L'existence de l'évêché
d'Urgell est attesté depuis le VIe siècle. La
ville est reprise aux arabes par Charlemagne vers 788. La
cathédrale
est alors située sur les hauteurs, comme le château.
Au IXe siècle, elle s'installe dans les faubourgs,
au milieu d'autres églises paroissiales. Une nouvelle
cathédrale, dédiée à Notre-Dame
est fondée en 1010 par l'évêque Armengol.
Elle est consacrée en 1040. Détruite au début
du XIIe siècle, elle est immédiatement reconstruite
vers 1116. Intervient ensuite l'architecte Ramón Lombardo,
qui procède au voûtement et à l'édification
de la coupole
et des tours, tâches terminées en 1175. Les travaux
sont définitivement arrêtés en 1195 en
raison de luttes locales. Les moyens matériels se concentrent
ensuite autour de la construction de la cathédrale
de Lérida.
Une restauration abusive, au XVIIIe, a altéré
l'intérieur de l'édifice mais les restaurations
du XXe siècle ont restitué les éléments
romans.
Le massif possède trois
niveaux au centre. Le portail
central est surmonté d'une frise abritant des monstres et
des personnages accroupis et de deux hauts-reliefs représentants
des lions.
Au niveau supérieur, se trouvent trois baies cintrées,
large au milieu, étroites sur les côtés. Le pignon
est orné de bandes
lombardes. Il est percé de deux oculi
et d'une fenêtre. Une tourelle carrée à deux niveaux,
percés de petites baies, couronne le massif.
Deux tours carrées s'élèvent
sur les extrémités du transept.
Inachevées, elles dépassent à peine le sommet du
transept. La croisée est couronnée par une coupole
octogonale.
On trouve un portail au niveau
de la dernière travée de la nef,
au nord. Il est surmonté d'une frise de bandes lombardes
soulignée par des redents.
Ses ébrasements contiennent des colonnettes dont les
chapiteaux sont ornées d'un bestiaire
fantastique.
La partie supérieure du chevet
est composée d'une galerie d'arcades
reposant sur de fines colonnettes géminées.
La partie inférieure est rythmée par de fines colonnes
engagées. Une rose
est percée dans le mur qui domine l'abside.
Le cloître
est accolé au flanc sud de l'église. La porte qui relie la
nef au cloître est surmontée de boudins
toriques ornés de petites boules qu'on retrouve sur les
piliers de la nef.
Ses galeries sont couvertes
d'une charpente. Toutes les galeries datent du XIIe siècle,
exceptée la galerie est, reconstruite au XVIIe. (ci-contre
à gauche, galerie nord, à droite, galeries nord et est).
Les chapiteaux
sont ornés de végétaux et d'animaux réels ou
fantastiques. Ils soutiennent des arcs en plein cintre.
Elle est voûtée en berceaucintré
alors que les bas-côtés
sont couverts par une voûte d'arêtes.
Les piliers cruciformes soutiennent des arcs en
plein cintre. Des colonnes engagées descendent dans
les angles des piliers cruciformes elles sont ornés
de motifs végétaux et animaux. Un étrange décor
de petites boules de pierre orne les piliers.
La croisée du transept
est couverte par une coupole sur trompes
qui forme une sorte de rectangle aux angles
arrondis. Une frise de corbeaux
souligne le tracé de la coupole, qui est percée de
quatre baies. En son centre se croisent des boudins
toriques.
Chaque bras du transept, voûté
en berceau cintré, s'ouvre sur deux absidioles peu
profondes. Elles sont surmontées de tribunes
à baies géminées.
Les colonnes qui marquent l'entrée des absidioles
ont des chapiteaux
à motifs végétaux. Des chapelles closes se
situent aux extrémités des bras du transept.
Transept sud
Au centre s'élève une
abside
semi-circulaire. Elle est ornée de hautes arcatures
aveugles et possède en son centre une sorte de
chapelle plus profonde et beaucoup moins élevée,
surmontée d'une baie étroite. Le mur de raccord
avec le transept est percé d'une petite rose.
Sant Miquel
Il s'agit d'une
petite église adossée au flanc sud du cloître.
Elle fut d'abord dédiée à sant Pere (saint
Pierre, en catalan) en 840.
La nef
est couverte par une charpente sur arcs
diaphragme. Elle se termine par une abside
et deux absidioles voûtées en cul-de-four.
Les croisillons
du transept qui donnent sur les absidioles
sont voûtés d'un berceau
perpendiculaire à la nef.