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Les
formes de péché dans diverses religions Le
péché originel Les
catégories de péchés dans l'Église catholique
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exclusivement au langage religieux. En effet, ce n'est pas simplement une
faute, c'est-à-dire une maladresse, une faiblesse ou la violation d'une
règle sociale ou morale. Ce n'est pas une erreur, par ignorance, oubli ou
négligence. Ce n'est pas une offense heurtant ou blessant autrui plus ou
moins volontairement. Enfin ce n'est pas un délit juridiquement défini par
rapport à un code ou une législation. |
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C'est une désobéissance, une transgression volontaire à la loi de Dieu;
ou mieux, c'est le refus conscient de répondre à un appel de Dieu qui veut
la vie et le bien de l'homme. |
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Les formes de péché dans diverses religions
Les cultes dits primitifs connaissent la violation des interdits et des
tabous. Ceux-ci sont souvent liés à la notion d'impureté. En langue
quichua, le terme équivalent à péché signifie: procès. |
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Dans l'hindouisme, dont la pensée est centrée sur le dharma (loi
cosmique et morale), est péché tout ce qui rompt cette harmonie
universelle. Ce sont ces ruptures qui alourdissent le karma (bilan de nos
actes) et entraînent les réincarnations. Violence et soif du profit: tels
sont les péchés essentiels. |
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De même, pour le bouddhisme, le péché est constitué par tout
attachement aux illusions de l'existence: pouvoir, richesse, plaisir...
Concrètement, pécher c'est enfreindre les dix préceptes de la Communauté,
proches du Décalogue ou de la loi de Manu. Parmi 92 péchés appelant
confession et absolution, quatre capitaux, entraînent l'exclusion: la
fornication, le vol, le meurtre, l'imposture. |
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Les anciens Égyptiens également ont d'abord vu le péché dans les fautes
contre l'ordre social, celui du pharaon et des dieux. Ne pas tuer, ne pas
voler, ne pas commettre l'adultère, ne pas mentir, ne pas tromper: telle
était leur morale classique. Puis, plus positivement, le dieu «qui est
dans le cœur» leur a demandé de «bénir ton
prochain, même s'il t'a offensé». |
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Pour le judaïsme, la notion de péché est
inscrite dans la Bible, parole de Dieu qui délivre sa Loi, le Décalogue
des tables de Moïse (Exode 20, Deutéronome 5; 6). Les rabbins y ont ajouté
une longue liste de prescriptions, interdits et obligations. On en a
dénombré 613. Toutefois, s'en détachent trois péchés capitaux:
l'idolâtrie, l'homicide et la débauche. |
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À l'inverse, la Bible est un appel incessant à la purification et à la
conversion; une promesse de la fidélité de Dieu à son alliance. Les rites,
et surtout les grandes fêtes de Rosh Hashana et Yom Kippour, accomplissent
le repentir, la pénitence des croyants et le pardon du «Dieu (qui)
blanchit les péchés». |
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L'islam aussi a son texte sacré: le Coran. Comme les israélites, les
musulmans doivent respecter les multiples prescriptions de la Loi.
Celle-ci distingue les actes obligatoires, ceux qui sont recommandés, les
actes indifférents, les blâmables et les interdits. C'est ainsi que manger
du porc est interdit, le hidjah (voile) et la circoncision sont
conseillés. La prière implore la miséricorde de Dieu; et le jeûne du
ramadan procure l'absolution de tous les péchés commis auparavant. |
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Le péché originel
Le péché apparaît donc comme un désordre introduit par l'homme dans une
création que la divinité voulait parfaite et harmonieuse. Il manifeste à
la fois la perversion de l'homme, sa transgression de la volonté divine,
et un recul, une «chute» de l'humanité et du cosmos conçus par le
Créateur. C'est ce que raconte le mythe du péché originel. |
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Cette transgression première est décrite dans maints récits de la
création: ceux des Dogons, des Bambara ou des peuples du Gabon chez qui la
femme est possédée par un dieu inférieur pendant que l'homme se laisse
séduire par une fille des eaux. Alors, le couple est expulsé du centre de
la terre et, désormais, les hommes seront mortels. |
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Le récit le plus clair de cette désobéissance initiale est celui de la
Genèse. Il raconte la défense faite par Yahweh-Dieu de ne pas goûter aux
fruits de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal, la tentation, la
faute d'Ève et d'Adam et le châtiment qui s'ensuivit (Genèse 42, 15-14; 3,
1-19). |
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La théologie de saint Augustin a fixé la doctrine du péché originel
en 397. Elle a été reprise par saint Bonaventure, saint Thomas
d'Aquin, et plus tard Luther, Calvin, Jansénius, Pascal... Le concile de
Carthage (418), le concile de Trente (1545) l'ont confirmée: par la faute
du premier homme, nous naissons dans une condition pécheresse et par cette
faute, la mort est entrée dans la création; seul le Christ ôte ce péché
par le baptême; l'inclination persiste mais l'homme devient capable d'y
résister. |
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Les catégories de péchés dans l'Église catholique
L'Église catholique a catalogué et classé les péchés. Son catéchisme en
a distingué trois catégories: les sept péchés capitaux, sources de tous
les autres (l'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise, la
colère, la paresse); les péchés mortels qui, tuant l'âme, peuvent mener à
la damnation; enfin les péchés véniels qui ne font que diminuer chez le
pécheur l'action de la grâce. |
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Aux commandements de Dieu, elle a ajouté ceux de l'Église. Elle a fixé,
non moins méticuleusement, les rites du pardon des péchés. Celui-ci exige
un scrupuleux examen de conscience, un sincère repentir et l'absolution
grâce au sacrement de pénitence. |
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Car le péché n'existe pas sans la grâce. Le péché n'est pas concevable
sans ses antidotes: la pénitence, la conversion, le pardon et la
réconciliation. Le christianisme assure l'homme de son «salut en
espérance» (Romains 8, 24) par sa Foi au Christ-Sauveur. |
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Le péché manifeste enfin la dignité de l'homme. Un animal ne pèche pas,
ni un dément, ni un enfant. |
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