| Au Ve siècle,
en Occident, l'hérésie pélagienne secoue gravement l'Église. Le moine
Pélage (360-422), originaire de Grande-Bretagne, est installé depuis
longtemps à Rome, où il se rend célèbre par sa propagande en faveur de
l'idéal ascétique. Lorsque la ville est prise par Alaric, en 410, il
se réfugie en Afrique, d'où il repart, dès 411, pour la Palestine,
laissant à Carthage l'un de ses plus ardents disciples, Célestius.
Celui-ci, minimisant, comme son maître, la notion de péché originel, met
en cause la pratique du baptême des enfants. |
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Augustin, évêque d'Hippone, entame une longue lutte. Il rejette
l'orientation moraliste de Pélage, car elle accorde trop d'efficacité à la
capacité naturelle de l'homme, à sa liberté, et vide de leur contenu les
mots de «grâce divine», d'«élection», de «prédestination». En effet,
Pélage va jusqu'à voir dans la nature et son libre arbitre la première des
grâces, et il risque de réduire le mystère de la Croix en faisant du
Christ un simple modèle à imiter. |
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