|
|
|
| Le panthéisme (le terme ne
date que du début du XVIIIe s.) est une doctrine de
l'unité de l'être (monisme) qui considère que les êtres particuliers ne
sont que des modes de la substance divine une. En fait, il est permis de
se demander d'emblée si l'unité du concept de panthéisme n'est pas surtout
négative: il regroupe l'ensemble des systèmes philosophiques qui
s'opposent, d'une part, au théisme fondé sur l'existence d'un Dieu
personnel et transcendant, d'autre part, à l'athéisme matérialiste qui est
un monisme mais récuse le caractère divin de la substance. |
|
Hors ce double refus, quoi de commun entre les
différents panthéismes historiques? Le panthéisme stoïcien conçoit le
monde comme un être raisonnable et sage, Dieu n'étant que le nom donné à
la raison ou à l'intellect du monde; le panthéisme des néoplatoniciens
(Plotin) pense l'être comme une dégradation de l'Un (seul proprement
divin) vers le multiple à travers une série d'émanations; le panthéisme de
Baruch Spinoza, considéré comme le plus pur d'un point de vue formel,
rejette toute idée d'émanation au profit d'une identité parfaite entre la
substance nécessaire qui est Dieu et les êtres qui ne sont que des modes
de deux attributs de Dieu, la pensée et l'étendue; le panthéisme
évolutionniste des idéalistes allemands, au premier rang Hegel, développe
un rythme ternaire où l'absolu divin, d'abord Idée, s'aliène en existence
extérieure à la pensée puis, au troisième terme de la dialectique,
s'accomplit dans l'Esprit qui est immanent à la conscience
humaine. |
|
L'unité du panthéisme, problématique quand on considère les systèmes,
se situe peut-être au niveau d'une commune inspiration, celle du
mysticisme dont la pente naturelle est de s'exprimer en langage
moniste. |
|