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Le millénarisme est la
croyance selon laquelle le Christ régnera pendant mille ans (le
millenium) avant le jugement dernier. Il est question du
millenium dans l'Apocalypse de saint Jean (420, 1-6). |
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Cette croyance, qui fut celle des premiers chrétiens et de l'apôtre
Paul, dans la mesure où ils espéraient le prochain retour du Christ, est
devenue une véritable doctrine proclamant l'extermination des méchants et
le salut d'un petit nombre d'élus. |
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Cette doctrine fut même professée par certains Pères de l'Église, tels
Papias d'Hiérapolis, Justin, Irénée, Tertullien et Hippolyte Lactance.
Origène la combattit. |
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Elle revint dans les époques troublées, en particulier au
XVIe siècle, avec les anabaptistes David, Œlianus, Paccius; au XVIIe siècle avec un
théologien protestant cévenol Jurieu; enfin au XVIIIe siècle
chez les Anglo-Saxons comme Burnet et Whiston. |
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Le millénarisme se fonde certes sur une interprétation littérale de
certains passages de l'Apocalypse. Mais il s'enracine plus profondément
dans la nostalgie d'un âge d'or mythique dont on souhaite le retour, dans
l'espérance en l'égalité et la justice, ainsi que dans une peur archaïque
de la fin des temps et dans le besoin de s'y soustraire. |
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De cette croyance, l'Église catholique a gardé l'espérance dans le
retour du Seigneur – la Parousie – et, après les douleurs de l'enfantement de «cieux et
de terre nouvelle», dans la venue du «Jour de Dieu» et de la paix dans la
présence éternelle de Dieu. |
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Plusieurs sectes d'inspiration biblique, notamment les adventistes, les
mormons, les témoins de Jéhovah, généralement nées aux États-Unis au
XIXe siècle, ont fait de cette croyance dans le retour
personnel du Christ après un cataclysme final le centre de leur message.
Elles y ajoutent, parfois, l'annonce de la date de ce retour et le nombre
de ceux qui seront sauvés. |
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