12 juillet 1790

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Une Constitution civile pour le clergé

  Les grandes journées de la Révolution française

5 mai 1789: ouverture des états généraux

14 juillet 1789: prise de la Bastille

26 août 1789: déclaration des Droits de l'Homme

15 janvier 1790: création des départements

31 mars 1790: Robespierre préside les Jacobins

12 juillet 1790: Constitution civile du Clergé

14 juillet 1789: fête de la Fédération

25 avril 1792: naissance de la Marseillaise

11 décembre 1792: procès de Louis XVI

05 septembre 1793: la Terreur à l'ordre du jour

16 octobre 1793: exécution de Marie-Antoinette

24 novembre 1793: le calendrier révolutionnaire

27 juillet 1794: chute de Robespierre

08 juin 1795: Louis XVII meurt au Temple

05 octobre 1795: insurrection de Vendémiaire

26 octobre 1795: début du Directoire

04 septembre 1797: coup d'État de Fructidor

09 novembre 1799: coup d'État du 18 Brumaire

Etoile

voir aussi Les guerres de la Révolution et de l'Empire
 

Le 12 juillet 1790, à Paris, l'Assemblée constituante adopte la «Constitution civile du Clergé». Ce document causera la ruine de la Révolution inaugurée un an plus tôt.

Les députés français avaient nationalisé le 10 octobre 1789 les biens de l'Église sur une proposition de Talleyrand, évêque d'Autun, dans le désir de remédier à la crise financière qui étranglait le royaume. Ils avaient par ailleurs dissous les ordres religieux le 13 février 1790.

Ces réformes avaient été accomplies sans en référer au pape.

Elles n'étaient, il est vrai, guère plus audacieuses que celles de l'empereur Joseph II en Autriche, au début de la même décennie, et avaient été plutôt appréciées par les catholiques français et le clergé, fort d'une centaine de milliers de personnes, qui souhaitaient de tout leur cœur une réforme de l'Église.

Mais dans la foulée, les députés veulent mettre l'Église de France en harmonie avec les nouvelles institutions nationales.

C'est ainsi qu'un «comité ecclésiastique» rédige la Constitution civile du Clergé et la soumet à l'Assemblée.

Le document abroge le Concordat conclu en 1516 entre le roi François 1er et les représentants du pape.

La carte religieuse est calquée sur la carte administrative avec un diocèse par département (83 au total) au lieu de 135 précédemment, aux contours parfois extravagants.

L'État s'engage à appointer les évêques et les curés. Il fixe des niveaux de traitements d'ailleurs tout à fait convenables. 50.000 livres pour l'évêque métropolitain de Paris, 20.000 livres pour les autres évêques, 1200 à 6000 livres pour les curés.

Plus ennuyeux, les évêques et les curés doivent être désignés par les électeurs de leur paroisse ou de leur diocèse, que ces électeurs soient catholiques, athées, protestants, voltairiens,... Le pape n'a plus d'avis à donner sur ces nominations.

Les curés et les évêques sont invités à prêter «en présence des officiers municipaux, du peuple et du clergé, le serment d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution».

C'est le triomphe du gallicanisme, un courant de pensée vivace dans la haute société française depuis... Philippe le Bel.

Le roi Louis XVI sanctionne (approuve) le décret le 24 août 1790, après avoir beaucoup hésité et contre l'avis du pape Pie VI, qui se refuse à toute discussion.

Le 27 novembre, enfin, l'Assemblée exige du clergé le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé... La moitié des curés et tous les évêques sauf 4 s'y refusent! C'est la rupture entre les catholiques et la Révolution.

 

Mise à jour le 23 février 2003