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La
naissance et la diffusion de l'islam · Le
Prophète · L'essor
de l'empire musulman · Dynasties
rivales et villes concurrentes · L'Empire
ottoman et la dynastie moghole · L'influence
islamique en Indonésie et en Afrique L'islam
dans le monde moderne Les
dogmes islamiques Controverses
théologiques Le
culte islamique · Les
devoirs religieux · Une
religion syncrétique
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Controverses théologiques
D'après les mutazilites, adeptes d'un courant théologique apparu au
VIIIe siècle, et les qadirites, confrérie religieuse
fondée au XIIe siècle, le message coranique de la justice
divine «qui ne lèse pas les hommes» («Ils se lèsent eux-mêmes») exclut la
notion d'un Dieu punissant les hommes pour les péchés et l'incroyance,
dont ils ne sont pas réellement responsables. Leurs adversaires
défendaient au contraire la doctrine de la liberté souveraine de Dieu: ils
affirmaient que la liberté divine ne souffre aucune restriction et n'obéit
même pas à l'obligation de «faire ce qui est le mieux pour ses
créatures». |
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Au Xe siècle, deux théologiens renommés, al-Achari et
al-Maturidi, proposèrent des réponses qui influenceront la position
sunnite: les actes humains sont voulus et créés par Dieu, mais, pour les
faire siens, l'homme doit se les approprier. Dès lors, la conception de
Dieu comme Créateur, le Seul et l'Unique, allait de pair avec
l'affirmation de la responsabilité humaine. |
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Un autre débat se fit jour autour du concept de l'unité divine, au
sujet de l'essence et des attributs de Dieu. Il portait sur la question de
savoir si le Coran, c'est-à-dire la parole divine, est créé ou incréé. Les
défenseurs de la première conception affirmaient que si le Coran est
incréé il faut supposer un second principe de réalité éternelle; or Dieu
seul est éternel et on ne peut concevoir l'éternité en dehors de Dieu.
Selon leurs contradicteurs, soutenir que le Coran est créé revient à
porter atteinte à la nature divine du livre sacré. Selon les sunnites, le
Coran en tant qu'écrit ou recueil de prières est créé, mais il est la
manifestation de l'éternel «discours intérieur» divin, qui précède toute
expression orale ou écrite. |
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Profondément ancrées dans le contexte sociopolitique qui les a vu
naître, les querelles théologiques divisèrent l'islam dès ses débuts. Les
chiites soutenaient que seuls «les membres de la famille» (les Hachémites
ou, dans un sens plus limité, les descendants du Prophète par sa fille
Fatima et son mari Ali) pouvaient prétendre au califat. Un autre groupe,
les kharidjites, (littéralement, «ceux qui ont fait sécession»), se sépara
d'Ali (assassiné par un adepte de la secte) et des Omeyyades. Selon leur
doctrine, la confession ou la foi ne font pas le croyant à elles seules,
et quiconque commet un péché grave est un incroyant voué à l'enfer. Ils
appliquèrent cet argument même aux chefs de la communauté en affirmant que
les califes qui avaient gravement péché ne pouvaient réclamer l'allégeance
des fidèles. |
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La majorité des musulmans accepta le principe d'une concordance entre
la foi et les actes, mais, en insistant sur le fait que Dieu seul peut
juger si un homme est croyant ou incroyant, rejeta l'idéal kharidjite qui
consistait à établir ici-bas une pure communauté de croyants. Partant du
principe que dans l'attente du Jugement dernier il convient de renoncer à
juger autrui, les musulmans reconnaissent toute personne comme membre de
la communauté des croyants à condition qu'elle accepte les «cinq piliers
de la foi». Renoncer à juger autrui implique également le respect du
pouvoir politique musulman, même si ceux qui l'exercent se livrent à des
pratiques condamnables. |
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Le culte islamique
Les traditionnels devoirs élémentaires de tout musulman révèlent à quel
point la foi et les actes sont liés dans cette religion. |
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Les devoirs religieux
Les «cinq piliers» de l'islam sont: le
chahada, la profession de foi en Dieu et en la mission de Mahomet;
la salaat, prière rituelle accomplie cinq fois par jour en se
tournant vers La Mecque; le zakaat, don de l'aumône dans des
proportions prescrites; le sawm, jeûne pratiqué dans la journée
lors du mois du ramadan; le hadj, pèlerinage à La Mecque,
obligatoire pour chaque croyant capable financièrement et physiquement de
l'accomplir. |
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La profession de foi en Dieu se situe au même niveau que l'intérêt
porté aux pauvres, et qui se manifeste dans la pratique de l'aumône.
L'engagement personnel du croyant, exprimé très clairement dans la
formulation même de la chahada («Je professe que Dieu seul est Dieu
et que Mahomet est son prophète»), se double d'une conscience profonde,
transmise par les prières rituelles et le pèlerinage, de la force que
représentent la communion dans la foi et la communauté de tous les
croyants. |
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La pratique religieuse ne se réduit pas aux mots et aux gestes
spécifiés par la salaat; elle se concrétise également dans de
nombreuses prières personnelles et dans les réunions de la congrégation
dans la mosquée centrale le vendredi ainsi que dans la célébration des
deux principales fêtes: l'id al-fitr, fête qui marque la fin du
jeûne du ramadan, et l'id al-adha, fête du sacrifice, consacrée à
la mémoire d'Abraham qui accepta d'immoler son fils. Cette dernière est
célébrée, le dixième jour du mois du pèlerinage, par les pèlerins et par
ceux qui restent chez eux. |
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La guerre sainte, ou djihad (littéralement, «effort» pour se
rapprocher de Dieu), constitue également une obligation pour les hommes
d'âge adulte, appelés à propager l'islam dans des territoires non encore
acquis à la religion musulmane ou à protéger l'islam lorsqu'il est menacé
par des non-musulmans et que les croyants peuvent raisonnablement espérer
leur infliger une défaite. |
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Une religion syncrétique
L'islam est sans aucun doute une religion syncrétique: il reconnaît que
Dieu a envoyé ses prophètes à tous les peuples et qu'il a accordé «les
Écritures et la qualité de prophète» à Abraham et à ses descendants. Il
s'ensuit que les musulmans sont conscients du lien très étroit qui existe
entre les partisans de l'islam, du judaïsme et du christianisme, tous
enfants d'Abraham. Au cours de l'histoire, certains croyants ont discerné
la vérité divine et s'en sont remis à elle seule: parmi ces «musulmans
d'avant Mahomet», le Coran mentionne notamment Abraham et ses fils,
Salomon et la reine de Saba, les disciples de Jésus. Ce syncrétisme
s'exprime également dans le fait que les musulmans reconnaissent les
premières Écritures, à savoir les Taurat (Torah), prescrite à
Moïse, les Mazamir (Psaumes) de David et l'Indjil (Évangile)
de Jésus. |
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Les musulmans ont repris au judaïsme l'interdiction de la
représentation humaine. Les termes utilisés par Mahomet sont souvent
traduisibles par «idoles» ou «images» dans le contexte d'alors; s'ils
faisaient sans doute plutôt allusion aux idoles, ils seront interprétés
par la suite comme désignant des images. |
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Cette reconnaissance d'autres prophètes que Mahomet et d'autres
Écritures saintes que le Coran s'accompagne de la ferme conviction que la
révélation de la parole divine, l'envoi du prophète Mahomet et la
fondation de l'islam sont l'accomplissement de la bonté divine. Selon
l'islam, ceux qui reconnaissent le message du Coran comme l'ultime vérité
sont par conséquent de vrais croyants, tandis que ceux qui le rejettent
sont des incroyants, quel que soit le nom qu'ils se donnent. |
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