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Le déisme est en effet confiance dans l'homme capable de s'élever seul
jusqu'à la divinité, sans le secours d'aucune médiation. La raison suffit
au déiste pour reconnaître l'existence de Dieu et trouver les moyens de
l'honorer par la pratique des vertus morales. Ainsi Voltaire constate que
la «mécanique de l'univers» nécessite un «horloger», Rousseau arrive à
Dieu par le spectacle de la nature et l'existence de sentiments divins
chez l'homme que la société n'a pas perverti. Voltaire et Rousseau furent
chacun déistes à leur manière, mais ils se retrouvèrent pour critiquer
vivement le christianisme et l'Église catholique. Les déistes raillaient
les divisions des chrétiens, le sang qu'elles avaient fait couler. Ils
rapprochaient les livres sacrés, les croyances et les rites des divers
cultes pour s'en moquer, stigmatiser la futilité de ces différences et
préconiser la tolérance réciproque. |
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Du reste, les déistes disciples de Voltaire admettaient fort bien que
les humbles et les ignorants s'aidassent de pratiques religieuses
déterminées pour vivre honnêtement. Mais les lois devaient tenir compte le
moins possible des différences religieuses et ne jamais accepter de
contraintes dogmatiques. Les déistes à la manière de Rousseau étaient plus
systématiques, plus hostiles aux anciennes croyances. |
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Le culte déiste, inauguré le 8 juin 1794 par une grande fête
parisienne, prenait la suite de la religion patriotique née spontanément
depuis 1789. Il utilisait ses symboles (bonnet rouge, autel civique,
arbre de la Liberté) et son credo (la Déclaration des droits). Le
calendrier républicain indiquait les jours de fête. Sous le Directoire, le
culte civique se confondit avec la théophilanthropie, sorte d'Église
déiste que Bonaparte dispersa. |
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