Saint Sernin

Historique

chevet de St Sernin

La basilique St Sernin de Toulouse est une grande étape vers Compostelle. Elle est dédiée à St Saturnin (ou Sernin), évêque de Toulouse au IIIè siècle. Celui-ci mourut traîné par un taureau dans la rue du Taur et sur la place du Capitole. Cette scène est très bien illustrée sur un sarcophage du Maître de Cabestany situé à l'abbaye de Saint Hilaire.

Une première basilique est construite au Vè siècle. Devant sa vétusté et l'afflux des pèlerins, on décide d'en construire une nouvelle au XIe siècle. Les travaux débutent en 1078 sous l'égide de l'architecte Raymond Gayrard.

Le pape Urbain II consacre le chœur en 1096. L'ensemble est quasiment terminé en 1118. La chronologie de la construction peut être retracée à partir de l'utilisation de la pierre et de la brique. La pierre l'emporte sur la brique jusqu'aux tribunes. Ensuite, la brique grignote du terrain pour l'emporter complètement dans les parties hautes de la nef. La pierre domine donc dans les parties les plus anciennes, à savoir le chevet et les portails du transept. Les parties hautes du chœur et les tribunes du transept sont un peu plus récentes (fin XIe siècle). La nef et les collatéraux sont du début du XIIe siècle. Enfin, les parties où domine la brique sont plus tardives : il s'agit essentiellement des voûtes de la nef (début XIVe siècle).

Le cloître a été mis en vente en 1798 puis rasé entre 1803 et 1808. Son emplacement est celui de l'actuelle place St Sernin. On trouve quelques chapiteaux issus de ce cloître au musée des Augustins. Après de très mauvaises restaurations au début du XIXè siècle, Prosper Mérimée confie le chantier à Viollet le Duc en 1845. Les travaux sont réalisés sous le second Empire. De nouvelles restaurations ont été effectuées en 1975-76.

Visite extérieure

Façade occidentale

La façade occidentale est un lourd massif de briques sans ornement qui est loin d'avoir l'élégance du chevet. Le portail est agrémenté de chapiteaux à motifs végétaux.

facade occidentale

La nef

nef et tour

La nef est percée d'un double niveau de baies cintrées entre lesquelles s'intercalent des contreforts. Sous la toiture on trouve de petits orifices carrés (ceux-ci, invisibles à l'intérieur, donnent sur un espace compris entre la voûte et la charpente).

Le clocher

A la croisée s'élève un clocher octogonal de 65 mètres de haut composé de cinq niveaux : un premier étage d'arcatures aveugles, surmontés de deux niveaux percés de baies. Les deux derniers niveaux sont des surélévations gothiques.
Ce clocher a servi de modèle pour de nombreuses églises de la région (Caussade, par exemple).

clocher

Porte Miègeville

Porte de Miegeville

La porte de Miègeville (qui signifie au milieu de la ville) date de 1100. Il s'agit de la porte principale de l'église. Elle s'organise autour d'un tympan consacré à l'Ascension. De part et d'autre du tympan on trouve les statues de St Pierre à droite et St Jacques à gauche. Sur le socle de la statue de St Pierre, est représenté Simon le Magicien. L'ensemble est surmonté d'une corniche soutenue par des modillons.

On trouve également quatre chapiteaux consacrés à l'expulsion d'Adam et Eve du Paradis, l'Annonciation et la Visitation, le massacre des innocents (ci-contre), des lions.

massacre des innocents

tympan de la porte de miégeville

Le tympan est consacré à l'Ascension. On voit le Christ, debout sur une nuée, entouré de six anges, dont deux qui l'aident à s'élever. Au linteau, les douze apôtres assistent à la scène.

Aux deux extrémités, deux hommes semblent les tancer, pour illustrer le propos suivant : "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu partir vers le ciel."
Sous le linteau, on trouve à gauche David et à droite, deux hommes aux visages bouffis.

détail du tympan

Le transept

transept sud

Le transept est extrêmement large. Son organisation générale est semblable au nord et au sud (photo ci-contre). Les portails sont entourés de baies. On trouve également quatre baies cintrées, séparées par des contreforts, au-dessus des portails. Côté nord, les portails sont murés. Côté sud, le portail est baptisé Porte des Comtes, en raison de la présence de l'enfeu des comtes de Toulouse à gauche du portail.

Celui-ci date de 1090. Les tympans sont vitrés et le décor sculpté est donc reporté dans les voussures (malheureusement abîmées pendant la Révolution française) et les huit chapiteaux (quatre par portail). Ces derniers sont consacrés aux thèmes de l'enfer et de la damnation.

porte des comtes

chapiteau représentant la luxure

A gauche sont représentés les supplices endurés par l'avare et par les luxurieux (femme aux seins dévorés par des serpents, homme au ventre labouré par des diables).

A droite, on trouve l'épisode de Lazare et du mauvais riche, puis deux anges emportant l'âme de Lazare (dans une mandorle) et le supplice du riche.

âme de Lazare montant au ciel

Sur les deux chapiteaux centraux (vers l'avant) se trouve un thème non identifié : deux personnages tiennent les bras d'une tierce personne.

Le chevet

chevet

Dominé par le grand clocher, le chevet est très élégant. La partie centrale est percée de baies cintrées séparées par des contreforts ronds et bicolores. Chaque baie est encadrée de fines colonnettes. Les contreforts sont reliés entre eux par une chaîne de modillons.
Sur le niveau inférieur, celui du déambulatoire, viennent se greffer cinq chapelles rayonnantes. Elles sont chacune percées de trois baies avec des archivoltes à redents reliés entre elles. Les jolis modillons qui ornent la corniche sont du XIXè siècle.

chevet

Visite intérieure

clocher

L'édifice fait 115 mètres de long, ce qui en fait le plus grand édifice roman en France.
La nef de 12 travées est bordée de deux collatéraux respectivement hauts de 9 et 7 mètres.

La nef

La nef est couverte par un berceau en plein cintre reposant sur des arcs doubleaux (21 mètres sous voûtes) qui retombent sur des demi-colonnes engagées. Au niveau des trois travées orientales, la présence de stalles arrêtent la retombée des doubleaux au niveau des tribunes.
Les tribunes et les deux collatéraux jouent le rôle d'arcs-boutants.
Les voûtes d'arêtes collatéraux reposent sur des piles rectangulaires massives.

nef

élévation de la nef

L'élévation est à deux niveaux. Au dessus des grandes arcades cintrées, on trouve des tribunes à arcades géminées reposant sur deux colonnettes. Le remplage de chaque baie est plein. L'éclairage de la nef est fournie par la claire-voie des tribunes et par les baies des collatéraux. Comme souvent dans les édifices romans, il est donc uniquement indirect.
Les chapiteaux des collatéraux de la nef sont ornés de motifs végétaux.

Le transept

croisillon nord

Le transept est long de 64 mètres. Il comporte un collatéral et son élévation est semblable à celle de la nef. Chaque croisillon est composé de quatre travées principales, la dernière sert de soubassement à la tribune.

Croisillon nord

Les piliers sont ornés de chapiteaux à motifs végétaux.
Côté est, le collatéral s'ouvre sur deux petites absidioles.

Chapiteau du croisillon nord

chapiteau

tombeau

Dans le croisillon nord, on trouve des fresques romanes dans la première travée du collatéral ouest et dans la dernière du collatéral est (Résurrection du Christ, Noli me tangere). On peut également observer un sarcophage paléochrétien (de Guillaume Taillefer, Comte de Toulouse) datant de la fin du IVe siècle ou du début du Ve, et un autel roman de 1096.

Le chœur

Le chœur, enserré par une clôture, est inaccessible. Le déambulatoire ouvre sur quatre petites chapelles voûtées en cul de four et une chapelle axiale plus profonde. On y trouve des chapiteaux historiés (Daniel dans la fosse aux lions).

plan du déambulatoire

déambulatoire

On trouve sur la clôture du chœur des motifs gravés dans le marbre, comme ce Christ en majesté du XIIe siècle issu de l'atelier de Bernard Gelduin.

Christ en majesté

La crypte

plan de la crypte

La crypte, sur deux niveaux, abritent de nombreuses reliques, et parmi elles, celles de St Sernin.

crypte

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