Historique

Le rocher d'Aiguilhe est considéré comme une montjoie (pyramide de pierre élevé par les pèlerins) naturelle. Il s'agit d'un piton volcanique. Une légende celtique s'y rattache et des archanges y étaient traditionnellement vénérés. On trouve de nombreuses excavations dans la roche : elles accueillaient des ermites.

L'évêque Godescalc et Trianus (doyen de la cathédrale) sont à l'initiative de la première construction de la chapelle en 962. Elle s'inspire, de façon plus modeste, du modèle d'Aix-la-Chapelle. Cet édifice primitif a été englobé dans un monument plus vaste du XIIe siècle, dont le plan, très original, suit les contours de la plate-forme qui accueille l'église au sommet du mont.

La façade et le clocher sont de cette époque, ainsi que les fresques. L'ascension du mont est alors perçue comme un complément au pèlerinage consacré à la Vierge. En 1247, le clocher est foudroyé. En 1562, les protestants détruisent la statue de Saint Michel.

Au XIXe, l'architecte Mallay reconstruit le clocher. Prosper Mérimée ordonne un débadigeonnage en 1851. Anatole d'Auvergne restaure les fresques. Enfin, en 1955, l'autel est également restauré.

Visite extérieure

Au pied du rocher (88 mètres de haut et 57 mètres de diamètre à la base), on trouve les restes de la chapelle saint Gabriel. On peut approcher la chapelle saint Michel au terme d'une ascension de 268 marches. La chapelle primitive est plus élevée que celle du XIIe siècle et elle dépasse donc de l'enceinte.

L'entrée se situe sur la façade sud-est. Elle se distingue par ses lobes arabisants et sa polychromie caractéristique du roman auvergnat. Au centre, une grande arcade, soulignée par de petits carreaux en losange, est entourée de colonnettes surmontées de chapiteaux à motifs végétaux, animaux et humains. Cette arcade abrite trois lobes richement sculptés, aux écoinçons sont garnis de motifs végétaux.

Ils représentant l'agneau et deux groupes de quatre vieillards, vision évoquant l'Apocalypse. Au sein de cette arcade s'inscrit un tympan sans motifs. Deux têtes vomissant des rinceaux l'entourent, tandis que deux sirènes se montrent au linteau. L'une des sirènes a une queue de poisson, l'autre a une queue de serpent : à elles deux, elles amènent tous les maux de la terre et de la mer.

Au dessus d'une corniche, cinq arcades abritent des scènes sculptées. De gauche à droite, on voit Saint Jean, la Vierge, le Christ (avec l'alpha et l'oméga), Saint Michel et Saint Pierre.

Visite intérieure

Après un narthex d'une travée, un petit escalier correspondant à une seconde travée, mène à un couloir de huit travées irrégulières, voûtées d'arêtes, qui reposent sur des colonnes renflées à la base, ornées de chapiteaux à motifs végétaux.

Ces arcades entourent un espace voûté d'arêtes qui précède le chœur.

Le chœur, carré, est éclairé par plusieurs baies cintrées. Deux minuscules chapelles semicirculaires sont creusées au nord et à l'est. Ce sont des éléments de l'édifice primitif.

Le chœur est voûté d'une coupole faiblement pyramidale, ornée d'une fresque représentant le Jugement dernier. A l'est, on voit le Christ, les élus et les damnés, à l'ouest, saint Michel. Au nord et au sud se dressent des séraphins.

Deux autres chapelles ont été aménagées. Celle du sud-est comporte quatre petites travées qui surplombent l'escalier d'entrée. Un linteau encastré dans un mur signale l'emplacement de la porte du premier édifice. La chapelle du nord-est est à peine creusée. Les raccordements entre les deux églises sont maladroits.

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