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Introduction
La
première Église · Le
schisme entre Orient et Occident · La
Réforme La
foi catholique · La
Révélation · L'Église
catholique · La
Tradition L'institution
catholique · Le
gouvernement de l'Église · L'Église
locale · Ordres
et mouvements Le
catholicisme à la fin du XXe siècle · Vatican II · La
tentation intégriste Le
catholicisme dans un monde déchristianisé
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Introduction
La religion des chrétiens qui
reconnaissent l'autorité spirituelle et juridictionnelle du pape s'est
historiquement implantée d'abord en Orient puis en Occident, au point
qu'elle en est devenue une composante culturelle majeure. Après avoir
gagné des fidèles sur d'autres continents, le centre de gravité du
catholicisme s'est déplacé, à la fin du XXe siècle, vers
le sud de la planète. Avec environ un million de fidèles, il représente
une des religions monothéistes les plus influentes dans le monde. |
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«Totalité et universalité», tel est le sens en grec ancien du terme
katholikos, par lequel est désignée, dès le
IIe siècle apr. J.-C., l'Église qui avait été
fondée par Jésus et qui est restée attachée à ce titre ancien après les
divisions apparues au sein du monde chrétien. Pour elle, ce mot exprime
l'unité de foi de ses communautés locales et la portée universelle de son
message: Dieu s'est fait homme pour sauver l'humanité. |
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La première Église
À la Pentecôte, les disciples de Jésus partent diffuser la «bonne
nouvelle» à toutes les nations. Des communautés chrétiennes naissent à
leur passage, dans tout le bassin méditerranéen. Elles croient en
Jésus-Christ, en qui elles voient le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour
le salut de tous les hommes, et pratiquent les sacrements du baptême
(entrée dans la communauté) et de l'eucharistie (partage du pain et du
vin, corps et sang du Christ). |
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Selon l'Évangile, Jésus avait lui-même désigné parmi
ses apôtres un homme, qu'il nomma Pierre: «Tu es Pierre, et sur cette
pierre je bâtirai mon Église.» Face à la multiplication des communautés,
il fallut structurer les formes de cette Église (assemblée), qui était
appelée à préserver le message du Christ en le protégeant des
interprétations erronées. |
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Pour les seconder dans leur mission, les Apôtres nomment, en leur
imposant les mains sur la tête, des presbytes («anciens»), auxquels ils
confient la tâche d'enseigner la foi aux communautés et de les maintenir
dans la fidélité au Christ, dont ils ont eux-mêmes reçu leur mission.
Bientôt, des episkopoï («surveillants») seront chargés de la
responsabilité d'un collège de presbytes puis d'un ensemble de communautés
d'un même territoire (Église locale). |
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Le martyre de Pierre à Rome désigne le siège épiscopal de la ville
comme celui autour duquel doit s'affirmer l'unité de l'Église et de la
foi. C'est ainsi que dans l'Église ancienne est établie, vers le
Ier siècle, la primauté de l'évêque de Rome, successeur de
Pierre. |
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Les enseignements du Christ sont d'abord transmis par voie orale. Aux
premiers écrits chrétiens, notamment les lettres adressées par Paul aux
communautés qu'il a fondées, vont succéder les Évangiles de Matthieu,
Marc, Luc et Jean. Là encore, devant la multiplication de ces écrits, il
fallut légiférer pour authentifier ceux qui étaient fidèles à
l'enseignement du Christ. Après de nombreuses confrontations, un corpus
fut rassemblé sous le nom de «Nouveau Testament», en même temps que les
écrits juifs (la Torah) étaient rebaptisés «Ancien Testament». |
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Le schisme entre Orient et Occident
Persécuté du Ie au IVe siècle, puis toléré
et enfin reconnu comme religion officielle par l'empereur Constantin, à
l'aube du IVe siècle, le christianisme parvient à
s'établir dans l'Empire, tout en maintenant son unité ecclésiale et
doctrinale jusqu'au Xe siècle. Cependant se développent au
sein de l'Église de nombreux débats théologiques, tranchés lors de grands
conciles où sont élaborés et fixés des éléments essentiels de la doctrine
chrétienne, comme l'universalité du christianisme (Jérusalem, en 49),
la Trinité de Dieu (Nicée, en 325, Constantinople, en 381), la nature
de Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu (Chalcédoine, en 451). Après
l'éclatement de l'Empire romain, les divergences entre Orientaux et
Occidentaux se font de plus en plus sentir. |
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Alors que l'Église orientale reste sous la tutelle de l'empereur de
Constantinople, l'Église latine doit, elle, suppléer le pouvoir politique,
qui s'est effondré en Occident avec l'Empire romain. Rome y gagne en
autorité non plus seulement spirituelle, mais aussi temporelle. L'Église
d'Orient, déjà opposée à l'Église latine sur la formulation du dogme de la
Trinité, reproche à l'Église latine son autorité centralisatrice.
En 1054, la rupture est consommée entre le pape Léon IX et
Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople. L'Église latine garde le
nom ancien de «catholique» et celle d'Orient prend celui d'«Église
orthodoxe». Certaines Églises feront néanmoins retour à la communion
catholique, notamment au XVIIIe siècle, tout en gardant
leurs rites de tradition orientale. |
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La Réforme
Face au pouvoir temporel de plus en plus hégémonique de l'Église en
Europe, les critiques se lèvent pour dénoncer les pesanteurs et les
compromissions de l'appareil clérical. Les thèses de Luther (1517)
dénonçant les indulgences marquent le début de la Réforme, qui donne
naissance aux Églises protestantes. Ce mouvement de contestation aspire à
une simplification et à une personnalisation de la religion, en
préconisant notamment la lecture directe de la Bible par le croyant. Grâce
au développement de l'imprimerie, il parviendra en effet à retirer aux
clercs et à l'Église le monopole de la pratique des Saintes
Écritures. |
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La dénonciation des abus se transforme en critique fondamentale de
l'appareil ecclésial et conduit au réexamen de certaines thèses de la
doctrine catholique. Il en résultera une pluralité d'Églises et une
théologie en phase avec le mouvement des Lumières, qui privilégie la
démarche libre et individuelle de l'homme. Dans sa volonté de retrouver la
pureté des origines, la Réforme tend à minimiser l'enseignement de
l'Église au profit de celui de la Bible. |
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Dans le protestantisme, il n'y a pas d'épiscopat sacramentel, mais un
sacerdoce commun à tous. Le baptême et la Cène (partage du pain et du vin)
sont les seuls sacrements retenus, et toute pratique de dévotion ou toute
démarche visant à s'assurer du salut sont rejetées: le salut ne s'achète
pas, il est obtenu par la grâce de Dieu et non par les oeuvres. |
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L'Église catholique tente de répondre à ces vives attaques par la
Contre-Réforme en réaffirmant notamment l'autorité du pape ainsi que son
attachement à la Tradition, à son magistère, aux sacrements et au salut
par les oeuvres. |
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La foi catholique
La foi catholique consiste en l'adhésion aux enseignements de l'Église
portant sur les vérités que Dieu a révélées par son Fils. Elle se
caractérise précisément par la définition des voies d'accès à ces vérités
et au salut qu'elles portent en elles: la Révélation, l'Église et la
Tradition, qui forment un tout indivisible. |
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La Révélation
Selon la religion catholique, Dieu s'est révélé aux hommes à travers
l'histoire du peuple juif, auquel il a proposé son alliance, avant de se
révéler pleinement à travers son Fils –
Jésus-Christ mort et ressuscité –, en qui il
s'est incarné. |
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Le Dieu révélé par le Christ est un Dieu unique mais en trois
hypostases: le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est créateur de toute
chose et de toute vie. Empli de bonté envers sa création, il renouvelle à
travers le sacrifice de son Fils sur la croix son alliance avec le peuple
juif puis avec tous les hommes. Les chrétiens, en effet, croient non
seulement à la résurrection du Christ, mais aussi à la résurrection des
morts et à la vie éternelle: le salut. |
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L'enseignement du Christ peut se résumer par cette phrase de l'Évangile
de Luc (Luc X, 27): «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, et de
tout ton esprit. Et tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Le mot
«alliance» traduit un lien de réciprocité entre Dieu et l'homme, et il
exprime la «solidarité» de Dieu avec tout homme. Aussi toute adhésion de
foi comporte des exigences d'engagement de solidarité humaine et
sociale. |
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La Révélation est tout entière contenue dans la vie, la mort et la
résurrection du Christ. Les textes bibliques conservés par la Tradition
transmettent les récits qui en ont été faits par les premiers
chrétiens. |
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L'Église catholique
Dépositaire et interprète autorisée des vérités chrétiennes, l'Église
veille au maintien de l'unité de la foi. Dans le catholicisme, c'est à
elle, à l'assemblée des fidèles, que sont transmises les Écritures, et non
pas à chacun de ses membres, d'une manière individuelle. |
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L'Église catholique ne peut admettre sans difficulté l'existence de
plusieurs Églises chrétiennes. Selon elle, la volonté du Christ,
réaffirmée dans le Credo de Nicée, est que son Église soit «une, sainte,
catholique et apostolique», et ce non seulement d'un point de vue
théologique, comme orthodoxes et protestants s'accordent à le croire, mais
aussi dans sa réalisation concrète. |
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La conviction avec laquelle l'Église catholique revendique comme
légitime le droit de rassembler tous les chrétiens repose sur trois
éléments fondamentaux: |
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– la succession apostolique. Les évêques
continuent avec le pape la mission confiée par Jésus aux Apôtres. Leur
ordination dans l'Église (par imposition des mains et sacrement de
l'ordre) les investit des pouvoirs de gouverner, d'enseigner et de donner
les sacrements au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; |
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– la prédication de la Parole. De même que
les premiers disciples ont reçu de Jésus l'Esprit saint, de même le
collège des évêques et le pape sont assistés par l'Esprit lorsqu'ils
doivent énoncer les vérités de foi; |
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– les sacrements. La présence du Christ dans
l'Église se manifeste par l'Église elle-même et par les sacrements – signes sacrés porteurs de grâces et institués par le
Christ –, à travers lesquels l'Esprit opère le
don de Dieu. L'Église catholique dispense sept sacrements: le baptême et
l'eucharistie (communs à toutes les Églises chrétiennes), la confirmation,
le mariage, l'ordre, la réconciliation (pardon) et l'onction des malades
(extrême-onction) pratiqués également dans les Églises orthodoxes. Par le
sacrement de l'ordre (ordination), les clercs –
diacres, prêtres, évêques – reçoivent le pouvoir
de transmettre la grâce de Dieu par les sacrements. |
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La Tradition
L'Église assure la présence du Christ à travers les âges en tant que
dépositaire des Écritures, mais aussi de la Tradition. |
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Dans le catholicisme, la Tradition englobe l'ensemble des
enseignements, des dogmes et des pratiques cultuelles que l'Église a
adoptés tout au long de son histoire. |
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Loin de penser que son épaisseur risque de rendre opaque la vérité du
Christ, l'Église catholique considère que la Tradition garantit la
transmission fidèle et intégrale de la Révélation. |
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Par son action théologique, dogmatique, liturgique et même sociale,
l'Église s'efforce sans cesse d'approfondir le mystère chrétien. Les
nouveaux dogmes qu'elle élabore ne sont pas censés apporter de nouvelles
vérités, mais éclairer un aspect de la vérité déjà révélée dans sa
plénitude par le Christ. Ainsi, la vérité discernée à un moment donné par
l'Église des fidèles n'est pas désavouée par les générations suivantes,
mais elle est conservée dans la Tradition, tout en étant
réinterprétée. |
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Il existe une manière moderne d'adopter des dogmes qui tend à
s'éloigner d'une conception «doctrinaire» de la Tradition et qui prend en
compte la dimension historique de la parole doctrinale de l'Église. En
témoignent les paroles du pape Jean XXIII au concile Vatican II
(1962): «Autre chose est le dépôt même ou les vérités de la foi, autre
chose est la façon selon laquelle les vérités sont exprimées, à condition
toutefois d'en sauvegarder le sens et la signification.» |
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À toutes les époques et dans les divers contextes culturels, l'Église
catholique professe toujours sa foi dans l'assistance par l'Esprit saint
pour interpréter et actualiser le message évangélique, en le préservant
des interprétations subjectives et en lui conservant son authenticité et
son unité. |
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L'institution catholique
L'Église catholique possède une structure à la tête de laquelle se
trouve le pape, suivi – dans l'ordre
hiérarchique – par les évêques, les prêtres, les
diacres et les laïcs ou simples fidèles. |
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Le gouvernement de l'Église
Avec ses deux mille ans d'histoire et ses nombreux fidèles répartis
dans le monde, l'Église catholique se révèle être une institution dont le
gouvernement est fort complexe: elle compte 2 500 circonscriptions et 1 800 diocèses, divisés en 37 000 paroisses ou centres, 3 900 évêques, 250 000 prêtres diocésains, autant de religieux et
1 million de religieuses, 10 000
diacres permanents et environ 260 000
catéchistes missionnaires. |
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Le Vatican
Le support territorial de l'Église catholique
est l'État de la cité du Vatican, dont le statut a été établi par les
accords du Latran, en 1929. Ce vestige des États pontificaux,
institués au VIIIe siècle pour garantir au pape une
indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, couvre un territoire de
44 ha. La cité du Vatican jouit d'un statut de neutralité et
d'inviolabilité. Cet État particulier à maints égards est doté d'un
gouvernement propre. Sa population s'élève à environ 900 personnes,
principalement occupées dans la curie romaine. |
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Le pape
Au sommet de la hiérarchie, le pape est le garant de la continuité
apostolique. Occupant le siège épiscopal de l'apôtre Pierre, il est évêque
de Rome. Il nomme les évêques. Élu par le Sacré Collège des cardinaux et
choisi parmi eux, il est aussi le signe visible de l'unité de l'Église. À
ce titre, il représente l'autorité suprême, arbitrant toutes les décisions
concernant la vie de l'Église, l'expression de la foi et les grandes
questions posées par les évolutions de société. Toutes ses décisions et
déclarations n'engagent pas la foi catholique au même degré: une
encyclique papale n'a pas la valeur d'un dogme, qui est l'énonciation d'un
article de foi. |
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Aux périodes défensives de son histoire, l'Église catholique s'est
recentrée autour de l'autorité du pape, notamment après le schisme
d'Orient (au moment même où l'Église orthodoxe a conservé des traditions
plus pluralistes en son sein), mais aussi lors de la Réforme, puis au
début de la modernité issue des Lumières et de la Révolution française.
En 1870, au premier concile du Vatican, l'Église s'est attachée à
redéfinir la primauté et l'infaillibilité de son chef. Près d'un siècle
plus tard, le concile Vatican II a rééquilibré l'autorité papale en
réhabilitant dans ses fonctions primitives la collégialité des
évêques. |
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Conciles et synodes
La collégialité épiscopale confère une responsabilité à tous les
évêques, qui exercent leurs pouvoirs sous l'autorité du pape. C'est au
chef suprême de l'Église qu'incombe, en effet, le droit de les réunir tous
en concile oecuménique (dont le dernier était
celui de Vatican II) ou en synode, c'est-à-dire en assemblée
régionale ou locale (qui rassemble, par exemple, les évêques africains).
Cependant, depuis le dernier concile, des conférences épiscopales
nationales ou locales (par exemple, la Celam, la Conférence des évêques
d'Amérique latine) se tiennent régulièrement à leur propre
initiative. |
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Le Sacré Collège
Assemblée des cardinaux – évêques élevés à ce
rang par le pape –, il joue un rôle de conseil
particulier auprès du chef suprême de l'Église. Le rôle de cette assemblée
consiste essentiellement à élire le nouveau pape, mais, selon la règle
édictée par Paul VI en 1970, ne participent au vote que les
cardinaux qui ont moins de 80 ans. Le Sacré Collège, qui compta 70
cardinaux de Sixte Quint à Jean XXIII, en rassemble aujourd'hui
plus de 150. |
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L'Église locale
Circonscrite par un territoire – le diocèse
– plus ou moins vaste selon les régions du
monde, l'Église diocésaine constitue l'unité de base de l'Église, dans
laquelle la continuité apostolique est assurée par l'évêque. |
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L'évêque
Nommé par le pape, il est choisi parmi les prêtres et ordonné par des
évêques. L'Église en compte actuellement 3 900. La plupart d'entre eux sont à la tête d'un
diocèse, qui est organisé en paroisses que l'évêque confie à des prêtres.
L'évêque, qui a pouvoir de juridiction, est responsable en particulier de
la pastorale (enseignement et mission) et des prêtres de son
diocèse. |
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Les prêtres
Ordonnés par l'évêque, ils entrent au service de l'Église diocésaine.
Ce sont exclusivement des hommes faisant vœu de
célibat (sauf dans les Églises catholiques de rite oriental où des hommes
mariés peuvent être ordonnés). Ils reçoivent de l'évêque le pouvoir de
dispenser tous les sacrements sauf l'ordination des nouveaux prêtres
(réservée aux évêques), président les célébrations liturgiques, organisent
les nombreuses activités de catéchisme, d'entraide, de réflexion au niveau
paroissial et diocésain. |
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Les diacres
Ils constituent, au sein de l'Église, le premier degré de la hiérarchie
et du sacrement de l'ordre. Tirant son origine d'une tradition ancienne,
le diaconat a récemment été remis en honneur par le concile
Vatican II comme service spécifique de la communauté croyante ouvert
aux hommes mariés. On parle alors de diacres permanents. |
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Les laïcs
Ce sont les membres les plus nombreux de l'Église, qui ne sont ni
clercs ni religieux. Les laïcs voient leur participation à la mission
évangélique de l'Église mieux reconnue dans les sociétés laïcisées de la
fin du XXe siècle. |
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La liturgie
Ensemble des célébrations officielles du culte rendu à Dieu, la
liturgie s'organise ordinairement au niveau de la communauté paroissiale.
Ces célébrations publiques, qui ont lieu habituellement le dimanche ou le
samedi soir, rassemblent à l'église les catholiques établis à proximité.
Un calendrier liturgique répartit sur une année la célébration des grandes
étapes de la vie du Christ (sa naissance est fêtée à Noël, sa résurrection
à Pâques, etc.). |
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La principale liturgie est la messe, qui comprend deux grandes parties,
la première étant consacrée à la lecture et aux commentaires de la Parole
(sermon ou homélie), la seconde à l'eucharistie et à l'action de grâce.
Comme le Christ l'a enseigné aux Apôtres à la veille de sa mort, les
catholiques partagent le pain et le vin dans l'eucharistie, un sacrement
qui, plus qu'un acte dédié à la mémoire du Christ, est, dans la théologie
catholique, sa transsubstantiation. Par la communion, les croyants
participent à la vie du Christ, reçoivent son corps et son sang comme une
nourriture spirituelle qui les sanctifie. |
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Les catholiques, de même que les orthodoxes, prient la Vierge et les
saints, intercesseurs auprès de Dieu. |
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Ordres et mouvements
En dehors des activités organisées autour des paroisses et, plus
généralement, dans le cadre de la structure ecclésiastique, il existe
d'autres formes de vie religieuse, plus dépouillées, plus disciplinées et
souvent plus communautaires. Les ordres, les missions et les mouvements
représentent des formes très différentes d'engagement au nom de la foi
catholique. |
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Les ordres religieux
À l'instar des plus connus d'entre eux, comme
les Bénédictins et Bénédictines de saint Benoît
(VIe siècle), les Franciscains de saint François d'Assise
(XIIIe siècle), les Clarisses de sainte Claire
(XIIIe siècle), les Dominicains de saint Dominique
(XIIIe siècle) ou les Jésuites d'Ignace de Loyola
(XVIe siècle), tous les ordres religieux suivent des
règles de vie qui répondent aux trois appels évangéliques: la pauvreté, la
chasteté et l'obéissance. Ils se différencient néanmoins par leur
principale activité: la prédication, l'action missionnaire et sociale ou
encore la prière (notamment dans les ordres contemplatifs vivant dans des
monastères). Contrairement à la prêtrise, les ordres admettent hommes et
femmes, mais dans des communautés séparées. Le statut de religieux n'est
pas incompatible avec la prêtrise, tant et si bien que beaucoup de
religieux sont également prêtres. Par ailleurs, certains ordres (comme les
Dominicains et les Franciscains) ont institué un «tiers ordre», dans
lequel sont regroupés des laïcs, mariés ou non, qui, tout en continuant à
vivre dans le monde, s'engagent à suivre certains préceptes de la règle
adoptée par l'ordre auquel ils appartiennent. |
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Les ordres religieux ont, pour la plupart, essaimé sur tous les
continents. Les responsables des communautés dépendent, selon les cas, de
l'évêque du lieu ou d'une autorité centrale rattachée directement au
Saint-Siège. |
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Les mouvements
Ils rassemblent des catholiques désireux d'agir au nom de la foi, de la
justice et de la charité chrétiennes dans le cadre d'un des nombreux
organismes existants, associations ou institutions. Alors que certains
d'entre eux ont une dimension seulement locale, d'autres (comme Caritas
International, dont fait partie le Secours catholique français) sont
internationaux. |
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Ces mouvements allient à des degrés divers l'étude ou la formation
religieuse, l'approfondissement spirituel et l'action caritative ou
sociale. Une tension existe cependant entre ceux qui seraient tentés
d'oublier le «monde» et ceux qui, au contraire, s'engagent «dans le monde»
sans mettre en avant leur identité de membres de l'Église. |
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À travers ces nombreux engagements, le catholicisme continue d'être
actif dans les domaines de l'enseignement et de l'assistance hospitalière
ou caritative, qu'il avait longtemps eus en charge. Avec la révolution
industrielle du XIXe siècle, il s'est investi sur le
terrain social pour dénoncer la «misère imméritée des ouvriers»
(encyclique Rerum novarum de Léon XIII, en 1891) et pour
y chercher remède. Connu sous le nom de catholicisme social, ce mouvement
déboucha sur l'action politique, conduite par les partis de la démocratie
chrétienne, et prépara l'éclosion de l'apostolat des laïcs, notamment
l'Action catholique en France. |
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La présence de plus en plus nombreuse de missionnaires dans les pays du
tiers-monde a permis aux catholiques de participer à la lutte pour le
développement des pays du Sud et de porter assistance aux plus
défavorisés. |
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