la transsubstantiation
 

De la métaphore au dogme
· Les dissensions de l'Église
· La polémique du protestantisme
· La foi catholique


 
La réflexion théologique s'est exercée sur les paroles prononcées par le Christ au cours de la Cène: «Ceci est mon corps [] ceci est mon sang []» Elle aboutit, en Occident, à plusieurs théories: l'impanation et la consubstantiation (protestants) ou encore la transsubstantiation (catholiques). Ces thèses s'efforçaient d'expliquer la transformation, opérée par la puissance de Dieu, du pain et du vin en corps et en sang du Christ.  

De la métaphore au dogme

L'impanation et la consubstantiation affirmaient que le Christ était présent «à côté», «dans», «sur» la substance du pain et du vin, tandis que la transsubstantiation affirmait que le pain et le vin s'étaient mués en corps et en sang du Christ.

 

Les dissensions de l'Église

L'Église médiévale se rallia officiellement à cette dernière thèse, qui renvoyait à une métaphysique de la substance et, de ce fait, était tributaire d'un contexte culturel particulier. Cependant, la Réforme entraîna un durcissement de ce choix contingent: la thèse de la transsubstantiation était désormais orthodoxe. La polémique transforma la métaphore en dogme.

 

Ces théories servirent, en fait, à défendre des attitudes différentes à l'égard de l'eucharistie. Au moment du concile de Trente, en effet, des opinions différentes s'exprimaient au sein de l'Église.

 

La polémique du protestantisme

Tout en rejetant la transsubstantiation, Luther affirmait la consubstantiation: «Le Christ, disait-il, est dans le pain et le vin comme le feu dans le fer rougi.» Il eut à combattre les «sacramentaires» comme Zwingli, pour lesquels la célébration n'était que l'évocation du Sauveur et du salut qu'il a donné aux hommes. Calvin, de son côté, maintenait la croyance en une présence réelle dans les éléments de la Cène, mais elle était «ineffable»: ce qui est donné au communiant, c'est la présence spirituelle de la vie de Dieu fait homme.

 

La foi catholique

Face à cette pluralité de doctrines, le concile de Trente réaffirma la thèse de la transsubstantiation. Ce choix était commandé par le souci de défendre la permanence de la Présence réelle après la consécration dans les hosties qui n'avaient pas servi à la communion. C'était là une objectivation de la transformation «totale» des espèces eucharistiques, qui, à la limite, n'était plus liée à la foi des croyants. Cette thèse était le moyen de faire pièce au point de vue luthérien, partagé par tous les protestants, selon lequel «on ne doit pas adorer le Christ dans l'eucharistie ni le promener en procession» Une telle décision devait modeler, de part et d'autre, pour plusieurs siècles, la piété, les manifestations du culte et de l'art religieux.

 

Données encyclopédiques, copyright © 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre, tous droits réservés. Notice légale.
Copyright © 2001 Yahoo! France. Tous droits réservés. Charte sur la vie privée - Conditions d'utilisation