la gnose
 
Le terme de gnose désigne diverses tendances qui ont toujours existé dans les grandes religions monothéistes, et qui présentent des points communs aussi bien avec la pensée néoplatonicienne qu'avec les spiritualités orientales.  

Gnose signifie connaissance. Il s'agit de la connaissance intérieure, par laquelle l'homme appréhende le divin, indépendamment de tout dogme, de tout enseignement; la gnose s'apparente ainsi au mysticisme. Les gnostiques considèrent que Dieu ne peut être en contact avec le monde, essentiellement mauvais, œuvre du Démiurge. La matière est assimilée à l'ignorance, au mal, et la vie terrestre résulte d'une chute de l'esprit dans cette matière, perte de l'unité originelle avec Dieu. L'homme, prisonnier des dualités (bien/mal, âme/corps, connaissance/ignorance), ne garde plus de son origine divine que la vague nostalgie d'un paradis perdu. Mais le principe divin, l'âme, est en lui, et la recherche spirituelle peut le mener au salut en libérant l'âme de sa prison corporelle.

 

Les gnostiques s'attachent au sens ésotérique des textes sacrés, qu'ils n'envisagent pas dans une perspective historique. Par exemple, la Résurrection est pour eux révélation intérieure, éveil de l'âme; la fin du monde est la fin des dualités, l'union retrouvée avec Dieu. En rejetant les dogmes, la hiérarchie, l'autorité du clergé, les mouvements gnostiques s'attirèrent l'hostilité acharnée de l'Église officielle.