|
Le culte de la Vierge
 |
Le culte de la Vierge prend son essor au Concile d'Ephèse : Marie
est alors proclamée "mère de Dieu" par opposition
à ce qui ne voulaient voir en elle que la mère de la part
humaine du Christ. Le développement du culte est progressif, avec
l'institution de fêtes mariales (la doctrine de l'Assomption apparaît
au 6e siècle). Il prend une importance particulière au 13e
siècle, que certains historiens nomment le "siècle
de Marie". La Vierge est considérée comme une médiatrice
entre le Ciel et la terre, comme une consolatrice. Les lieux de culte
qui lui sont dédiés se multiplient (Aix-la-Chapelle, Chartres,
Paris...), on vénère ses reliques (comme le soulier de la
Vierge offert par Charlemagne à Soissons ; voile de Chartres ;
chasuble offerte par la Vierge à San Ildefonso de Tolède).
Les cisterciens se placent sous le patronage de la Vierge et adopte un
habit blanc, image de sa pureté. A cette époque, on attribue
à la mère du Christ de nombreux miracles, comme les miracles
de lactation, par lesquels Marie guérit ou encore donne à
Saint Bernard de Clairvaux son éloquence. Le culte marial s'étend
au-delà du Moyen Age : Louis XIII place la France sous le patronage
de Marie ; le pape Pie IX (XIXe siècle) fait de l'immaculée
conception, longtemps débattue, un dogme (rappel : le dogme de
l'immaculée conception n'est pas relatif à la conception
virginale du Christ mais à la conception "sans péché"
de Marie, qui serait née d'un baiser échangé entre
ses parents, Anne et Joachim, à la Porte d'or).
Vierge auvergnate, musée du Louvre
|
|
|

La plupart des thèmes mariaux ne sont pas évoqués
dans les Evangiles, mais seulement dans des écrits apocryphes.
Marie n'apparaît dans les évangiles qu'au moment de
l'Annonciation. Les thèmes évoqués suivent un classement
chronologique.
Les thèmes mariaux évoqués dans les Evangiles
L'Annonciation
L'annonciation,
Roger Van der Weyden, Louvre.
|
|
SAINT LUC (1, 26-38)
"Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge fiancée
à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Cette vierge
s’appelait Marie. L’ange entra et dit : " Je te salue,
comblée de grâce ! Le Seigneur est avec toi. " A ces
paroles, elle fut toute troublée : elle se demandait ce que
pouvait signifier cette salutation. L’ange dit alors : "
Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de
Dieu. Voici que tu vas être enceinte, et tu enfanteras un fils
auquel tu donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé
fils du Très Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de
David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob pour toujours
et son règne n’aura pas de fin ". Marie dit à l’ange :
" Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme
? " L’ange lui répondit : " L’Esprit Saint viendra
sur toi et la puissance du Très-haut te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi l’enfant saint qui naîtra sera appelé fils de
Dieu.
Et voici qu’Elisabeth ta parente, est enceinte, elle aussi,
d’un fils malgré sa vieillesse et elle en est à son sixième
mois, elle qu’on appelait la stérile. Car rien n’est
impossible à Dieu. " Marie dit alors : " Je suis la
servante du Seigneur. Qu’il m’advienne selon ta parole. "
Et l’ange la quitta." .
Il s'agit d'une scène fondamentale, l'une des plus représentées
en peinture.
|
La Visitation
SAINT LUC (1, 39)
Marie se rend chez sa cousine Elisabeth, qui porte Jean-Baptiste.
A la vue de Marie, Elisabeth s'écrie: "Bénie es-tu entre
les femmes, et béni le fruit de ton sein". Marie lui répond
en affirmant sa foi : "Mon âme exalte le seigneur, mon
esprit s'est réjoui en Dieu mon sauveur, parce qu'il a jeté les
yeux sur la bassesse de sa servante (...)".
La scène est souvent représentée par deux femmes aux ventres
ronds qui se saluent.
|
|
Visitation, J.C. Pontormo,
église San Michele, Florence.
|
La naissance du Christ
Marie accomplit lors de la naissance les gestes simples de toute mère
: "Elle mit au monde son fils premier né. Elle
l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas
de place pour eux dans l'hôtellerie."
(SAINT LUC (2, 7) ).
La naissance elle-même (où plutôt l'instant immédiatement après
la naissance) est beaucoup moins représentée que l'adoration des
bergers et celle des mages. Alors que la tradition byzantine
accorde une place au bain du Christ (évangiles apocryphes), la
tradition occidentale ne le représente qu'exceptionnellement : le
Christ étant conçu du Saint Esprit et d'une femme vierge, il est
normal qu'il ne soit pas souillé de sang comme les autres
nouveau-nés. Il n'a donc pas besoin de bain. De plus, la
tradition occidentale privilégie la crèche plutôt que la grotte
de la tradition byzantine (là encore, il s'agit d'une référence
aux évangiles apocryphes).
L'adoration des bergers
SAINT LUC (2, 8)
"Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui
passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs
troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la
gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis
d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit: Ne craignez point; car
je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple
le sujet d'une grande joie: c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de
David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un
enfant emmailloté et couché dans une crèche." (...) Ils
allèrent [à Bethléem] en hâte, et ils trouvèrent Marie et
Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l'avoir
vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce
petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l'étonnement
de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces
choses, et les repassait dans son cœur. Et les bergers s'en
retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils
avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait
été annoncé."
L'adoration des mages
SAINT MATTHIEU (2, 1)
"Jésus étant né à Bethlehem en Judée, au temps du
roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem,
et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous
avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour
l'adorer."
Hérode, inquiet, tente de jouer les mages et leur demande de
l'informer de ce qu'ils trouveront pour qu'il puisse lui aussi
adorer l'enfant. Les mages poursuivent leur chemin, guidés par l'étoile.
Ils découvrent l'enfant :
"Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant
avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils
ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de
l'or, de l'encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis en
songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays
par un autre chemin. "
|
|
L'adoration des mages, Bruegel
|
|
Repos pendant la fuite en Egypte, Patenier, Prado
|
|
La fuite en Egypte
La fuite en Egypte est mentionnée chez SAINT MATTHIEU (2,13). Un
ange vient intimer à Joseph l'ordre de fuir : "prends
l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte". Les représentations
montrent le couple pendant la fuite, Joseph tirant un âne qui
porte la Vierge et l'enfant, ou pendant une halte (non mentionnée
par Matthieu).
|
La Présentation de Jésus au temple
Selon le rite juif, Jésus est présenté au temple, comme tout
nouveau-né. Il est alors reconnu par Siméon, qui lui prédit sa
gloire. Siméon s'adresse également à Marie, lui annonçant sa
propre souffrance : "Et toi-même, un glaive te
transpercera l'âme, afin que soient dévoilées les pensées cachées
de beaucoup de cœurs" (LUC (2 ,35) ).
La scène est souvent représentée sur un escalier menant à un
autel. L'enfant est entouré de ses parents, de Siméon et de la
prophétesse Anne, qui le reconnaît elle aussi.
|
|
Bartolome di Fredi, Présentation du Christ au temple, Louvre
|
Les noces de Cana
Les noces de Cana, Véronèse, Louvre
|
|
SAINT JEAN (2,1-11)
Le rôle de la Vierge est ici essentiel, puisque c'est elle qui
incite son fils à se révéler." Le troisième jour, il y
eut une noce à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus
aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. Le vin
venant à manquer, la mère de Jésus lui dit " Ils n'ont pas
de vin ". Jésus lui dit " Que me veux-tu, femme ? Mon
heure n'est pas encore venue. " Sa mère dit aux serviteurs :
" Faites ce qu'il vous dira ." Or il y avait là six
jarres de pierre, pour les purifications des Juifs, contenant
chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs : "
Remplissez d'eau ces jarres ."Ils les remplirent jusqu'au
bord. Il leur dit : " Puisez maintenant et portez-en au maître
d'hôtel. " Ils lui en portèrent.
Quand le maître d'hôtel eut goûté l'eau devenue du vin - il en
ignorait la provenance, mais les serveurs la savaient, eux qui
avait puisé l'eau - il appelle le marié et lui dit : " Tout
le monde sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres,
alors le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent
." Tel fut le commencement des signes de Jésus ; c'était à
Cana de galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent
en lui."
|
La crucifixion du Christ
La crucifixion
est un thème très fréquemment illustré, où la présence de la
Vierge est constante, bien qu'elle ne soit explicitement attestée
que par Saint Jean (à moins que l'on admette que Jésus ait des
frères, ce qui est contraire au dogme catholique ; dans ce cas,
la présence de la Vierge serait aussi attestée par Matthieu).
Marie est généralement accompagnée de Saint Jean, que le Christ
aurait chargé de veiller sur elle. On la trouve parfois pâmée
de douleur, parfois très digne dans sa douleur ("stabat
mater" : la mère était debout).
La crucifixion, Mantegna, Louvre
|
|
La Pentecôte
Les Actes des apôtres mentionnent la présence de Marie parmi les
apôtres lors de la Pentecôte. Cette scène est cependant assez
peu représentée.
Les thèmes mariaux évoqués dans des écrits
apocryphes
La naissance de la Vierge
La naissance de la Vierge est assez peu représentée. On évoque
plus fréquemment son immaculée conception, de la façon suivante
: le vieux Joachim s'étant vu interdire de déposer ses offrandes
au Seigneur parce qu'il n'a pas eu de postérité, il s'en va jeûner
quarante jours au désert pour que Dieu entende sa prière. Anne,
sa femme se désespère de sa stérilité et de la disparition de
son mari. Les deux époux reçoivent séparément la révélation
que leur prière a été entendue. Ils se retrouvent à la porte
de la ville où Anne se jette au cou de son mari. Cette épisode
est à l'origine de toutes les représentations du baiser de la
Porte d'or. Anne accouche d'une fille à son septième mois de
grossesse.
La présentation de Marie au temple
On trouve ce thème dans des retables présentant l'intégralité
de la vie de la Vierge. Il ne s'agit pas non plus d'un thème
dominant. A sa troisième année, Marie est présentée au temple,
où elle est accueillie par les grands prêtres.
Le mariage de la Vierge
Ce thème est assez peu exploité. L'épisode est ainsi relaté :
lorsqu'elle arrive à sa douzième année, la présence de Marie gêne
les prêtres qui ont peur qu'elle souille le temple par sa présence
(une femme réglée est une femme impure). Par conséquent, il la
propose en mariage aux veufs, qui doivent ramener des baguettes.
Celui dont la baguette recevra un signe de Dieu sera l'élu. Une
colombe se pose sur celle de Joseph qui est ainsi choisi.
L'Ascension du Christ
Cette scène n'est évoquée que par Luc et celui-ci ne cite par
la Vierge parmi les personnes présentes lors de l'Ascension du
Christ. Néanmoins, il arrive que Marie figure parmi les apôtres
dans les représentations qui en ont été données.
Aile droite du triptyque de la Résurrection, Roger van der
Weyden
|
|
 |
|
La dormition de la Vierge
Certaines sources situent la mort de la Vierge à Ephèse,
d'autres à Jérusalem. La scène est souvent représentée par la
Vierge étendu sur son lit de mort, entourée des apôtres. Elle
est souvent représentée non morte mais en train de mourir
(contrairement à l'art byzantin), les artistes occidentaux ayant
voulu privilégié l'émotion.
La Dormition de la Vierge par Le Caravage, Louvre
|
|
 |
La résurrection
La représentation est quasiment la même que pour la dormition. Des
anges remplacent les apôtres autour de la Vierge. Le linteau de Senlis
en offre un bel exemple (des anges soulèvent doucement la
Vierge).
L'assomption
L'assomption de la Vierge désigne le moment où celle-ci est montée
au Ciel. On n'emploie pas dans son cas le terme d'ascension utilisé
pour le Christ.
Le couronnement de la Vierge
Marie, au ciel, est couronnée par son fils ou par Dieu, selon les
représentations. C'est un thème aussi fréquent dans la peinture
que dans la sculpture ornementale. Voir
d'autres illustrations
Le couronnement de la Vierge, Fra Angelico, Louvre
|
|
Si beaucoup de sujets ne sont développés
que dans la peinture, sans rapport immédiat avec
l'architecture proprement dite, il faut rappeler
que la plupart des retables et autres tableaux évoquant
la Vierge décoraient initialement les églises, même
si on ne les retrouve aujourd'hui que dans les musées
(pour leur plus grand bien dans l'immense majorité
de cas). Il n'était donc pas rare de voir un thème
évoqué au tympan complété par un retable
disposé dans une chapelle. D'où l'intérêt de
faire le tour de l'iconogaphie mariale dans la
peinture avant de s'intéresser plus spécifiquement
aux représentations
intégrées dans l'architecture des églises.
Les représentations byzantines
La Vierge Playtera : debout, bras tendus, la
Vierge porte un médaillon représentant le
Christ.
La Vierge Hodigitria : sur un trône, elle porte
sur son bras gauche l'enfant bénissant.
La Vierge Eleousa : la Vierge a un regard
lointain, contemplatif, tandis que l'enfant appuie
sa joue contre celle de sa mère.
La Vierge protectrice : la Vierge étend son voile
ou son manteau sur une cité ou sur des
hommes.Voir Vierge de miséricorde.
Les représentations occidentales
|

|
La Vierge à l'enfant
Il en existe plusieurs types. La Vierge en majesté
s'inspire des représentations byzantines de la
Vierge Hodigitria. On en trouve aux tympans des
cathédrales de Chartres, de Paris... Néanmoins,
beaucoup de représentations de la Vierge à
l'enfant sont moins hiératiques et empreintes de
plus de tendresse (vierges nourricières).
Vierge à
l'enfant, Campin
Vierge à l'enfant
entourée de six anges,
Cimabue, Louvre (Vierge en majesté)
|

|

Descente de croix, Roger Van der Weyden, Prado
|
La Vierge de Pitié
(souvent appelée Pieta)
La mère du Christ reçoit le corps de son fils,
à la descente de croix faisant preuve de plus ou
moins d'émotion selon les écoles.
|

La Pieta d'Avignon, Enguerrand Quarton, Louvre
|
|
Ici, la scène montre
la Vierge s'évanouissant de douleurs dans les
bras de Saint Jean, le corps parallèle à celui
de son fils mort.
|
|
L'artiste a fait le
choix de reporter l'émotion sur Marie-Madeleine.
La Vierge, plus résignée, se tient droite, ce
qui est plus conforme aux écritures. Il est en
effet dit que la Vierge se tenait debout au pied
de la croix (stabat mater), sa douleur adoucie par
la foi en la résurrection.
|
|

|
|
La Vierge de miséricorde
Elle remplace au XIIIe siècle la Vierge en majesté.
Moins hiératique, elle correspond plus à l'idée
d'une Vierge consolatrice. L'iconographie est la même
que pour la Vierge protectrice.
Vierge de miséricorde, Retable
du Maître de 1333, Louvre
|
La Vierge de l'Immaculée
conception
La Vierge est représentée dans le ciel, aérienne,
ce qui symbolise sa pureté.
L'immaculée
conception, Murillo, Louvre.
|
|
 |
 |
|
La Vierge glorieuse
Elle foule aux pieds le mal, incarné par une bête
immonde.
Musée du Louvre, feuillet de
diptyque, Paris,
1er quart du 14ème siècle
|
|
|
Si la représentation des
scènes
de la vie de la Vierge est moins riche en
sculpture ornementale qu'en peinture, elle l'est
cependant suffisamment pour qu'on puisse la
distinguer.
On remarquera que les représentations sont
beaucoup plus schématiques qu'en peinture : la
sculpture s'inscrit dans un espace plus limité
(un seul tympan réunit par exemples toutes les scènes
relatives à la nativité) et doit être lisible
(il est donc impossible de multiplier les détails).
Le but essentiel de cette page est de fournir des
exemples de ces représentations.
Les thèmes mariaux évoqués dans les
Évangiles
L'Annonciation
 |
L'annonciation est généralement représentée
dans les tympans consacrés à la nativité du
Christ (portail du transept nord de Bourges
; portail sud du narthex de Vézelay...)
ou encore dans les ébrasements des portails : la
scène est alors conçue comme un dialogue entre
deux statues, celle de l'ange Gabriel et celle de
la Vierge (portail méridional d'Amiens,
ou portail central de Reims).
Annonciation, ébrasement
du portail central,
Notre-Dame de Reims (Marne)
Annonciation, ébrasement
du portail de la Vierge,
Notre Dame d'Amiens (Somme)
|
|
|

|
Détail d'un retable conservé
au Louvre, pièce provenant de Carrières sur
Seine (Yvelines), 3e quart du XIIe.
|
La visitation
|
On peut répéter pour la
Visitation ce qui a été dit à propos de
l'annonciation (et donner les mêmes exemples) car
les deux scènes sont souvent liées.
Ébrasement du portail de Laon
(Aisne)
|
|
Chapiteau du porche de
Saint Benoît sur Loire (Loiret)
Chapiteau conservé
au musée du Louvre
|
 |
|
La naissance du Christ
La représentation de la
naissance du Christ est assez fréquente. Dans
l'exemple de droite, on trouve une scène rarement
représentée en Occident : le bain du Christ.
 |
Nativité du Christ, chapiteau
du cloître de l'Estany
|

Notre-Dame la Grande de Poitiers
|
L'adoration des mages et des
bergers
 |
L'annonce aux bergers, voûtes
de la basilique de San Isodoro.
Adoration des
mages, tympan méridional du narthex de Vézelay.
|

|
La fuite en Egypte
Ce motif est fréquemment associé
à la nativité du Christ dans les tympans ou ébrasements.
On peut aussi le trouver parfois de façon isolée
sur les corbeilles de chapiteaux, ou par exemple
sur une porte en bois
Sankt Maria in Kapitol de
Cologne
La Présentation de Jésus au
temple
Ce thème figure assez fréquemment
dans les tympans relatifs à la nativité. De façon
beaucoup plus exceptionnelle, on peut le trouver
dans les ébrasements, la Vierge tendant l'enfant
à Siméon.
 |
Ébrasement du portail gauche de
la façade occidentale de Laon.
|

Détail du
tympan méridional de la façade occidentale de
Chartres.
|
La crucifixion du Christ
Le thème de la
crucifixion,
qui implique la présence de Marie au pied de la
croix, a moins de succès en sculpture qu'en
peinture. On lui préfère souvent des représentations
du Jugement dernier, de l'Apocalypse ou de la
Nativité.
 |
Détail du tympan occidental de
la cathédrale de Salamanque
|

Gâble du portail
septentrional de la façade occidentale de Reims
|
Les thèmes mariaux évoqués dans des
écrits apocryphes
La dormition de la Vierge et
la résurrection
|

Résurrection de la Vierge, détail du tympan nord
de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris
|
Dormition et résurrection,
détail du portail de Senlis
|

|
Le couronnement de la Vierge
Le couronnement de la Vierge est
un des thèmes des plus fréquemment représentés,
qui couronne généralement tous les tympans
consacrés à la Vierge (cf L'art
religieux du XIIIe siècle, miroir historique,
évangiles apocryphes).
|

|
Gâble, à Reims
|
|

|
Les supports peuvent être
divers : gâbles (ci-dessus, Reims),
voûtes peintes (à gauche) Albi,
ou tympan (à droite, la charmante porte rouge de Notre-Dame
de Paris)
|

|
Voir d'autres photos
de couronnement.
Les types de représentations les plus
fréquents
Représentations byzantines :
la Vierge Hodigitria ou Vierge en majesté (types
pas vraiment distincts)
 |
La représentation de
la Vierge en majesté couronne fréquemment les
tympans consacrés à la nativité du Christ,
comme ici à Notre-Dame de Paris (droite) ou à
Reims (gauche)
|
|
Représentations occidentales
: la Vierge à l'enfant
 |
Les Vierges à
l'enfant sont très prisées pour orner les
trumeaux, quel que soit d'ailleurs le sujet représenté
au tympan : Jugement dernier, comme à Strasbourg
(à droite) ou portail consacré à la Nativité
et à la Vierge, comme à Reims (à gauche)
|

|
|
|
Pour retrouver l'explication des
scènes les plus communes liées à la nativité
du Christ (Annonciation, Visitation, Adoration des
mages, Présentation au temple...), nous vous
invitons à lire la page consacrée à l'iconographie
de la Vierge.
Portail sud du
narthex de Vézelay.
|
|

L'annonciation et la nativité se
partagent le registre inférieur (ci-dessous),
l'adoration des mages figure au registre supérieur
(ci-dessus).
|
Portail nord de Notre-Dame
de Laon, consacré à l'enfance du Christ.
Le registre inférieur du tympan
montre l'Annonciation, la Nativité, l'Annonce aux
bergers. L'Adoration des mages occupe le registre
supérieur.
|
|
 |
Les ébrasements représentent,
de la gauche vers la droite, la Visitation et la
Présentation au Temple avec deux autres
personnages.
|
|
 |
Portail sud de Chartres,
dédié à l'Incarnation.
Au tympan figure une Vierge en
majesté, très hiératique. Au linteau supérieur
est figurée la présentation du Christ au temple,
et au registre inférieur, des scènes de la
Nativité: Annonciation, Visitation, Naissance et
Annonce aux bergers.
|
|
Portail sud de Notre-Dame
de Paris, dédié à Saint Anne.
Le linteau retrace
essentiellement l'épisode du mariage de la
Vierge, de façon un peu confuse. Le premier
registre du tympan est beaucoup plus clair. Après
Isaïe (premier prophète à annoncer la venue du
Messie), on trouve l'Annonciation, la Visitation,
la Nativité, l'Annonce aux bergers, un pharisien
et un docteur de la Loi et, enfin, Hérode et les
rois mages.
|
|
 |
Tympan de Saint
Bertrand de Comminges.
Le tympan est consacré à une
scène de la Nativité, l'Adoration des mages. Une
Vierge en majesté accueille l'hommage des rois
venu voir son Fils. Derrière elle, un évêque
assiste à la scène. Il s'agit très probablement
de Saint Bertrand. Des inscriptions latines désignent
les personnages (Maria mater et filium dei).
|
|
Chapiteaux de la nef de
Lérida
Ils présentent des scènes
relatives à la vie de la Vierge: Annonciation,
Visitation, Nativité
(collatéral sud, deuxième
pile).
|
|
 |
Façade occidentale de Notre-Dame
la Grande de Poitiers, histoire de
l'Incarnation.
La partie droite de la frise
représente l'Annonciation,
accompagnée d'un arbre de Jessé,
la Visitation
et la Nativité
avec Joseph qui assiste au bain de son fils.
|
|
|
Pour en savoir plus sur l'évolution
iconographique du couronnement de la Vierge, vous
pouvez lire l'iconographie du 13e siècle
par Emile Mâle et notamment la partie consacrée
aux évangiles apocryphes. Vous pouvez également
lire la page consacrée à l'iconographie
mariale dans son ensemble.
 |
Portail occidental de
Notre-Dame
de Senlis
|
|
|
Portail nord de la façade
occidentale de Notre-Dame
de Paris
|
|
 |
Portail rouge (nord)
de Notre-Dame de Paris
|
|
Portail sud de la façade
occidentale de Notre-Dame
d'Amiens
|
|
 |
Portail de la façade
occidentale de Saint
Etienne de Bourges
|
|
Portail central du
transept nord de Notre-Dame
de Chartres
|
|
|
|
|
|