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Historique
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L'actuelle cathédrale Saint Étienne de Meaux
est construite sur le site d'une ancienne cathédrale romane. Il
est aujourd'hui impossible de dater précisément les débuts
de la reconstruction de la cathédrale, suite à la destruction
des archives de l'évêché en 1793-94. On peut cependant
estimer qu'elle a commencé vers 1175.
Dans la première moitié du XIIIe siècle, le premier
chœur, le transept
et une partie de la nef
sont réalisés.
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Des fissures apparaissent déjà dans les murs.
En effet, le premier maître du chantier de Meaux a négligé
de creuser des fondations pour asseoir la cathédrale. Devant l'affaissement
du sol, on dépêche des travaux de restauration dès
1253, soit moins de cent ans après le début de la construction.
Le chœur est reconstruit dans le style gothique
rayonnant, pour être achevé en 1275.
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Au début du XVIe siècle sont élevées
les façades des transepts. A cette époque sont également
ajoutées des chapelles rayonnantes. La nef n'est véritablement
achevée au début du XVe siècle. Les portails
de la façade occidentale sont réalisés entre
la seconde moitié du XIVe siècle et le début
du XVIe siècle. La "tour noire", au sud, reçoit
en 1460 un couvrement en bois provisoire, qui deviendra définitif.
La tour nord est terminée en 1540.
En 1562, la cathédrale subit le pillage des Huguenots.
De sévères restaurations (les voûtes
menaçaient de s'effondrer) ont été entreprises
au XIXè siècle (de 1834 à 1914).
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Visite extérieure
La façade occidentale
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La façade occidentale est harmonique
mais profondément dissymétrique en raison de ses deux
tours très différentes. Les divisions verticales sont
marquées par de puissants contreforts.
Le premier niveau comprend trois portails
sous gâbles.
Le portail central est surmontée d'une rose
coiffée d'un pignon
devant lequel court une balustrade.
Le portail nord est surmonté par la "tour noire",
couverte d'une charpente en bois, à peine plus haute que le
pignon central. Le portail nord supporte une tour de 59 mètres
de haut. Le dernier étage de la tour est percé d'étroite arcades
garnies d'abat-sons.
Il est couronné par une terrasse hérissée de pinacles
aux angles.
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Le tympan
du portail central est consacré au Jugement
dernier. La disposition en est un peu particulière dans
la mesure où elle fait une large place à l'intercession,
qui occupe tout le registre
inférieur. On y voit deux personnages en prière
(probablement la Vierge
et St Jean), accompagnés St Jacques le Majeur et St
Jean-Baptiste et entourés de quatre anges qui sonnent
l'olifant. Les intercesseurs lèvent la tête vers le
registre supérieur où trônent le Christ, très mutilé.
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Le linteau
est la pièce la plus intéressante. Au centre, on assiste
à la résurrection des morts, qui prennent le chemin de
l'enfer ou du paradis (on ne voit pas trace de pesée). Le
paradis est représenté à l'extrémité gauche par une
architecture de petites cases sagement alignées. A l'autre
extrémité, l'enfer est symbolisé par la traditionnelle
marmite débordante de pécheurs.
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Le tympan du portail nord
relate la vie de St Jean-Baptiste. Le registre supérieur
est occupé par l'agneau, dans un médaillon, entouré de
deux anges. Le registre inférieur montre la naissance de St
Jean Baptiste (Ste Elisabeth, allongée, vient d'accoucher)
puis le prophète reprochant à Hérode Antipas sa liaison
avec Hérodiade. Au linteau, Jean-Baptiste est tiré de sa
prison pour être décapité. A droite, sa tête est apportée
à Salomé.
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Le portail nord est consacré
au Couronnement de la Vierge. Le registre supérieur, qui présente
le Couronnement proprement dit, exigerait d'être décapé.
Au registre inférieur est représentée la Dormition
: la Vierge, au centre, est veillée par des anges qui
s'apprêtent à mener son âme au ciel. De part et d'autre,
les apôtres se pressent autour du lit. Le linteau montre
d'autres épisodes de la vie de la Vierge : l'Annonciation,
la naissance du Christ et l'adoration des mages.
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Les portails du transept
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Les deux transepts
sont construits sur le même modèle. Le portail est surmonté
d'une claire-voie
et d'une vaste baie. Au sommet, un pignon est encadré par
les pinacles qui coiffent d'épais contreforts.
Croisillon sud
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Le portail du transept sud est
consacré à St Étienne. Les scènes sont difficilement
lisibles. Au deuxième registre, à gauche, on distingue la
scène de la lapidation : St
Étienne, à terre, est dominé
par des hommes qui lui jettent des pierres.
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Le tympan du portail nord ne
comporte qu'un registre sculpté, illisible, consacré lui
aussi à St Étienne
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Une petite particularité est à noter au
niveau du chevet.
Côté nord, on trouve un minuscule archer sculpté à 15 mètres
de haut sur le contrefort qui sépare la chapelle axiale de
la chapelle rayonnant qui la suit. Un ouvrier mécontent de
sa paye aurait sculpté cet archer, qui décochait sa flèche
en direction de la maison du chanoine responsable des payes.
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Visite intérieure
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La nef
est moins longue que le chœur
(l'ensemble fait 85 mètres de long). Elle ne comprend
que trois travées,
auxquelles il faut ajouter les deux travées du narthex.
Elle est bordée par un double collatéral,
encadré au niveau des deux travées orientales par
des chapelles latérales peu profondes. La voûte
sur croisée d'ogives,
haute de 29 mètres est barlongue dans le vaisseau
principal et carrée dans les collatéraux.
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L'élévation
de la nef est à trois niveaux. Le triforium,
avec quatre arcades
par travées, est très sobre. On trouve la même
austérité dans les fenêtres hautes, composées de
deux lancettes
surmontées d'un oculus
sans ornement particulier.
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Le revers de la façade
est éclairé par une rose flamboyante.
En dessous, on trouve une belle tribune d'orgue en
pierre sculptée.
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Le transept
n'est pas saillant. Chaque croisillon
comporte deux travées dont l'élévation est à trois
niveaux. Leur triforium et les fenêtres hautes sont
semblables à celles que l'on trouve dans les travées
droites du chœur (voir ci-dessous).
Le mur de fond du croisillon nord (ci-contre) laisse
voir, au-dessus d'un réseau d'arcatures
aveugles surmontés de gâbles,
une claire-voie
à quatre baies géminées,
également avec gâbles. L'ensemble est couronné par
une vaste baie à quatre lancettes, groupées deux à
deux et surmontées par trois oculi.
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Le mur de fond du
croisillon sud a une organisation à peu près
semblable. Cependant, le réseau d'arcatures qui
encadrent la porte et la claire-voie sont dépourvus
de gâbles.
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Trois travées droites,
couvertes par des voûtes ogivales quadripartites, précèdent
le rond-point
du chœur. Leur élévation est à quatre niveaux. Les
tribunes
sont composées d'arcades géminées tréflées avec
des oculi à six lobes. Chaque travée du triforium
associe deux ensembles indépendants d'arcades géminées
surmontées d'oculi trilobés. Les fenêtres hautes
ont quatre lancettes, avec trois oculi trilobés. Le chœur
est en outre éclairé par les grandes baies du
déambulatoire.
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Dans le rond-point à
sept pans, on retrouve une élévation à trois
niveaux, les grandes arcades montant jusqu'au niveau
des tribunes des travées droites. Le triforium
comprend toujours deux ensembles d'arcades géminées,
mais ceux-ci sont cette fois regroupé sous un arc de
décharge commun.
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