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| Hérésie christologique selon
laquelle le Christ, dans sa forme humaine, ne serait devenu fils de Dieu
que lors de son baptême, par lequel Dieu l'aurait ainsi élevé à la dignité
de fils adoptif. |
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Cette doctrine, déjà formulée à la fin du IIe siècle
par Théodote de Byzance, puis en 268 par Paul de Samosate, évêque
d'Antioche, réapparut au VIIIe siècle en Espagne, où
Elipand, archevêque de Tolède, et Félix, évêque d'Urgel, la prêchèrent.
Elle fut condamnée par le pape
Adrien Ier en 785, par le concile de Francfort
en 794, avec le soutien de Charlemagne, et par les théologiens
carolingiens Paulin d'Aquilée et Alcuin, qui rédigèrent à la demande de
l'empereur plusieurs traités de défense de l'orthodoxie. |
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Pour soumettre les hérétiques, Charlemagne envoya également une mission
en Espagne, composée, entre autres, de l'archevêque de Lyon Leidrade et de
Benoît d'Aniane. Après avoir abjuré au concile de Ratisbonne (792), Félix
d'Urgel retomba dans l'hérésie. Il fut condamné par le pape Léon III
et emprisonné à Lyon, où il mourut en 818. |
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L'adoptianisme, présent en Espagne jusque vers le milieu du
IXe siècle, fut définitivement interdit au
XIIe siècle par le pape Alexandre III. |
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À l'inverse de l'arianisme et de l'iconoclasme, la querelle de
l'adoptianisme resta du seul ressort des théologiens, et ne suscita aucune
controverse politique enflammée. |
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