Notre-Dame de Noyon

Historique

façade occidentale

       Notre-Dame de Noyon est un édifice dont l'influence fut déterminante dans l'évolution du gothique primitif, notamment parce qu'il est considéré comme le premier exemple achevé d'élévation à quatre niveaux (Saint-Germer de Fly constituant le prototype de ce type d'élévation).
       L'évêché de Saint Quentin est transféré à Noyon par Saint Médard en 531. Il est le cadre de plusieurs grands événements historiques, comme le sacre de Hugues Capet par l'archevêque de Reims, en 987. Trois cathédrales se succèdent avant la construction de l'édifice actuel. En 1131, l'édifice carolingien brûle. Ajouté au transfert des reliques de Saint Eloi, qui fait de Noyon un lieu de pélerinage, cet événement conduit à envisager la reconstruction gothique de l'église vers 1148.

Plusieurs campagnes de construction s'enchaînent de 1145 à 1235. L'essentiel du gros œuvre est réalisé vers 1185. On peut situer la date d'achèvement vers 1240. La construction du cloître commence immédiatement après. En 1293, un grave incendie survient, qui rend nécessaire une campagne de restauration au XIVe siècle.

La librairie attenante à la cathédrale

librairie du chapitre

Les voûtes sexpartites sont alors remplacées par des voûtes quadripartites. De nouveaux travaux sont faits au XVIIe siècle (reconstruction du second niveau des tours, modification du chœur), au XIIIe (ajout d'arcs-boutants au chevet).
Les restaurations effectuées entre 1884 et 1910 par l'architecte Selmersheim ont été vivement critiquées. La cathédrale, comme la ville de Noyon, a beaucoup souffert des bombardements de la guerre de 14-18, mais elle a été entièrement restaurée.

Visite extérieure

façade occidentale

       La façade occidentale date du XIIIe. Il s'agit d'une façade harmonique à quatre niveaux, dominée par des tours de 66 mètres de haut. Les trois portails sont abrités sous un porche profond. Le deuxième niveau est composé de trois baies à trois lancettes sous un arc de décharge brisé. Le troisième niveau est inégal : dans la tour nord on voit une galerie aveugle de quatre arcades, devancées par une balustrade et séparées par des colonnes fasciculées. Au centre et dans la tour sud, cette galerie comporte six arcades en plein cintre, reprosant sur de fines colonnettes. Dans tous les cas, le mur de fond est plein.

 Le dernier niveau est constitué par un petit pignon au centre et par un clocher dans les deux tours. Au nord, ce clocher est orné par deux arcatures à arcades géminées, surmontées d'un oculus et d'un arc de décharge en mitre. Au sud, l'arcature est composée de trois arcades. Dans les deux cas, les baies ouvertes sont garnies d'abat-sons. Le couvrement des tours est composé d'un toit en pente entouré de quatre clochetons.
Les contreforts entre les différentes parties de la façade sont très marqués. Au niveau des portails, contreforts saillants (petits arcs-boutants datant du XIVe siècle).
  Les ébrasements des portails ont été vidés de leurs statues, les voussures et les tympans ont été détruits. Il ne reste que quelques frises de motifs floraux (linteaux, trumeaux...). Le tympan central était consacré au Jugement dernier.

salle capitulaire

La façade est bordée à gauche par une vaste salle capitulaire (non visitable).

L'entrée de celle-ci, une belle porte ornée de voussures à crochets, se trouve dans le cloître.

entrée de la salle capitulaire

cloître

Ce dernier date du XIIIe siècle. Deux galeries ont été détruites en 1811. La galerie occidentale est très élégante. Chaque baie regroupe deux groupes d'arcades géminées, surmontés d'oculi polylobés.

Du cloître, on a une belle vue sur le croisillon nord.

Les arcs-boutants de la nef reposent sur des culées massives excepté pour les deux travées qui précèdent le transept.

croisillon nord

chevet

Le chevet s'élève élégamment au dessus de ses chapelles rayonnantes. Le niveau supérieur est soutenu par des arcs-boutants incurvés qui prennent appui sur le déambulatoire.

Visite intérieure

nef et choeur

      La longueur de l'édifice est de 103 mètres, la nef étant légèrement désaxée par rapport au chœur. Après un narthex d'une travée (dont l'élévation n'est qu'à trois niveaux), on trouve une nef de dix travées.

Elle comporte une élévation à quatre niveaux : de grandes arcades, une tribune à arcades géminées surmontées d'oculi trilobés et bordées par une balustrade en fer forgé, un triforium à baies de quatre arcades sobres et des fenêtres hautes. L'existence d'une alternance entre piliers forts et faibles rappelle qu'à l'origine les voûtes étaient sexpartites et non quadripartites. L'architecte a fait alterner les étages aveugles (grandes arcades, triforium) et les étages apportant une abondante lumière de manière indirecte (c'est-à-dire depuis le mur de fond de la tribune) ou directe (fenêtres hautes donnant directement sur la nef).

élévation de la nef

clef de voûte pendante de la chapelle de Bonsecours

L'une des chapelles latérales du collatéral sud est remarquable : il s'agit de la chapelle de Bonsecours, dont la construction a été décidée en 1528 par l'évêque Charles Ier de Hangest. Cette chapelle de 6 mètres de large pour 12 mètres de long, restaurée en 1928, est couverte par une voûte complexe à clefs pendantes. Le pendentif central représente le collier de l'ordre du St Esprit, dont faisait partie l'évêque.

       L'architecte de Noyon a pris le parti d'édifier un transept hémicirculaire (initiative qui n'a pas connu une grande postérité). Chaque croisillon comporte trois travées et un rond-point à cinq pans. L'élévation est là aussi à quatre niveaux.

plan de la cathédrale

croisillon nord

Dans le rond-point, les grandes arcades, aveugles, contiennent des niches vides (au sud, les niches ont été remplacées par des fenêtres au XIXe). Le triforium est composé de baies à trois arcades et mur de fond plein. Contrairement à ce que l'on voit dans la nef et dans le chœur, le triforium est situé en dessous de la tribune et non au-dessus.

croisillon nord

Cette tribune, à claire-voie, est faite de baies à étroites arcades géminées. Les fenêtres hautes sont à deux lancettes. Dans les travées droites, on trouve le même type de disposition (le triforium est à quatre arcades). Dans la première travée, la grande arcade ouvre sur le bas-côté.

croisillon sud

croisillon sud

choeur

       Le chœur comprend trois travées qui précèdent un rond-point à cinq pans donnant sur cinq chapelles rayonnantes. Dans les travées droites, on trouve de grandes arcades en plein cintre, une tribune (toujours à claire-voie) composée de baies à arcades géminées, un triforium à quatre arcades aveugles dans la première travée et cinq dans la seconde.
Les fenêtres hautes sont à baies simples. Dans le rond-point, les grandes arcades sont en arc brisé, la tribune n'a qu'une arcade brisée, le triforium ne comporte plus que trois arcades aveugles. Les travées sont séparées par des faisceaux de colonnettes rythmées par des tores. Les chapiteaux du déambulatoire constitue un florilège de l'expression sculpturale du XIIe avec une grande variété de motifs végétaux.

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