Sainte Radegonde de Talmont

Historique

Ste Radegonde

L'église Ste Radegonde de Talmont bénéficie d'un site exceptionnel, puisqu'elle est perchée sur un promontoire rocheux en bord de mer.
Talmont resta dépourvu d'église jusqu'au XIIe siècle. On ne trouvait qu'une chapelle, déjà dédiée à Ste Radegonde, possédée par Guillaume Laier. En 1094, ce dernier fait don de la chapelle et d'un terrain attenant aux bénédictins de St Jean d'Angély, communauté réputée pour une importante relique : la tête de St Jean-Baptiste.

 Dans la première moitié du XIIe siècle, les moines entreprennent la construction d'une église. De façon peu habituelle, ils commencent par la nef, qui constitue donc la partie la plus ancienne. Le transept et le chœur datent de la seconde moitié du XIIe siècle.
La mer, qui met en valeur Ste Radegonde, a cependant valu à l'église de perdre deux travées de sa nef et son portail occidental, la roche qui les soutenaient ayant été érodée par l'eau. Depuis, la falaise a été consolidée pour préserver l'église.

Ste Radegonde


Visite extérieure

La façade occidentale, reconstruite après l'écroulement de la nef, présente aujourd'hui peu d'intérêt. La façade sud du transept n'est qu'un mur plein percé d'un oculus.

façade du transept nord

La seule façade intéressante est donc la façade nord, où se trouve l'entrée principale. L'élévation de la façade est à trois niveaux. Le premier est composé du portail et des deux baies aveugles qui le flanquent (on retrouve ce type de portail, caractéristique du style saintongeais, à l'abbaye Sainte Marie des Dames de Saintes). Le second niveau est orné d'une galerie d'arcades en plein cintre aveugles. Un pignon en légère saillie, soutenu par des modillons, couronne le tout. Il est percé d'un oculus qui offre au croisillon nord son unique source de lumière.
 Le portail ne comporte pas de tympan : le programme iconographique est donc contenu dans les voussures. Au centre, on trouve deux thèmes : celui de la victoire sur le mal et celui de l'Apocalypse.

Le premier thème est illustré de deux façons différentes. En haut, des hommes unis par une cordée parviennent à maîtriser un lion. Au milieu, des hommes forment une échelle et écrasent un monstre (presque illisible). Le second thème est représenté dans la première voussure : on y voit l'agneau entouré d'anges.

portail

On peut également noter, à gauche du portail, un chapiteau (3e) consacré au martyr de St Jean Baptiste : on reconnaît là un thème cher aux bénédictins de St Jean d'Angély (voir Historique).
Dans la baie de gauche, on voit l'affrontement de deux dragons (voussure), tandis que dans le tympan le Christ observe la lutte entre une femme allongée et un autre monstre. Plusieurs interprétations sont possibles : il peut s'agir de Ste Radegonde, luttant contre son mari pour affirmer sa foi. On peut également penser à la Femme poursuivie par le dragon de l'Apocalypse.
Dans la baie de droite, la voussure est ornée de motifs végétaux (vigne). Au tympan, on trouve une femme allongée, tendant les bras dans un geste d'offrande : cela figure une ordination.

chevet

 Le chevet est composé de l'abside et de deux petites absidioles, toutes hémicirculaires. L'abside est à trois niveaux, divisés verticalement par des contreforts ronds dont les ressauts sont ornés de figures géométriques. Au-dessus d'un registre de mur plein, on voit des baies alternativement ouvertes et aveugles. Les fenêtres sont flanquées de colonnettes. Au dernier niveau, on trouve des séries de trois ou quatre petites arcades aveugles.

Les absidioles ne sont percées que d'une seule baie très étroite. Celle-ci est sans ornement au sud alors qu'au nord, elle est flanquée de petites colonnettes et surmontée par un arc de décharge à motifs géométriques.
Outre ses baies, la décoration des absidioles est faite de contreforts ronds et de superbes modillons historiés (dont certains sont dus à l'imagination des restaurateurs).

modillons

 La croisée du transept est marqué par une tour carrée très peu élevée et sans ornement.

Visite intérieure

 Ayant perdu deux travées de nef, l'église peut presque s'inscrire dans un carré de 25 mètres de long et 21 mètres de larges (au niveau du transept). Les voûtes sont hautes de 13,5 mètres.
 L'unique travée de la nef est dépourvue de collatéraux. Elle est couverte par une voûte en berceau brisé, reposant sur des doubleaux. Deux étroites baies en plein cintre fournissent le seul éclairage.
Les croisillons du transept ne comportent qu'une travée, éclairé par une simple oculus.

 La croisée est couverte par une coupole sur pendentif. A ce niveau, on peut observer les étapes de construction dans les chapiteaux. En effet, les chapiteaux, côté nef, sont assez sobres.
En revanche, les chapiteaux orientaux, plus tardifs, sont historiés (bestiaire fantastique). On y voit notamment (nord-est) la légende de St Georges.

Les deux absidioles du chevet sont voûtées en cul-de-four et éclairées par une (au sud) ou deux (au nord) étroites baies en plein cintre.
L'abside est composée d'une travée droite, couverte en berceau brisé, terminée par un rond-point à cinq pans, voûté en cul-de-four. Le rond-point est ornée d'un réseau d'arcades à motifs géométriques, l'arcade centrale étant légèrement surélevée. Un pan sur deux est éclairé par une baie simple.

choeur

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