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La
tradition du Prophète Les
écoles concurrentes
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| Réunissant près des neuf
dixièmes des musulmans du monde, le sunnisme se considère comme orthodoxe
par rapport au chiisme, qui s'en sépara au Ier siècle de
l'hégire (VIIe s. apr. J.-C.) pour des raisons plus
politiques que religieuses, et portant sur le mode de désignation des
califes. Il se répartit en quatre rites, ou écoles juridiques (hanafites,
chafiites, malikites et hanbalites) se distinguant par certaines variantes
dans l'interprétation de la loi traditionnelle (charia). |
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Les sunnites constituent l'une des trois grandes divisions de l'islam
dogmatique et théologique, à côté des chiites et des kharidjites. Se
définissant négativement par rapport aux deux autres groupes, entre
lesquels ils s'essaient à une voie moyenne, les sunnites sont, par
définition, les hommes du Coran et plus encore de la sunna,
c'est-à-dire de la tradition de tout l'enseignement du prophète Mahomet
transmis par les hadith. |
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Les sunnites diffèrent de l'école théologique musulmane chiite par la
non-reconnaissance du principe de la liberté d'opinion lorsque les textes
font défaut, préférant, face à ce problème, la déduction par analogie ou
l'utilisation d'un principe de consensus. De plus, les sunnites
reconnaissent la légitimité des quatre premiers califes (Abou Bakr, Omar,
Othman et Ali), continuateurs orthodoxes du Prophète à la tête de la
communauté; ils se veulent les successeurs de Mahomet et les mainteneurs
de l'islam primitif, tandis que les chiites ne reconnaissent pour
successeur de Mahomet que le calife Ali. De même, un nombre important de
propos (hadith) attribués au Prophète par les sunnites ne sont pas
reconnus comme authentiques par les chiites, qui se bornent à n'enseigner
que les propos rapportés par Ali, propos que les sunnites ne reconnaissent
pas dans leur ensemble. |
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La tradition du Prophète
Le Coran est pour les sunnites le recours essentiel en cas de
divergences, la garantie de l'unité. Aussi, dans la lecture et la
compréhension du Coran, et pour garantir l'unité de la communauté, seuls
sont admis le commentaire philologique et celui fondé sur la tradition
remontant au Prophète, à ses compagnons, à leurs «suivants» et, à la
rigeur, aux «suivants des suivants». S'il existe un sens caché derrière le
sens manifeste, Dieu seul le connaît. |
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Cette soumission à l'ordre divin, à la tradition, quelle que soit la
situation historique, a pu quelquefois apparaître comme desséchante et
justifier les reproches de fatalisme. En fait, le sunnisme possède une
très grande force d'adaptation et d'assimilation: pour les conservateurs,
qui interdisent toute innovation (bid'a), comme pour les libéraux,
qui l'autorisent par le raisonnement analogique, l'orthodoxie des sunnites
se définit par le respect du principe du consensus (idjmaa). Une
innovation à son début peut être considérée comme condamnable
(kofr), mais si, à la longue, cette pratique est reconnue salutaire
par l'unanimité des docteurs, il devient alors impossible d'en faire la
critique historique ou de chercher à montrer qu'elle n'a aucun fondement
dans le Coran sans se mettre en position d'hétérodoxie. On ne peut se
séparer de l'ensemble des idées de la communauté de son temps sans se
séparer de cette communauté. |
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Les écoles concurrentes
Toutefois, si les sunnites admettent tous le principe du consensus
(avec des acceptions différentes), la validité du Coran et des traditions
contenues dans la sunna, ils se séparent en quatre écoles de
jurisprudence (fiqh), toutes orthodoxes, mais qui divergent sur les
problèmes de l'innovation et rivalisent pour commenter de la façon la plus
parfaite la sunna. |
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Les écoles chaféite et hanbalite, conservatrices, s'attachent à la
valeur littérale des textes et refusent l'innovation personnelle tout en
acceptant le mécanisme du consensus (avec des restrictions pour l'école
hanbalite). Les écoles malikite et hanafite admettent l'interprétation
personnelle par analogie lorsque la solution d'un problème le demande.
L'école hanafite est la plus répandue (Turquie, Inde, Chine), suivie de
près par l'école chaféite (Insulinde, Basse-Égypte, Arabie du Sud,
Jordanie, Afrique orientale, Afrique du Sud). L'Afrique noire et l'Afrique
blanche sont rattachées à l'école malikite. Le nombre des adhérents au
hanbalisme est infime (Arabie Saoudite). |
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