La majorité des chiites sont dits «duodécimains» ou «imamites», car ils
reconnaissent l'autorité de douze imams (Ali et ses onze successeurs)
comme celle de véritables guides inspirés par un décret d'origine divine
rendu en faveur de la descendance d'Ali. Le douzième et dernier imam ne
serait pas mort mais aurait été «occulté» (c'est-à-dire qu'il aurait
mystérieusement disparu) au IXe-Xe siècle. Vivant
dans un monde invisible, l'«imam caché» (mahdi) doit revenir un
jour définitivement parmi les hommes pour faire régner la justice. Cette
dimension messianique du chiisme, avec sa mystique de la souffrance
salvatrice, a été entretenue par le nombre important d'imams assassinés,
ce qui a donné naissance à une martyrologie impressionnante avec ses lieux
saints (al-Nadjaf, Karbala...). Le chiisme duodécimain est majoritaire et
est religion d'État en Iran. D'importantes communautés chiites vivent
également en Iraq et au Liban. |
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Le chiisme se divise en autant d'obédiences qu'il y a d'imams
«reconnus»; on en dénombre une soixantaine. Les principales obédiences,
outre celle des duodécimains, sont celles des zaydites au Yémen, qui ne
reconnaissent que cinq imams, et des ismaéliens, au Proche-Orient, en Inde
et en Afrique orientale, appelés septimains car ils ne reconnaissent que
sept imams; issues de ces derniers, on trouve les sectes des Druzes, des
haschischins et des Alaouites. Les ismaéliens, considérés comme des
extrémistes, persécutèrent les sunnites, ce qui leur valut en retour de
violentes répressions. Ils fondèrent les dynasties des Fatimides (Afrique
du Nord, Égypte) aux Xe-XIIe siècles, et la
secte des Qarmates (Xe siècle), qui survit à Bahreïn et au
Yémen. |
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