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Le passage de la
fin de l'Antiquité (chute de l’Empire Romain d’Occident en 476)
au début du Haut Moyen Âge se fit en toute
continuité : loin d’être brutale, cette transition est
l’aboutissement d’une longue période de mutation qui a commencé dès le
IIIème siècle avec la rencontre des mondes romains et barbares.
La déposition en 476 du dernier empereur
romain d'Occident ne fit pas sur la Gaule l'effet d’une catastrophe
annonciatrice de la disparition d'une époque : l'Europe occidentale
demeure durant le Haut Moyen Âge sous l'emprise d'une autre culture,
simplement superposée à la civilisation complexe de l'Empire romain,
laquelle ne fut jamais totalement perdue ou oubliée.
La Gaule se trouve simplement à la charnière de deux mondes
: il s’agit
de la fin d’un Empire, dont ses acquis seront exploités par les
dynasties suivantes, et du début d'une nouvelle période, orchestrée par
les barbares.
Les questions fondamentales sont alors
:
- Gaule barbare
ou pro-romaine ?
- Gaule
catholique, arienne ou païenne ?
Il faut d’ailleurs noter que ces peuples
barbares s’assimilent dans la culture gallo-romaine sans être en mesure de
s’imposer : en effet, aucun d’eux n’est jamais constitué de plus de 100
000 individus dont environ 20 000 soldats. Ils ne sont donc pas en mesure
d’écraser les populations déjà en place dans les territoires qu’ils
occupent, puisqu’ils ne représentent que de 2 à 5% de la population locale
: rien d’un raz de marée démographique !
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