Saint Georges de Riom-ès-Montagnes (Cantal)


Historique

Saint Georges de Riom-ès-Montagnes était à l'origine le prieuré de l'abbaye de femmes de La Vassin (Saint-Donat). Le chœur est la partie la plus ancienne de l'église et date du XIe siècle. La nef, romane elle aussi, est légèrement postérieure et pourrait avoir fait l'objet de plusieurs campagnes de construction. Le portail du porche est du XIIIe ou XIVe siècle, tandis que le clocher date du XVe siècle. Pendant les guerres de religion, l'église a servi de caserne (on voit encore des restes de mâchicoulis). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la façade et la charpente - entre autres - ont été refaites, si bien que seul le chevet a conservé son aspect original. L'église a été classée monument historique en 1924.

Visite extérieure

Abrité sous le porche voûté en berceau, ce portail date du XIIIe siècle. Son archivolte retombe sur un protomé.

Dominé par un haut pignon, le chevet est la seule partie extérieure romane bien conservée. Le chœur est flanqué de deux absidioles.

Percé de petites baies cintrées, il est rythmé verticalement par des colonnes engagées et ceinturé par un cordon de billettes. Sous la corniche se glisse un motif de damier.

Parmi les chapiteaux, on distingue une représentation du péché de luxure.

Visite intérieure

La nef comporte trois travées voûtées en berceau brisé, soutenu par d'épais doubleaux. Les grandes arcades brisées ouvrent sur des collatéraux voûtés en demi-berceau, qui fournissent le seul éclairage de la nef, avec la petite baie du revers de la façade.

Les arcs doubleaux de la nef retombent sur des piles rectangulaires qui présentent à leur sommet divers motifs décoratifs (ci-contre des billettes).

Au niveau de la croisée, les piles rectangulaires sont agrémentées de colonnes engagées, dotées de beaux chapiteaux sculptés. les croisillons ouvrent sur de petites absidioles voûtées en cul-de-four.

Les chapiteaux présentent des scènes au sens mystérieux. Ici, trois personnages exécutent une sorte de danse.

A côté, on trouve le thème plus familier en Auvergne du singe cordé, qui peut représenter, au sens propre, un montreur de singe et au sens figuré, l'homme domptant la bête qui est en lui.

La croisée est voûtée d'une coupole sur trompes.

Le chœur comporte une travée droite et un cul-de-four. Des arcatures aveugles animent l'abside. Elles retombent sur de fines colonnettes aux corbeilles sculptées. Trois baies cintrées l'éclairent.

Là encore, on trouve d'intéressants chapiteaux historiés. Ci-contre des personnages tiennent l'un une gerbe de blé, l'autre une grappe de raisin. Il pourrait s'agir d'une représentation de l'eucharistie, bien que d'autres détails (serpent) viennent compliquer l'interprétation de cette scène.

Ici, on trouve une scène de jugement. On présente à un juge un prisonnier. Un serpent tente de souffler au juge une mauvaise sentence.

Le prisonnier, condamné, s'apprête à être décapité. l'épée présente sur le chapiteau symbolise à la fois la justice seigneuriale et l'instrument du bourreau.

Ci-contre, un groupe de guerriers, comprenant des fantassins à bouclier rond et des cavaliers à bouclier ovale, s'affrontent. Ils rappellent ceux de la tapisserie de Bayeux.

retours : Églises et chapelles

Cathédrales

Abbayes monastères et prieurés

Tous les édifices