26 août 1789

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Frontiscipe de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen
Ce jour-là...

Les 17 articles de la Déclaration

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

  Les grandes journées de la Révolution française

5 mai 1789: ouverture des états généraux

14 juillet 1789: prise de la Bastille

4 août 1789: abolition des droits féodaux

26 août 1789: déclaration des Droits de l'Homme

15 janvier 1790: création des départements

31 mars 1790: Robespierre préside les Jacobins

12 juillet 1790: Constitution civile du Clergé

14 juillet 1789: fête de la Fédération

25 avril 1792: naissance de la Marseillaise

11 décembre 1792: procès de Louis XVI

05 septembre 1793: la Terreur à l'ordre du jour

16 octobre 1793: exécution de Marie-Antoinette

24 novembre 1793: le calendrier révolutionnaire

27 juillet 1794: chute de Robespierre

08 juin 1795: Louis XVII meurt au Temple

05 octobre 1795: insurrection de Vendémiaire

26 octobre 1795: début du Directoire

04 septembre 1797: coup d'État de Fructidor

09 novembre 1799: coup d'État du 18 Brumaire

Etoile

voir aussi Les guerres de la Révolution et de l'Empire
 

Du 20 au 26 août 1789, à Versailles, l'Assemblée nationale constituante, qui s'est substituée aux états généraux, discute et vote le texte de la «Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen» .

Tandis que débute la Révolution française, sous le regard bienveillant du reste de l'Europe, les députés veulent offrir au monde un texte qui condense leurs aspirations et donne un sens à leur combat contre l'absolutisme royal et l'arbitraire de l'administration.

Ils y réussissent d'une remarquable manière en s'inspirant des textes et de l'expérience anglo-saxonnes.

Un siècle plus tôt, au cours de la «Glorieuse Révolution» célébrée par Voltaire, les Anglais ont ainsi jeté les bases de la démocratie parlementaire moderne en imposant à leurs souverains le «Bill of Rights» et l'«Habeas Corpus».

Puis, le 4 juillet 1776, les habitants des colonies anglaises d'Amérique ont proclamé leur indépendance dans une très belle «Déclaration» qui a énoncé pour la première fois le «droit au bonheur».

Un texte universel

Au sein de l'Assemblée Constituante, un comité de cinq membres est chargé de préparer le texte de la Déclaration. Ses plus remarquables animateurs sont Mounier, l'abbé Sieyès et Mirabeau.

D'emblée, ils affichent un double objectif: trouver «une forme populaire qui rappelle au peuple non ce qu'on a étudié dans les livres ou dans les méditations abstraites, mais ce qu'il a lui-même éprouvé» (Mirabeau); s'adresser à l'ensemble du monde et pas seulement aux Français en vue de faire «renaître une fraternité universelle» (Mirabeau).

Ces deux objectifs sont pleinement atteints. Par sa clarté et sa précision, la Déclaration est un admirable chef-d’œuvre de la langue française classique et un  texte de droit exemplaire.

Le caractère universel et intemporel de la Déclaration est tout aussi remarquable que sa prestance littéraire.

Le texte réussit le tour de force d'énoncer les droits de l'individu en faisant fi du régime politique (monarchie constitutionnelle ou république), de la religion (il se contente d'invoquer l'Être suprême et garantit la liberté religieuse de chacun) ainsi que des différences sexuelles. Il convient aussi à toutes les époques et à toutes les sociétés.

L'Article premier contient en germe la condamnation de l'esclavage comme de la ségrégation sexuelle, religieuse ou raciale. Différents articles condamnent l'arbitraire, le totalitarisme et la tyrannie.

On pourrait cependant reprocher aux rédacteurs de n'avoir pas fait une place au devoir d'assistance de l'Etat envers les plus faibles et les plus démunis. Leur plume a aussi dérapé en qualifiant de sacrée la propriété, comme si celle-ci relevait des choses divines et transcendantes à l'humanité!

A ces réserves près, les Européens du XXIe siècle pourraient s'appliquer à eux-mêmes la Déclaration sans en retrancher ni y ajouter un mot, aussi bien que les Polynésiens, les Africains ou les Indiens d'Amazonie.

Ce «catéchisme national» en dix-sept articles est inscrit au préambule de la Constitution de la Ve République (comme des précédentes) bien que les Français soient encore loin d'en avoir appliqué les préceptes.

C'est ainsi que les actuelles différences de statuts et les privilèges corporatistes contreviennent à l'Article premier de la Déclaration sur l'égalité des droits; de même que la pratique du secret dans l'administration contrevient à l'Article XV et le traitement parfois humiliant infligé aux simples suspects à l'Article IX.

Universalité

Le caractère généralisateur et universel de la «Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen» fait sa supériorité sur les textes postérieurs, en particulier la «Déclaration Universelle des Droits de l'Homme» proclamée par l'assemblée générale des Nations Unies en 1948.

Rédigée avec un souci excessif du détail, la Déclaration des Nations Unies reprend pour partie le texte des Constituants français mais s'en écarte dès l'Article premier en mélangeant droits et devoirs de l'individu («agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité»).

La Déclaration universelle de 1948 exprime surtout la pensée occidentale du XXe siècle dans ses deux volets communiste et libéral.

Ainsi, le droit au travail, le droit à l'éducation, la protection sociale, la protection contre le chômage ou encore le droit au logement peuvent-ils signifier quelque chose pour les citoyens de Moscou ou de San Francisco.

Mais ces droits ne veulent rien dire pour les habitants des îles Marquises, les Pygmées du Congo ou les Indiens d'Amazonie qui ignorent notre distinction entre les activités de loisir, de formation et de production et ont coutume de construire eux-mêmes leur logement!

N'en déplaise à feu René Cassin, qui supervisa la rédaction de la «Déclaration universelle» de 1945, il n'y aura jamais qu'une seule et authentique «Déclaration des Droits de l'Homme», celle de 1789!

 

Mise à jour le 23 février 2003