Historique

L'abbaye Saint Georges de Boscherville se situe à Saint Martin de Boscherville, près de Rouen. Boscherville était déjà un lieu de culte païen à la fin du Ier siècle après JC. Abandonné au IIIe siècle, le premier temple est reconverti en chapelle funéraire au VIIe siècle probablement dédié à Saint Georges.

Vers 1055, Raoul, grand chambellan de Guillaume le Conquérant, fait venir sur cette terre une communauté de chanoines réguliers (qui suivent la règle de Saint Augustin).
Une abbaye bénédictine est fondée en 1113 par Guillaume de Tancarville, fils de Raoul. L'abbatiale est édifié entre 1113 et 1140. Seules les voûtes de la nef et du transept sont plus tardives (XIIIe siècle). La salle capitulaire est construite entre 1175 et 1180. L'abbaye ne fut jamais très importante : au plus fort de sa prospérité, elle comptait une trentaine de moines.

Un lent déclin commencé avec la guerre de Cent ans est interrompu en 1659 par l'arrivée de la Congrégation de Saint Maur qui, à l'appel de l'abbé Louis de Bassompierre, restaure bâtiments et vie monastique. La cohabitation entre les réformateurs et les anciens moines est difficile. Ces derniers, exclus de la plupart des bâtiments conventuels, s'installent dans les bâtiments annexes.
Ils perdent l'accès au chœur de l'abbatiale. Cependant, quand la Révolution provoque la fermeture de l'abbaye, celle-ci ne comporte plus que sept moines. L'abbatiale devient église paroissiale. Le reste est vendu à un industriel qui fait faillite en 1822. Le département acquiert la salle capitulaire. Le reste du site est utilisé comme exploitation agricole jusqu'en 1987. En 1992, les jardins sont réaménagés dans leur forme du XVIIe siècle.

Visite extérieure

La façade est simple et harmonieuse. Le portail est surmonté de deux rangs de baies cintrées. L'arc de la baie centrale est orné de motifs géométriques. Deux fines tourelles d'angle aux flèches de pierre encadrent un sobre pignon.

Le seul ornement du portail réside dans de belles voussures à motifs géométriques, décor caractéristique du roman normand.

Le même type de décor se retrouve dans les deux arcades aveugles qui entourent le portail.
La nef est rythmé par un étagement de baies cintrées séparées par des contreforts. Un clocher de 56 mètres orné de baies et arcades cintrées domine la croisée. Il est doté d'une haute flèche d'ardoises.

Le chevet se compose d'une belle abside et de deux absidioles rectangulaires (extérieurement).

La salle capitulaire

La salle capitulaire s'ouvre sur ce qui devait être le cloître par trois arcades cintrées. L'intrados de ces arcs est voûté d'ogives.

Ils reposent sur des piles rectangulaires entourés de multiples colonnettes, parfois reliées par des ornements géométriques. Les colonnes portent de beaux chapiteaux historiés. Il s'agit de copies mise en place en 1992, les originaux étant trop abîmés.

Arcade gauche, chapiteaux de gauche :

- sacrifice d'Isaac par Abraham
- Sarah et Abraham envoyé par Dieu dans le désert

- Noé couché sur la vigne (ci-dessus) puis l'épisode de l'arche (ci-contre)

Arcade de gauche, chapiteaux de droite, vers l'extérieur :

- Josué arrêtant la marche du soleil

- des évêques soufflant dans un olifant au bord de l'eau

- des hommes portant une chasse vers un édifice fortifié

- à côté, un moine fouette des frères fautifs

Arcade de gauche, chapiteaux de droite, vers l'intérieur :

- adoration de l'agneau

- un vilain vole un bouc à un moine

- le diable pousse des frères à se battre

- Constantin foule au pied le paganisme.

Dans l'intrados de l'arcade de droite, on trouve Daniel dans la fosse au lion.

On trouve enfin un ensemble de trois statues-colonnes dont l'association rappelle un extrait de la règle bénédictine : "ainsi l'abbé frappera le fils récalcitrant de sa discipline afin de libérer son âme de la mort et de le faire accéder à la vie éternelle". La mort (ci-dessous) est incarnée par une femme qui se tranche la gorge. Sur son phylactère, on lit : "Moi, la mort, j'égorge l'homme et je l'emporte"

Entre les deux premières statues, un étrange motif architectural s'est glissé entre deux colonnes.

Les socles de ces statues présentent un superbe bestiaire fantastique

L'intérieur de la salle est orné d'une jolie frise. Le voûtement d'ogives semble destiné, aux extrémités, à des hémicycles alors que la pièce est rectangulaire et, de ce fait, il obstrue une partie des fenêtres.

Visite intérieure

La nef comporte huit travées voûtées d'ogives qui retombent sur des colonnes engagées.
L'élévation comporte trois niveaux. Les arcades cintrées reposent sur de grosses piles rectangulaires auxquelles s'adossent des demi-colonnes. Une tribune les surmonte avec quatre arcs cintrés par travée, qui reposent sur des colonnettes. Au niveau des fenêtres hautes court une galerie caractéristique du roman normand (on la retrouve à l'abbaye au Dame de Caen).

D'étranges chapiteaux au style singulier ornent la nef.
La double rangée de fenêtres cintrées percée au revers de la façade est partiellement obstruée par l'orgue.

Les collatéraux sont voûtées d'arêtes. Les arcs qui donnent sur le transept sont ornés de motifs géométriques.
La croisée est ornée d'une coupole rectangulaire au tambour percé de baies. Les ogives de la coupole reposent sur des protomés.
Les bras du transept comportent de vastes tribunes voûtées d'ogives qui retombent très bas. Le bras sud est éclairé par deux niveaux de baies cintrées.
Chaque bras ouvre sur deux absidioles. La première profonde, forme une sorte de collatéral du chœur. La seconde est plus petite.
Un gros chapiteau reçoit les arcs sur lesquels reposent la tribune. Au nord, on y voit un homme à cheval, un autre avec un fouet. Un évêque est sculpté dans l'écoinçon qui sépare les deux arcades.

Un autre chapiteau présente d'étranges bestioles aux yeux incrustés de noir.

Au sud, le chapiteau central est couvert de motif végétaux, animaux et d'un étrange ensemble de cercles concentriques.
Dans l'écoinçon sont logés deux chevaliers qui s'affrontent.
Les travées droites du chœur sont voûtées d'arêtes. Des bandes plates ornent le rond-point éclairé par deux rangées de fenêtres cintrées.
Sur les chapiteaux qui ornent le chœur, on trouve d'étranges petits bonhommes aux vêtements maladroitement plissés.

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