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Introduction
La
«doctrine de l'âme» de Tylor
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Introduction
En métaphysique, l'animisme
désigne la doctrine, reprise d'Aristote par les scolastiques, selon
laquelle l'âme est le principe vital qui permet le développement de la vie
organique comme celui de la pensée. |
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Le terme désigne aussi la croyance selon laquelle la nature est régie
par des «esprits». Selon les peuples, ces esprits sont présents non
seulement dans les êtres vivants mais aussi dans les êtres inanimés et
dotés de vertus variables (déplacement, vie après la mort, etc.). Ils
peuvent rappeler des aspects de l'âme telle qu'elle est définie dans la
notion occidentale mais n'y sont pas réductibles. |
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La «doctrine de l'âme» de Tylor
En ethnologie, le terme «animisme» se réfère avant tout à la théorie de
E.B. Tylor qui, dans son ouvrage Primitive culture, publié
en 1871, désigne ainsi la «doctrine de l'âme». |
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Le primitif, confronté aux expériences de la mort et de la maladie,
d'une part, et aux visions qui apparaissent en rêve, d'autre part, aurait
conclu à l'existence de l'âme, présente dans son corps. C'est une vapeur,
un fantôme, un souffle, une entité impalpable et invisible qui peut se
détacher du corps, se déplacer rapidement et prendre possession d'un autre
homme pour le faire agir. Logiquement, le primitif en déduit que les
animaux et les plantes possèdent une âme, puisqu'à l'identique des hommes
ils connaissent la vie, la maladie et la mort. Tylor relève également des
cas de croyance en l'existence d'une âme dans les objets inanimés. D'autre
part, puisque le primitif rêve de personnes défuntes, il en conclut que
l'âme survit après la mort physique d'un individu. |
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Dans sa perspective évolutionniste, Tylor place l'animisme à l'origine
de toute religion, avant le fétichisme, le naturisme, le polythéisme et
enfin le monothéisme. L'homme passerait de la croyance aux «esprits
inférieurs» (ceux de la nature, des plantes et des animaux) à la croyance
aux «divinités espèces», puis aux divinités supérieures du polythéisme et,
enfin, aux divinités des monothéismes, dernier stade de l'évolution
commencée avec la découverte de l'âme. |
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La théorie de Tylor, après avoir connu un succès considérable – bien que très critiquée notamment par
l'anthropologue britannique R. Marett –, est aujourd'hui largement remise en
question. |
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L'animisme, en effet, n'est pas universellement connu, et la
détermination des croyances des premiers hommes est pour le moins
conjecturale. Un autre problème est celui de la multiplicité des âmes:
certains peuples de Mélanésie croient que l'homme peut posséder jusqu'à
treize âmes, qui sont liées à des parties spécifiques du corps et ont des
origines différentes; dans une tribu brésilienne, on considère qu'un homme
possède deux âmes, une «âme spirituelle», création ou émanation du divin,
et une «âme animale», d'origine terrestre. |
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Enfin, de difficiles problèmes de traduction se posent quand on veut
rendre compte de la multiplicité des termes qui, dans ces langues
vernaculaires, expriment des notions comme l'«âme», les «esprits», le
«souffle» qui ne sont pas réductibles à la notion occidentale de
l'«âme». |
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Aujourd'hui, l'ambitieux travail de Tylor, qui tentait une explication
globale des croyances religieuses, a perdu beaucoup de son autorité. Seul
subsiste le mot animisme, pour désigner le domaine des religions
traditionnelles. |
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