Saint Chaffre du Monastier-sur-Gazeille


Historique

L'abbaye Saint Chaffre du Monastier-sur-Gazeille a été fondée vers le Ve siècle. Ses premiers abbés sont les saints Eudes et Théofrède. La réforme lancée par Louis-le-Pieux et Benoît d'Aniane entraîne l'adoption définitive de la règle bénédictine par le monastère. Au IXe siècle, l'abbaye, placée sous la direction de Dructan, entame une phase d'expansion. Au siècle suivant, une nouvelle réforme morale est entreprise par Godescalc, l'évêque du Puy-en-Velay. L'expansion de l'abbaye se poursuit, malgré quelques troubles.

L'abbé Guillaume III (1074 - 1086) entame la construction de l'abbatiale actuelle, dédiée à Saint Théofrède, et des bâtiments monastiques.
Son successeur mène l'abbaye à son apogée. Dans la seconde moitié du XIIe siècle commence un lent déclin, en partie dû à la concurrence de nouveaux ordres et au pouvoir pontifical qui impose des abbés peu présents.
L'abbaye souffre ensuite des pillages organisés dans le sillage de la Guerre de Cent Ans. Vital Erailh (1434 - 1493) et François d'Estaing (1492 - 1504) redonnent un peu d'éclat à l'abbaye et restaurent l'église. Le chœur est refait. A partir de 1520, la famille de Saint-Nectaire monopolise la direction de l'abbaye. Son dernier représentant décide le rattachement du Monastier à l'ordre de Cluny (1667). Les abbés commendataires qui suivent n'y résident plus. Le monastère est fermé en 1786, alors qu'il ne compte plus que 20 moines. En 1793, les biens de l'abbaye sont vendus comme biens nationaux.

Visite extérieure

La façade du Monastier a subi quelques retouches au fil des siècles mais elle conserve sa structure romane. Par sa polychromie raffinée et sa composition, elle est un bel exemple du roman du Velay (voir Saint Michel d'Aiguilhe et la cathédrale du Puy).
Le portail est entouré de deux arcades aveugles.

Il est surmonté d'une vaste baie cintrée aux voussures polychromes, elle-même encadrée d'arcs aveugles. L'archivolte est ornée de motifs végétaux et animaux.

Sous la corniche court une frise aux motifs variés : animaux, personnages .. On y trouve des petites scènes, comme ce pécheur qui semble se faire dévorer le crâne par un lièvre infernal.

On entre dans l'église par le flanc sud de la nef.

Les fenêtres de la nef sont ornée de chapiteaux remarquables, comme cette sirène bifide.

Le chevet gothique quelque peu inélégant voit ses arcs-boutants retomber sur les chapelles rayonnantes.

Visite intérieure

La nef comporte quatre travées voûtées d'ogives.

L'élévation est simple : les grandes arcades légèrement brisées sont surmontées d'arcades aveugles.
Côté sud quelques fenêtres apportent un éclairage discret.

Des colonnes engagées, reçues par des culots sculptés se glissent entre les arcades.

Les collatéraux, étroits, sont voûtés d'arêtes.

Les travées uniques du transept sont couvertes d'un berceau légèrement brisé.
Le croisillon sud ouvre sur une absidiole.

A noter un des rares chapiteaux historiés de l'église du Monastier, avec, au niveau de la croisée du transept, un tétramorphe.

Le chœur du XVIe siècle est constitué d'une travée droite et d'un rond-point à cinq pans. Il est ceint d'un déambulatoire qui ouvre sur cinq chapelles rayonnantes.

retours : Églises et chapelles

Cathédrales

Abbayes monastères et prieurés

Tous les édifices