Dès le
XIVe siècle, un courant antipapal, anticlérical et
réformiste secoua l'Angleterre, avec à sa tête Wycliffe, qui préconisait
un retour à l'Évangile comme unique règle de foi. L'état du clergé
laissait à désirer, et l'on ressentait assez mal l'incessante intervention
de Rome dans les affaires temporelles. La rupture de Henri VIII avec le
pape Clément VII, qui lui refusait la déclaration de nullité de son
mariage avec Catherine d'Aragon, fut le prétexte, non la cause, du
schisme. Henri VIII épousa Anne Boleyn, fut alors excommunié, et se fit
reconnaître comme «chef suprême de l'Église d'Angleterre» en 1534, par
l'Acte de suprématie voté par le Parlement. Pendant son règne, qui
vit la persécution des protestants et les décapitations du cardinal John
Fisher et de Thomas More, les formulaires de foi restèrent catholiques.
Sous Édouard VI, les quarante-deux articles de la confession de foi et une
liturgie furent rédigés en anglais; puis, sous Élisabeth Ire,
les articles furent ramenés à trente-neuf. On constate, d'une part, la
place importante faite aux sacrements et au ministère ecclésiastique, la
volonté de se situer dans la continuité historique des Pères de l'Église
et de la tradition, et, d'autre part, le refus du magistère, justifié
théologiquement par la critique historique et biblique. La confession de
foi anglicane s'appuie sur la Bible, le Book of Common Prayer et
les Trente-neuf articles, qui situent bien l'anglicanisme entre le
catholicisme et les théologies issues de la Réforme. Ces deux tendances se
retrouvent également dans la structure actuelle de l'Église d'Angleterre:
la Basse Église (Low Church) représente la position «évangélique»
tendant vers le calvinisme; la Haute Église (High Church), attachée
à la hiérarchie épiscopale, est plutôt catholicisante. Cette situation
théologique explique probablement l'intérêt et l'engagement réels de
l'Église anglicane pour l'œcuménisme. Cette
Église, par ailleurs, compte quelque 77 millions de fidèles dans le
monde. |
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