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· L'activité
de Jésus et le judaïsme
· Les
premières communautés chrétiennes
· Les
Écritures chrétiennes
· Dieu:
Père, Fils et Saint-Esprit
· Les
Églises chrétiennes dans l'histoire
· Les
séparations en branches différentes
· Les
confessions chrétiennes
· Le
mouvement œcuménique
· Les
christianismes non occidentaux
· Intégrismes
et fondamentalismes
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Introduction
L'une des principales
religions du monde, le christianisme, professe, comme le judaïsme et
l'islam, la foi en un Dieu unique. Par cette référence, il cherche à
investir la vie humaine de valeurs et offre un salut. Il constitue une
religion révélée à la fois dans les Écritures et dans la personne de
Jésus-Christ.
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Naissance du christianisme
L'activité de Jésus – prophète et réformateur
religieux qui prêche de l'an 27 à l'an 30 de notre ère en
Palestine – marque le début du christianisme. À
cette époque, la Palestine appartient à Rome et se distingue par sa
religion, le judaïsme, qui a un statut particulier dans l'Empire en raison
de sa foi en un Dieu unique (monothéisme). L'occupation étrangère est
fortement ressentie dans le pays, où le pouvoir politique local est de
plus en plus amoindri et partagé. Les fils d'Hérode, le dernier roi juif,
lui-même inféodé à Rome, sont sous le contrôle d'un préfet romain
dépendant du légat de la province de Syrie. Les impôts sont lourds et la
déstabilisation sociale et politique s'accompagne d'une agitation
religieuse. Le judaïsme est partagé en plusieurs courants, mais les
pratiques religieuses et le rôle du Temple de Jérusalem sont des éléments
communs aux courants dominants. |
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Après les conquêtes d'Alexandre au
IVe siècle av. J.-C., la rencontre des mondes
grec et oriental a produit une culture qui est devenue celle de tout le
Bassin méditerranéen: l'hellénisme fut adopté avec sa langue (le grec) par
l'Empire romain. Mais sa visée assimilatrice et les compromissions
religieuses et politiques avec le pouvoir dominant provoquent des
mouvements de protestation à l'intérieur du judaïsme, qui s'appuient
souvent sur l'attente fébrile d'un messie envoyé par Dieu pour rétablir la
justice et la paix. |
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Les courants de renouveau du judaïsme sont
multiples. Ils peuvent être teintés de nationalisme (comme le mouvement
zélote) ou axés sur la protestation religieuse (comme le mouvement des
esséniens, vivant en communautés dans le désert). L'un d'eux est celui de
Jean le Baptiste, qui prêche et baptise loin des centres importants. Son
baptême assume le rôle (pardon des péchés) que le judaïsme orthodoxe
attribue aux sacrifices offerts dans le Temple de Jérusalem. |
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L'activité de Jésus et le judaïsme
Jésus, à la suite de Jean-Baptiste, annonce la venue imminente du règne
et du jugement de Dieu. Comme lui, il annonce le règne de Dieu. Mais il se
sépare du Baptiste en ceci qu'il insiste sur l'amour plus que sur la
colère de Dieu. |
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Le témoignage principal sur la vie historique de Jésus, qui était de
Nazareth, en Galilée, où il commença son ministère, est celui des
Évangiles. Or ces livres ne sont pas des biographies, mais des
interprétations de sa vie dans une perspective catéchétique. Néanmoins, il
est établi avec une relative certitude que Jésus a été un prédicateur
itinérant, qui a réuni des disciples autour de lui, enseigné et opéré des
guérisons. Il a voulu susciter une réforme du judaïsme en annonçant la
proximité de Dieu, en proposant une autre manière de comprendre sa volonté
que celle offerte par la Loi juive et en désacralisant l'institution du
Temple. Sur ces deux derniers points il a suscité l'opposition des chefs
religieux, ce qui a conduit à son exécution sous la forme du supplice
romain de la croix. Après sa mort, ses disciples se sont réunis autour de
la foi en sa résurrection, qui l'authentifie comme le véritable envoyé de
Dieu. Ainsi naît le mouvement de Jésus, qui est, à son origine, un
mouvement de renouveau à l'intérieur du judaïsme. |
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Les disciples de Jésus se regroupent d'abord à Jérusalem, où ils
annoncent l'Évangile, la «bonne nouvelle» que Dieu s'est manifesté dans la
personne de Jésus: le Messie (ou Christ) attendu. Parmi ceux qui
s'intègrent à leur groupe se trouvent des Juifs qui ont vécu à l'extérieur
de la Palestine et qui sont ouverts à la culture grecque et à son
universalisme. Les disciples de Jésus venant de ce judaïsme hellénistique
sont plus critiques à l'égard des institutions juives que ceux venant du
judaïsme palestinien. |
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Les Juifs hellénisants provoquent des affrontements avec les chefs
religieux et sont persécutés. Obligés de fuir, ils transmettent le contenu
de la prédication de Jésus aux marges de la Palestine, en particulier dans
des villes où les populations sont très mêlées, notamment à Antioche
(Syrie), où se trouvent une diaspora juive et des adeptes de diverses
religions orientales. Des non-Juifs sont convaincus par leur prédication
et constituent avec des Juifs un groupe de disciples du Christ
Jésus. |
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Le mouvement de Jésus dépasse alors les frontières du judaïsme. Il
accepte, en effet, des membres qui n'appartiennent pas au peuple de Dieu,
ne portent pas la marque de leur appartenance au peuple juif (la
circoncision) et n'obéissent pas aux réglementations juives (par exemple,
sur le pur et l'impur). À Antioche, on donne aux adeptes de Jésus, le
Christ, le nom de chrétiens. La rupture est consommée, le christianisme
est né. |
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Les premières communautés chrétiennes
Si la foi en la résurrection de Jésus, l'homme de Nazareth crucifié
par les Romains mais toujours vivant et présent parmi les hommes, est au
fondement du christianisme, la signification de cette présence ainsi que
le sens de la vie et de la mission de Jésus donnent lieu, dès l'origine, à
des interprétations diverses. |
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Pour les adeptes de l'un des courants du christianisme primitif, qui se
retrouvent pour la prière, le baptême des fidèles et le repas commun,
Jésus est avant tout le Messie annoncé, dont on attend le retour. Pour
ceux d'un courant proche, la foi chrétienne est avant tout une obéissance
nouvelle, une fidélité au message de Jésus et à sa réinterprétation de la
Loi juive. Différent des deux précédents, un autre courant, dont le centre
est Jérusalem, voit en Jésus le Juge de la fin des temps, qui envoie son
Esprit à ses disciples. Quittant famille et biens, ceux-ci deviennent des
prédicateurs itinérants; vivant dans l'attente de la fin du monde et
pratiquant des actes de guérison, ils évangélisent la Palestine et la
Syrie. Pour leur part, les chrétiens issus du judaïsme hellénistique
orientent leur prédication vers les milieux non juifs. D'Antioche, leur
quartier général, ils partent en mission pour porter en Méditerranée
orientale leur confession de foi, qui donne la priorité à la croix et à la
résurrection de Jésus pour le salut des hommes. Un dernier courant, mal
connu, est celui du mouvement johannique, qui débute sans doute en Asie
Mineure. |
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Chacun de ces courants a ses personnages emblématiques. Dans le cercle
relativement large de disciples (hommes et femmes) qui entoure Jésus,
notamment dans le groupe des Douze choisis comme apôtres («envoyés»),
c'est Pierre qui se détache. Après la mort de Jésus, ses proches
acquièrent aussi de l'influence: Jacques deviendra le chef de la
communauté de Jérusalem après le départ de Pierre pour Rome. Les
hellénistes sont représentés par Paul. Avec Pierre, il est l'une des deux
grandes figures des origines. |
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De la campagne palestinienne aux villes de l'Empire
La prédication de Jésus lui-même atteint un monde palestinien encore
très paysan. Puis le mouvement de Jésus s'étend à la Syrie-Palestine et à
ses villes. Le christianisme naissant dépasse vite les frontières de
religion et d'origine nationale, profitant de ce qui fait la force de
l'Empire romain: ses routes terrestres et maritimes de la Méditerranée, sa
langue de culture et d'administration. Il se propage dans les vastes
marchés de biens culturels et religieux que sont les villes. La
prédication chrétienne y bénéficie de l'attrait qu'exercent le monothéisme
juif et la haute qualité de sa morale. |
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Dans les grandes villes de l'Empire, où vivent des communautés juives,
les missionnaires proposent d'abord leur message dans le cadre des
synagogues. Les sympathisants du judaïsme (appelés les «craignant Dieu»)
sont attirés par cette prédication qui rompt avec un particularisme de
type national. Mais l'insuccès du christianisme auprès des Juifs eux-mêmes
fait que la nouvelle religion se répand de plus en plus dans un contexte
où elle est confrontée aux modes de pensée religieux et philosophiques du
monde hellénisé. |
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Fort abondantes au Ier siècle, les religions de salut
provenant de l'Orient offrent une expérience mystique et un espoir dans
l'au-delà à ceux qui s'y initient, tout en restant tolérantes entre elles.
Le christianisme, qui se trouve dans une situation de concurrence
religieuse intense, se démarque par le fait qu'il propose un salut faisant
l'objet d'une annonce publique (donc non réservé à des initiés) et qu'il
refuse toute coexistence avec d'autres religions, toute forme de
syncrétisme. |
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L'Empire romain laisse libre cours à cette
profusion de religions, mais il impose une idéologie unitaire, qui est le
culte de l'empereur. Dans ce contexte syncrétiste où un nouveau culte peut
s'ajouter à un autre, le judaïsme – affirmant
qu'il y a un seul Dieu, l'unique objet de l'adoration humaine – observe un monothéisme strict et bénéficie d'une
reconnaissance de cette conception particulière. Les chrétiens, également
monothéistes, bénéficient d'abord du même statut que les Juifs, dispensés
par la loi romaine du culte de l'empereur. Mais lorsque leur appartenance
à une autre religion apparaît clairement, ils se trouvent fragilisés. De
la seconde moitié du Ier siècle au
IIe siècle, ils subissent de la part du pouvoir impérial
des persécutions ponctuelles, puis de plus en plus fréquentes et
systématiques au IIIe siècle et au début du
IVe siècle. |
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Des communautés disparates
L'expansion du christianisme s'organise autour de deux pôles: les
prédicateurs itinérants et les groupes de sympathisants sédentaires que
les premiers laissent après leur passage. Peu à peu se constituent des
communautés locales qui prennent le nom d'Église (ecclesia,
«assemblée convoquée», une institution typique de la cité grecque). Le
terme va prendre une double signification: celle du groupe de croyants qui
se rassemblent en un lieu donné, et celle de l'ensemble des croyants qui,
dans leur totalité, constituent l'Église du Christ. Ne possédant pas de
bâtiment propre, les Églises réunissent dans des maisons particulières des
gens d'origine sociale très variée (esclaves, hommes libres, classes
montantes, petit peuple), à l'image des groupes qui entouraient Jésus en
Palestine. |
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Ces communautés sont le plus souvent composées de
chrétiens d'origine païenne (pagano-chrétiens) et de chrétiens d'origine
juive (judéo-chrétiens) ou provenant de cercles proches. Cette disparité
ne tarde pas à créer des problèmes: les chrétiens d'origine juive,
attachés à leur identité et à leur appartenance au peuple choisi par Dieu,
sont réticents à prendre les repas, en particulier l'eucharistie (le
partage du pain et du vin, par lequel se constitue la communion des
croyants et leur lien avec Dieu) en commun avec les chrétiens d'origine
païenne, qui ignorent leurs préceptes alimentaires. Très tôt se pose la
question de savoir s'il faut passer par le judaïsme pour pouvoir
bénéficier de l'Évangile du Christ Jésus, s'il faut s'intégrer d'abord au
peuple de Dieu par la marque d'appartenance de la circoncision et la
pratique des réglementations juives pour bénéficer de la grâce (pardon
gratuit) de Dieu. La conviction de l'apôtre Paul, le principal artisan de
l'ouverture sans condition de l'Évangile aux païens, l'a emporté, non sans
avoir entraîné des débats et des conflits. |
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La foi et les Églises chrétiennes
Dans le monothéisme chrétien, le salut accordé par Dieu indique que la
vie ne s'achève pas avec la mort. Cette foi a traversé les siècles grâce
aux Écritures et aux institutions humaines que sont les Églises
chrétiennes. |
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Les Écritures chrétiennes
Les textes religieux de référence des premiers adeptes de Jésus sont
ceux du judaïsme: les livres qu'ils ont appelés ensuite l'Ancien
Testament, dans lequel ils puisent des éléments qui, à leurs yeux,
annoncent la venue de Jésus-Christ et révèlent le sens de sa mission. Mais
ces textes ne leur permettent pas de se situer par rapport à la société et
aux religions d'origine, ou de régler les divergences à l'intérieur des
communautés et entre les prédicateurs itinérants. Pour aider les Églises,
l'apôtre Paul rédige, entre 50 et 60 après J.-C., un certain nombre de
lettres qui, rassemblées, forment un recueil, dont chaque communauté peut
avoir un exemplaire. Ces lettres et les Évangiles, composés entre 70 et la
fin du Ier siècle, sont utilisés pour la catéchèse
(enseignement) et les lectures au cours des assemblées. La production
d'écrits chrétiens continue tout au long du IIe siècle
pour ne plus tarir. |
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Vers le milieu du IIe siècle apparaît la nécessité
d'établir une sélection parmi les écrits pour conserver une fidélité à
l'origine en même temps qu'un lien entre les Églises qui occupent un
espace de plus en plus vaste, ce qui favorise le développement de
traditions indépendantes. Au milieu du IVe siècle, une
liste unique est fixée: elle contient les écrits qui forment le Nouveau
Testament. |
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Dieu: Père, Fils et Saint-Esprit
Les premières communautés chrétiennes donnent de nombreux titres à
Jésus, dont les plus importants sont «Seigneur», «Fils de Dieu» et
«Christ». Pour les chrétiens d'origine païenne, le titre de Christ n'était
pas chargé du même sens que dans le monde juif; il a très vite pris une
valeur propre et, joint à Jésus, a formé un nom double. Dans l'appellation
de Jésus-Christ, Jésus renvoie à la vie et à la mort de l'homme de
Nazareth, et Christ à la mission et à la dignité particulières reconnues à
Jésus dans la foi en sa résurrection. La relation entre Dieu et
Jésus-Christ constitue l'originalité de la foi chrétienne. |
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Jésus-Christ est celui qui révèle de façon particulière la volonté et
l'œuvre de salut de Dieu. Dans les textes de
l'Ancien Testament, Dieu est le créateur du monde, celui qui nomme et fait
exister les êtres et les choses, qui permet la vie en manifestant des
exigences à l'égard des hommes. Ce Dieu est aussi un Dieu de dialogue, un
Dieu personnel, dont l'histoire se confond avec celle de l'humanité. Pour
la théologie chrétienne, l'être humain n'a accès à Dieu que par
Jésus-Christ, qui en est la face livrée au monde. La relation unique et
profonde de Dieu et du Christ se traduit dans les termes de Père et de
Fils. |
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Dieu un en trois personnes
Après la mort de Jésus, la foi en sa résurrection affirme la victoire
de Dieu sur la mort comme un don de vie malgré la mort et au-delà d'elle,
en même temps qu'elle garantit une autre forme de présence de
Jésus-Christ. Celle-ci se manifeste en particulier par le Saint-Esprit,
qui est à la fois un consolateur et un soutien. Il remet en mémoire et
permet de comprendre les paroles du Christ, et inspire ainsi la vie des
croyants. Les diverses modalités de la présence de Dieu et de sa relation
avec l'homme ont été l'objet d'une intense réflexion dans les Églises
primitives. |
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Les débats ont d'abord porté sur la christologie: il s'agissait
d'expliquer comment Jésus-Christ peut être à la fois homme et Dieu, et
comment le Dieu unique peut être à la fois Père, Fils et Saint-Esprit. Les
credo anciens, comme le symbole des Apôtres
(IIIe siècle), ont essayé de fixer les grandes lignes de
la foi en développant la relation entre Dieu et Jésus-Christ. Mais des
dissensions eurent vite lieu et, lorsque le christianisme devint la
religion de l'Empire au début du IVe siècle, les empereurs
convoquèrent des conciles dits «œcuméniques»,
chargés de formuler les dogmes de l'Église dans son universalité. La
doctrine trinitaire – qui affirme que Dieu est
un en trois personnes – est un de ces dogmes
reconnus par toutes les Églises. Elle ne se trouve pas exprimée comme
telle dans le Nouveau Testament, mais s'appuie sur son témoignage. La
Trinité indique que Dieu est en lui-même une structure de dialogue et
qu'il renferme un mystère et une liberté. |
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Suivant leurs sensibilités religieuses et leur histoire propre, les
Églises chrétiennes accordent une fonction et une place différentes aux
manifestations de Dieu. Cela est vrai en particulier pour le Saint-Esprit.
Mais elles s'appuient toutes sur les définitions des premiers grands
conciles des IVe et Ve siècles. |
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Les Églises chrétiennes dans l'histoire
La vie des Églises locales prend corps dans le culte, l'enseignement,
l'évangélisation et les œuvres de solidarité.
Très tôt, les cultes chrétiens sont célébrés le dimanche, jour de la
résurrection du Christ. Ils comportent une liturgie (une confession de foi
et des chants) et la lecture de textes bibliques, suivie éventuellement de
commentaires. Le baptême, qui marque l'entrée dans l'Église, et
l'eucharistie (appelée aussi Sainte Cène), qui célèbre l'union des
chrétiens avec Jésus-Christ, sont les deux sacrements pratiqués dans les
Églises primitives et communs à toutes les Églises chrétiennes. Un
sacrement manifeste le don de Dieu, alors que les sacrifices sont des dons
offerts par les hommes à la divinité. |
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Pour vivre dans la durée, les Églises reconnaissent en leur sein des
services particuliers appelés ministères. Au début du christianisme, ces
ministères sont peu institués et varient d'une communauté à l'autre. Le
Nouveau Testament fait état de ministères de la parole (docteurs et
prophètes), de ministères d'ordre et de gouvernement (anciens et
épiscopes) et de ministères d'assistance (diacres). |
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L'organisation des Églises
Malgré les persécutions, le christianisme connaît un essor rapide au
Ier et au IIe siècle et s'étend vers la partie
occidentale de l'Empire, où l'on parle latin. La multiplication des
Églises et l'éloignement de la période des premiers témoins (les Apôtres)
conduisent à une organisation dépassant l'échelon local. Il s'agit de
conserver la foi des origines dans une unité visible. Les Églises locales
ont désormais à leur tête un seul évêque, qui a autorité sur les prêtres.
Certains sièges épiscopaux sont placés au-dessus des autres, mais dès le
Ier siècle le siège romain a primauté sur tous. L'évêque
est considéré comme un père («papa»), qui va donner le titre réservé à
l'évêque de Rome (pape). L'organisation des Églises se modèle sur
l'organisation politique, administrative et économique de la société,
surtout en Occident, qui hérite du juridisme latin. |
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Les Églises et le pouvoir politique
L'Empire romain, avec ses deux pôles – l'occidental et l'oriental –, connaît des failles dès le
IIIe siècle. L'empereur Constantin autorise l'exercice du
culte chrétien en 313. Le christianisme sera constitué en religion
officielle à la fin du IVe siècle. Après la disparition de
l'empire d'Occident, en 476, l'Église latine s'affranchit de la
tutelle de Constantinople et supplée dans bien des cas le pouvoir
politique qui se désagrège. Au Xe siècle, la
christianisation de l'Europe est achevée. Le pape devient le personnage
principal d'Occident, ajoutant un pouvoir temporel à son pouvoir
spirituel. En Orient, en revanche, l'Église grecque dépend le plus souvent
de l'empereur. |
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Apparu dès la constitution des Églises, le monachisme prend au début la
forme du départ au désert (ermites), puis celle de la vie communautaire
(cénobites). Alors que pendant la longue période de relations ambiguës
avec le pouvoir, les Églises se sont substituées à l'État défaillant
(éducation, santé), les ordres monastiques ont joué un rôle important dans
l'élaboration des civilisations orientales et occidentales. |
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Les séparations en branches différentes
Après la fin de l'empire d'Occident, l'Orient et l'Occident ont des
échanges de plus en plus rares, et les divergences culturelles et
spirituelles s'accentuent. Les littératures chrétiennes, en grec d'un
côté, en latin de l'autre, se développent séparément. L'Orient, qui vit
sous une unité politique (l'Empire perdure jusqu'au milieu du
XVe siècle), est moins centralisateur au point de vue
ecclésiastique que l'Occident. Les quatre sièges épiscopaux d'Orient, ou
patriarcats, sont représentés par le patriarche de Constantinople; ils
reconnaissent une primauté d'honneur à l'évêque de Rome. Mais une rivalité
d'influence s'installe entre Rome et Constantinople. De plus, les
Orientaux reprochent aux Latins d'introduire des nouveautés non justifiées
(usage de l'hostie, jeûnes, célibat des prêtres). La crise la plus grave
concerne le dogme de la Trinité. Au VIe siècle, à la
formule «le Saint-Esprit procède du Père», un concile ajoute «et du Fils».
Aux yeux des Orientaux, c'est donner à l'Esprit un rôle secondaire et
rompre l'équilibre de la Trinité. À la fin du IXe siècle,
il apparaît un désaccord d'ordre institutionnel, lorsque la papauté
devient l'autorité centralisatrice des Églises chrétiennes. La rupture,
qui était en germe depuis longtemps, se concrétise en 1054, lorsque
le pape Léon IX excommunie le patriarche de Constantinople et que
celui-ci lui réplique de façon semblable. L'Église d'Orient prend alors le
nom d'Église orthodoxe. |
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La Réforme européenne
Au XVIe siècle, avec la
Renaissance, l'humanisme, des inventions comme l'imprimerie, et la
découverte de l'Amérique, un désir de changement se manifeste à l'égard de
l'Église d'Occident, ou Église romaine, marquée par les ambitions
temporelles de la papauté, le luxe du haut clergé et l'ignorance dans
laquelle est maintenu le peuple. Après son excommunication en 1520,
le moine allemand Martin Luther organise la Réforme sous la protection du
prince de Saxe. Des mouvements parallèles naissent en Suisse et en France,
avec Zwingli, puis Calvin. Malgré leurs vues communes sur la place de la
Bible, le salut gratuit et le rôle des laïcs, les réformateurs ne fondent
pas une Église unie face à l'Église romaine. |
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Les confessions chrétiennes
À partir du XVIe siècle, le christianisme connaît donc
trois grandes branches: le catholicisme, l'orthodoxie et le
protestantisme. Chacune des confessions s'est développée en relation avec
une culture qu'elle a fécondée: le catholicisme et le protestantisme ont
marqué la culture occidentale; l'orthodoxie, le monde oriental et l'Europe
de l'Est. |
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Le catholicisme
L'Église, qui avait son centre à Rome et a retenu le terme de
catholique (en grec, «universel») dès le IVe siècle, au concile
de Nicée (325), est dotée d'une organisation centralisée et hiérarchisée.
Le pouvoir y est exercé par le pape et les conciles œcuméniques. Le pape, à Rome, constitue l'unité
visible de l'Église. La médiation entre Dieu et les fidèles est assurée
par les autorités religieuses, qui transmettent et gèrent le salut offert
aux êtres humains dans plusieurs domaines, notamment celui de
l'enseignement et celui de la distribution de la grâce. Un autre élément
de médiation est la messe, conçue comme un sacrifice où se renouvelle le
don de Jésus-Christ sur la croix dans le sacrement de l'eucharistie. Les
sacrements, au nombre de sept, nécessaires à la réception de la grâce,
sont dispensés par les prêtres. Une autre médiation apparaît dans le culte
de la Vierge Marie et dans celui des saints. |
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L'orthodoxie
Le contenu de la foi y remonte à la formulation des premiers siècles.
L'orthodoxie («l'opinion ou la foi droite», en grec) s'en tient en effet
aux dogmes définis par les huit premiers conciles œcuméniques. Fidèle aux origines, elle se caractérise
par une relation de collégialité entre les Églises, qui sont autocéphales
et élisent leurs propres chefs. Le patriarche de Constantinople
(aujourd'hui Istanbul) conserve une primauté d'honneur: il convoque des
conférences panorthodoxes, placées sous le signe d'interdépendance des
Églises. Les prêtres orthodoxes (mais non les moines) peuvent se
marier. |
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Le protestantisme
Le terme de protestant se réfère à un événement historique:
en 1529, les princes allemands favorables à la Réforme protestèrent
contre l'attitude de Charles Quint, qui exigeait la soumission de
tous à Rome. Le protestantisme connaît un grand morcellement
ecclésiastique, conséquence de son choix en faveur de la liberté de
conscience. Les Églises protestantes ont en commun leur conception de
l'Église, le refus de médiations dans la gestion de la grâce, et
l'affirmation de la responsabilité personnelle dans les choix éthiques.
L'organisation ecclésiastique est l'affaire des communautés, qui se
donnent des règles communes sur des bases démocratiques. Le culte
protestant se caractérise par l'importance donnée à la parole
(prédication) et par l'administration de deux sacrements: le baptême et la
Cène. Les pasteurs sont mariés et, dans la quasi-totalité des Églises, les
femmes ont accès aux ministères. Le face-à-face de l'homme avec Dieu
supprime toutes les autres médiations, en particulier celle d'une
hiérarchie et d'un clergé. |
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