Historique

L'ordre des Frères prêcheurs (futurs dominicains) est créé en 1216 à Toulouse par Saint Dominique, dans le contexte de la lutte contre l'hérésie cathare. La maison mère est le couvent des Frères prêcheurs, installé dans le site actuel depuis 1230.
La construction de l'église est aussitôt entamée. Elle dure un peu plus d'un siècle. Le projet, initialement roman, s'achève dans le style gothique méridional. De 1230 à 1234, est édifié un bâtiment rectangulaire, relativement modeste, couvert d'une charpente. Le choix d'un double vaisseau est déjà fixé : la nef de gauche est consacrée aux religieux, la nef de droite aux fidèles. De 1245 à 1252, on allonge l'église vers l'est pour la doter d'un chœur polygonal. de 1275 à 1298, le chœur reçoit sa voûte actuelle, avec le fameux palmier (élevé en 1292). On édifie également la tour du clocher en 1298. Enfin, de 1325 à 1335, on remanie les nefs pour les rendre parfaitement symétriques et assurer la cohérence architecturale avec le chœur
En 1385, Urbain V confie le corps de Saint Thomas d'Aquin au couvent, qui change alors de titulature en l'honneur du grand théologien dominicain.

Détail du retable de la Trinité de Bartolo di Fredi (Musée d'art et d'histoire de Chambéry)

Sous la révolution, la flèche qui dominait le clocher est abattue (1794). Le couvent est transformé en arsenal. Il subit de fortes dégradations. Il est renommé couvent des Jacobins, en référence au couvent des jacobins de la rue Saint Jacques, à Paris. L'action de Mérimée et Viollet-le-Duc permet de rouvrir le couvent au culte en 1873. Entre 1965 et 1970, on reconstruit, avec des éléments disparates retrouvés dans la région,, les galeries sud et est du cloître qui avaient été rasées au XIXe siècle.

Visite extérieure

façade

L'ensemble de l'église est construit en briques rouges. La façade est austère. Le portail en plein cintre, situé à la base de la partie sud, est un vestige de la première église romane (1234). Les puissants contreforts qui divisent verticalement la façade font apparaître la séparation en deux nefs. Les contreforts sont surmontés de tourelles octogonales reliées entre elles par une courtine. Entre les contreforts s'inscrivent de grands arcs brisés qui abritent de petites roses et des fenêtres à trois lancettes.

On retrouve ces grands arcs brisés inscrits entre les contreforts au niveau de la nef. Dans chacun d'entre eux est incluse une longue et étroite fenêtre à trois lancettes. L'ornementation est minimale.

Le clocher s'inspire très fortement de celui de Saint Sernin. De base octogonale, il déploie sur 45 mètres de haut ses six niveaux. Les deux premiers, qui constituent l'assise de la tour, sont aveugles. Les quatre suivants, percés de baies géminées sur chaque face, sont en retrait successif.

nef et clocher

cloître

Le cloître forme un carré régulier de 18 arcades de côté. Les galeries sont couvertes de tuiles rouges. Les colonnes géminées de marbre gris (en provenance de Saint Béat) sont reliées par des arcs de briques. Les chapiteaux sont ornés de motifs végétaux assez semblables les uns aux autres, ce qui laisse à penser à une production de masse.

Dans la galerie est, on trouve la salle capitulaire (1299-1301). Son portail est assez semblable au portail sud de l'église. Six arcs de briques sont entourés d'une archivolte de pierre. Les chapiteaux sont également en pierre, coupant d'une ligne blanche cet ensemble rouge. Le portail est entouré de grandes baies cintrées.

entrée de la salle capitualaire

salle capiltulaire

La salle capitulaire est divisée en deux vaisseaux par de fines colonnes qui donne à cette salle une grande élégance, malgré ses voûtes très abîmées. En face du portail, on trouve un rond-point éclairé par des baies à deux lancettes.

Le réfectoire se situe dans l'axe de la galerie est. C'est désormais une salle

Visite intérieure

L'unité de volume de l'église est caractéristique du gothique méridional. La nef (20 x 75 mètres), dont les voûtes culminent à 28 mètres, est composée de deux vaisseaux symétriques. Une enfilade de six colonnes très élancées (1,4 mètre de diamètre pour 22 mètres de haut) marque la division en six travées. Chaque colonne reçoit huit ogives. Les voûtes sont quadripartites.

nef

plan

Les pierres utilisées pour les vaisseaux sont polychromes, excepté celles des colonnes. On note une alternance de vert et de rose, y compris dans les nervures de la voûte. La nef est bordée de chapelles latérales, au-dessus desquelles se dressent de grandes baies à trois lancettes. On trouve un autel au niveau de la cinquième travée au nord.

Une septième colonne s'inscrit dans l'enfilade des six colonnes de la nef. Légèrement plus large que les précédentes, elle soutient un réseau extraordinaire de 22 ogives (11 liernes et 11 doubleaux) qui lui vaut son appellation de palmier. Cette complexité préfigure audacieusement le gothique de la fin du XVe siècle.

Le chœur, à sept pans, est illuminé par de grandes baies semblables à celle de la nef. Il a aujourd'hui perdu sa fonction liturgique.

palmier


retours : Églises et chapelles

Cathédrales

Abbayes monastères et prieurés

Tous les édifices