais être mis en œuvre Seul Viollet-le-Duc poursuit pendant deux ans un plan ambitieux. Ce dernier est également abandonné, faute de moyens. La priorité est en effet donnée à la restauration du chœur gothique.

plan de l'église

Visite extérieure

La cathédrale de Narbonne se résume essentiellement à son cloître et à son chevet gothique. Extrêmement élevé, celui-ci est soutenu par des arcs-boutants à double volée et à double niveau. Les tours massives qui surmontent les chapelles occidentales confèrent à l'édifice un aspect de forteresse. De base carrée, ces tours ne sont percées de baies qu'à leur sommet. Une tourelle d'escalier leur est greffée.

cathédrale vue du donjon Gilles Aycelin

chevet

On trouve entre certaines piles des crénelures qui contribuent à renforcer le caractère de forteresse et à donner une identité à ce chevet.

Les galeries du cloître sont formées de larges baies brisées séparées par de grosses piles dotées de gargouilles. Excepté la balustrade qui longe la cathédrale, il n'y a aucun élément décoratif remarquable.

cloître de la cathédrale

Visite intérieure

élévation du choeur

Le chœur frappe par l'élévation de ses voûtes. Culminant à 40 mètres de haut, elles constituent une exception dans le Midi de la France. Seules les cathédrales de Metz, d'Amiens et de Beauvais en possèdent de plus élevées. L'influence des cathédrales du nord (gothique rayonnant) est perceptible également dans l'élévation, même si l'absence de décor sculpté abondant traduit la persistance du dépouillement méridional.

Le chœur comporte quatre travées droites dont l'élévation est à trois niveaux. Le triforium, à mur de fond aveugle et à arcs tréflés, est écrasé entre les grandes arcades et les verrières à quatre lancettes.
Le rond-point est à cinq pans. L'ensemble est ceint d'un déambulatoire qui s'ouvre sur des chapelles latérales et rayonnantes.

C'est dans la chapelle axiale (chapelle de Bethléem) qu'un splendide retable datant de 1380 a été mis au jour. Au milieu du XVIIIe siècle, il avait été dissimulé par un retable plus classique. C'est sur cette dernière pièce que Viollet-le-Duc a effectué une restauration en 1847. Son travail l'a amené à découvrir une gueule de Léviathan (ci-contre), visiblement ancienne, qu'il a choisi de ne pas recouvrir. En 1981, on trouve enfin l'occasion de rechercher de quel trésor cette gueule était l'indice.

retable, Léviathan

retable,  purgatoire

Les restaurations ont fait apparaître une oeuvre en pierre sculptée polychrome. Celle-ci avait été rasée pour l'implantation du retable du XVIIIe siècle. On a donc dû reconstruire, de 1993 à 2000, un puzzle très complexe. La gueule du monstre figure l'enfer. On y trouve des damnés en train de rôtir à la marmite ou à la broche, de part et d'autre d'un diable trônant. De part et d'autre du Léviathan on trouve le purgatoire (ci-contre) et l'enfer. Au-dessus de ces thèmes qui constituent la base du retable, on trouve des scènes de l'enfance du Christ, encadrées par Saint Pasteur et Saint Just.

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