le Diable
 

Les personnifications du mal

Le Démon dans l'optique chrétienne

 
Le mot n'a qu'une étymologie (diabolus en latin, diabolos en grec), le préfixe di ou dia contenant l'idée de division, et le sens de « se jeter en travers », « calomnier ». Mais le Diable a beaucoup de noms, révélant ainsi qu'on le considère comme universel et sachant prendre de nombreuses formes.  

Les personnifications du mal

Il est Mâra qui tenta le Bouddha, Belzébuth (Baal Zebub) chez les Philistins, Ham Shatan, Satan pour les Hébreux, Ahriman, le dieu du Mal des Perses, Lucifer pour les Pères de l'Église, Méphisto dans la légende du docteur Faust, Iblis, qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran. Selon une légende talmudique, il est Lilith, la seconde femme d'Adam.

 
 

Quelques traits communs caractérisent tous ces diables. Ils symbolisent ou personnifient le mal. Esprit ou ange, opposé à la divinité, le Diable est un être de feu, régnant dans l'Enfer. Mais il revient tenter les hommes, présent dans les désirs, le vin... et peut même s'emparer de leur corps, les posséder.

 
 

Le Diable, présent dans une multitude de contes, de légendes, d'expressions et de proverbes populaires, demeure l'objet de cultes sataniques.

 

Le Démon dans l'optique chrétienne

La théologie catholique présente Satan comme le chef des anges rebelles à Dieu. Vaincus par les anges fidèles conduits par l'archange Michel, ils ont été chassés du Ciel et condamnés à l'Enfer. Mais ils reviennent sur Terre, « cherchant à nuire aux hommes en les portant au mal par la tentation ». Ces démons peuvent être chassés du corps d'un possédé par l'exorcisme.

 
 

Les termes employés pour qualifier le Diable révèlent clairement ce qu'il personnifie: le Séducteur, le Tentateur, le Menteur, le Malfaisant, le Mauvais, le Malin, l'Accusateur, l'Adversaire, l'Ennemi, le Prince de ce Monde... C'est la « Bête » de l'Apocalypse. Elle s'incarne sous les apparences du serpent.

 
 

Cette croyance au Diable prend sa source dans quelques textes bibliques: la Genèse (43, 1), le livre d'Enoch et de Job, et dans le récit évangélique des tentations du Christ. Elle a été très vive au Moyen Âge.

 
 

Les papes se sont peu engagés sur cette doctrine. Jean III, au VIe siècle, et le concile de Braga ont condamné ceux qui refusent de croire aux démons, les anges déchus. Le concile de Latran IV (1215) et le concile de Trente ont seulement confirmé que le Démon a entraîné et entraîne l'homme à pécher, et le pape Paul VI, au XXe siècle, l'a défini comme un «être purement spirituel». Il est l'orgueil qui incite l'homme à se vouloir semblable à Dieu, sa pire ruse consistant à faire croire qu'il n'existe pas.