Saint Germer de Fly


Historique

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        Saint Germer de Fly est une abbaye incontournable de la première génération gothique, non par ses dimensions ou sa beauté mais par son caractère novateur. Son élévation à quatre niveaux serait peut-être antérieure à celle de Noyon, même si cette dernière demeure incontestablement le premier exemple vraiment accompli d'élévation de ce type.

        Fondée au VIIe siècle par Saint germer, l'abbaye de Saint-Germer de Fly est placée à partir du IXe siècle sous la tutelle de l'évêché de Beauvais. En 1132, les reliques de Saint germer, qui se trouvaient jusqu'alors dans la cathédrale de Beauvais, sont partiellement transférées à l'abbaye. La reconstruction de l'abbatiale est alors décidée et permise par de nombreuses donations. Les travaux sont continus jusqu'en 1167, date à laquelle ils sont interrompus (crise lors de l'élection de l'abbé Hildegaire II). La guerre de Cent ans nuit profondément à l'édifice, qui perd sa façade occidentale et les voûtes de six des travées de la nef (entre autres). Au début du XVIe siècle, un mur est élevé à l'ouest : il sert aujourd'hui encore de façade.

La congrégation de Saint Maur s'occupe de réformer l'abbaye à partir de 1644. De nombreux travaux sont entrepris au XVIIIe siècle : un portail est percé dans le mur ouest, le clocher est refait, une charpente en bois couvrent les six travées qui avaient perdu leurs voûtes au XIVe siècle. En 1790, les bâtiments de l'abbaye sont détruits.

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La disparition des édifices attenant à l'église fragilisent le côté nord. En conséquence, il a fallu reconstruire le bras du transept et le bas-côté nord en 1808.

Visite extérieure

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La façade de germer de Fly est très certainement la plus ingrate qui soit et n'est pas du tout à la hauteur du charme de cette église. Comme nous l'avons dit dans l'historique, l'abbaye a perdu sa façade d'origine dans un incendie. Le mur qui avait été construit pour combler l'orifice a seulement été percé d'un portail et d'une baie à trois lancettes qui le surmonte.

      Au chevet, les chapelles rayonnantes sont séparées par des contreforts épais qui montent jusqu'au niveau du triforium. A l'étage des fenêtres hautes, ces contreforts massifs sont remplacés par des contreforts colonnes très légers.

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La frise de modillons qui court sous le toit est finement sculptée. L'ensemble formé par le chevet et la chapelle de la Vierge est magnifique.

Visite intérieure

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        L'abbatiale mesure 65 m de long et ses voûtes quadripartites atteignent 20 mètres de haut. Sa nef, flanquée de bas-côtés étroits, comporte huit travées. L'élévation à quatre niveaux est composée de grandes arcades, d'une tribune aveugle dont les baies sont marquées seulement par un arc en plein cintre, d'un triforium à baies rectangulaires aveugles et des fenêtres hautes à baie simple. L'étagement de l'élévation, tout en restant visible, prend donc l'aspect d'un mur plein aux deux niveaux intermédiaires.

On ne trouve pas la légèreté et la lumière de Noyon. Quant au décor des chapiteaux, il reprend des éléments classiques du gothique (feuilles d'acanthe, palmette).

        Le transept est saillant, avec deux travées dans chaque croisillon. L'élévation est à trois niveaux seulement. Le triforium est assez élégant : deux arcades géminées sont réunies par un arc en plein cintre. Le remplage est percé d'un oculus. Dans le mur de fond, le triforium est à claire-voie et il est surmonté d'une large fenêtre haute à trois lancettes.

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        Le chœur ne comprend qu'une seule travée à laquelle s'ajoute un rond-point à cinq pans. Dans le rond-point, l'élévation ressemble à celle de la nef à ceci près que la tribune n'est plus aveugle. Elle est composée de baies géminées surmontées d'un oculus, sauf au centre où la baie est occupée par une statue. Le triforium reste en revanche aveugle (mais il ne l'était pas à l'origine).

On peut noter la clef de voûte de l'abside d'où partent des ogives décorées par des frises de losanges et de cercles. Le déambulatoire ouvre sur trois chapelles rayonnantes et un étroit passage donnant sur une chapelle axiale dédiée à la Vierge.

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La Chapelle de la Vierge

        Construite à l'initiative de l'abbé Pierre de Wessencourt (abbé en 1259), elle date du XIIIe siècle. Elle est reliée au chevet de l'église (dans l'axe) par un passage étroit. Celui-ci se compose de trois travées éclairées par de petites baies à quatre lancettes, surmontées d'un gâble à l'extérieur. Ce passage peu élevé, qui s'adapte à l'élévation du chevet, a permis un développement important de la chapelle mariale.

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        La façade occidentale de la chapelle est encadrée par deux tourelles d'escalier polygonales. Leurs deux premiers niveaux ne sont percés que de meurtrières mais au troisième niveau ces meurtrières sont surmontés de petits gâbles. Elles sont couronnées de lanternons couvert par des flèches de pierre.

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        Les baies du vaisseau sont séparées par des contreforts à trois ressauts et surmontées de gâbles ajourés, reliés par une petite balustrade qui entoure le toit.

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        A l'intérieur, la chapelle comporte quatre travées barlongues, avec une élévation à deux niveaux, au premier niveau, le mur est orné d'arcatures aveugles de faible hauteur. Le second niveau est occupé par de grandes baies vitrées (qui rappellent celles de la Sainte Chapelle) à quatre lancettes, unies deux à deux et surmontées d'oculi quadrilobés précédant un oculus plus large à six lobes.
        La chapelle se termine par un rond-point à sept pans, éclairé par des fenêtres à deux lancettes, surmontées de trois petits oculi polylobés.

        Le revers de la façade est à deux niveaux. Au premier, une porte en arc brisé est encadrée par quatre arcatures aveugles et tréfilées. Les écoinçons sont garnis de petits oculi quadrilobés et de trèfles. Au second niveau, on trouve une grande rose rayonnante précédée d'une balustrade. Elle s'inscrit dans un carré dont les écoinçons sont garnis par trois oculi polylobés (un grand et deux petits dans chaque écoinçon).

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        Côté nord, une porte qui donne sur le jardin est percée au niveau de la première travée. A l'intérieur, elle est surmontée d'un tympan en arc brisé qui contient au centre un oculus aveugle à six lobes, encadré par deux petits oculi trilobés. A l'extérieur, le tympan est plus haut. Il orné de trois lancettes (tréfilées pour les deux lancettes latérales) et d'un grand oculus à six lobes, rayonnant autour d'une tête humaine. Malheureusement il est inaccessible.

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