Figure de Prou :  Clovis, 1er roi des Francs  

Premier roi des Francs : Clovis et le catholicisme - Début de l'expansion franque  

Histoire du vase de Soissons

Baptême de Clovis

Affirmation du pouvoir de Clovis

Le nom de la dynastie des Mérovingiens viendrait de Mérovée, grand-père présumé de Clovis.

Clovis devient roi des Francs en 481 à la mort de son père Childéric : il n’a que 15 ans mais cet âge n’est pas choquant puisque la loi fixait la nubilité à 14 ans pour les garçons et que la moyenne d’âge était alors de 20 ans !

Origine du nom de Clovis

Clovis portait le nom germano-latin Chlodowich ou Chlodovechus, qui signifie "célèbre par sespavois.gif (21225 octets) combats". De ce nom, ont dérivés au fil des siècles Lodovicus, Lodoïs et enfin Louis : le prénom gardera un destin royal pendant plus de 1000 ans, du fils de Charlemagne (Louis le Débonnaire - 814-840) jusqu'à Louis-Philippe, dernier roi des Français (1830-1848).

Comme son père, il cumule une autorité militaire (chef des Francs) et civile (administrateur de la Belgique Seconde).

Il se marie avec une princesse Thuringienne ou rhénane et son 1er fils, Thierry, naît probablement avant les conquêtes de 486. On ne sait que peu de chose concernant ce mariage car Grégoire de Tours choisi d'ignorer cette princesse païenne et considère son fils comme un bâtard.

  Clovis et le Catholicisme :

L’Évêque de Reims Saint Rémi entretient avec lui des contacts réguliers qui vont l’inciter à respecter l’église et à s’occuper de tous les citoyens situés sur son territoire : une étrange symbiose et un profond respect naissent au contact de ce roi païen et de l'évêque catholique. Une lettre écrite par Saint Rémi et adressée à Clovis nous est d'ailleurs parvenue et est très révélatrice quant au rôle de conseil assuré par l'église.

C'est dans ce contexte et suite à l'encouragement de St Rémi que juste avant son avènement, Clovis entreprend "la fusion" des Francs avec les gallo-romains en donnant à tous les même droits et devoirs.

Cette "coopération" est bénéfique pour les deux partis : clovis1.jpg (14933 octets)

- Pour Saint Rémi, ces contacts sont indispensables car il réalise que l’indépendance du clergé n’est pas possible : il doit donc composer avec les barbares, et choisit ceux qui répondent le mieux selon lui à ses critères de valeur. Les francs sont considérés comme un rempart et une épée contre l'arianisme.

- Pour Clovis, il s'agit de profiter de l'expérience et du crédit d'une église respectée par une partie des notables et écoutée par une frange de la population.

Début de l'expansion franque

Dès sa prise de pouvoir, Clovis est étriqué dans son étroit territoire centré sur la Belgique. Il tente d’étendre son royaume avec l'aide de quelques milliers de soldats armés de lances à crochet et de haches de jet (la fameuse francisque) :

- Il s'allie en 484 avec le roi franc rhénanLa Gaule vers 500 - Il entre ensuite en conflit avec Syagrius, dernier représentant romain (il a hérité du pouvoir de son père Aegidius mais n'a plus de fonction officielle suite à la chute de l'empire). Il est maître de la région de Soissons et le roi franc ne peut accepter les liens étroits qu’il entretient avec les Wisigoths.

En 486, l’armée franque de Clovis écrase celle de Syagrius et pille la région conquise : c’est dans ce contexte que ce déroule le fameux épisode du Vase de Soissons . Clovis hérite ainsi de la légitimité romaine et commence l’expansion de son territoire, qui comprend désormais Soissons, Senlis et Beauvais. Clovis somme les wisigoths chez qui Syagrius s'est réfugié de lui remettre le vaincu : ces derniers s'exécutent et Clovis fait égorger Syagrius.- Il s’approprie également Paris, sa future capitale, car Geneviève s’en remet à son autorité. 

francs_saxons.jpg (19238 octets)- Il soumet partiellement les Thuringiens en 491 : cette campagne, durant laquelle il élimine les roitelets parents Chararic (qui s'était montré lâche durant le conflit avec Syagrius) et Ragnacaire lui permet de s'assurer tout le nord-est du pays avant de partir à la conquête du sud (contre les wisigoths) et de l'est (contre les Alamans) . Le territoire de la Thuringie n'a jamais été circonscrit avec précision par les historiens : il était probablement situé sur la rive droite du Rhin.

Cette expansion reste toutefois très limitée à la fin du Vème siècle en comparaison de celle des goths.

En effet, les Ostrogoths, qui étaient jusqu’alors restés sur les terres de l’empire Romain d’Orient, envahissent l’Italie avec 100 000 personnes (dont 20 000 soldats) et la bénédiction de Zénon, Empereur Romain d'Orient. Leur roi Théodoric le Grand renverse Odoacre qui avait pris possession de l’Italie, provoquant la chute du dernier empereur romain d’Occident en 476.Odoacre signe sa reddition en 493 mais est aussitôt assassiné par son vainqueur lors d’un banquet. Une période de 40 années de prospérité recommence alors en Italie, en se basant sur une administration romaine contrôlée par les ostrogoths.

Fin stratège, il mène une "politique matrimoniale" intense pour accroître son prestige et mieux se positionner en arbitre de l'Occident : il est en effet beau-frère du roi des francs (Clovis) et du roi des Vandales (qui tenaient l'Afrique et la Sicile) et beau-père du roi des wisigoths (Alaric II) et du prince héritier des Burgondes !

Les ostrogoths représentent donc un obstacle de plus pour Clovis, circonscrit et isolé dans son modeste territoire : à la fin du Vème siècle, Clovis reste un petit roi face au roi Burgonde Gondebaud, aux rois Goths Théodoric le Grand et Alaric. De plus, il se marginalise en étant le seul païen face à ces trois rois ariens.

Vase de Soissons

Le célèbre vase de Soissons provient en fait du diocèse de Reims : il s’agit d’un vase liturgique en argent qui fut intégré au butin des Francs lors de la guerre entre Clovis et Syagrius.

L’évêque de Reims Saint Rémi envoya un messager à Clovis afin qu’il restitue cet objet mais la règle de partage des prises de guerre était stricte : chaque part, y compris celle du roi, était tirée au sort.

Afin de respecter les bonnes relations qu’il entretenait avec l’église et étant donné que le tirage au sort à Soissons (d’où le nom « vase de Soissons ») n’attribua pas le vase à Clovis, ce dernier le réclama en prétextant un passe-droit. Un soldat s’y opposa, frappa le vase avec une hache en disant : « tu n’auras rien que ce que le sort t’attribuera vraiment ».

vase.jpg (15647 octets)Clovis s’inclina, mais parvint tout de même à échanger d’autres objets contre le vase cabossé qu’il restitua à l’évêque : il n’a donc pas été cassé comme l’indiquent certains manuels d’histoire.

Lors d’une revue de son armée à Soissons bien plus tard, Clovis, qui avait la rancune tenace, remarqua que les armes de celui qui avait frappé le vase étaient mal entretenues : il les jeta à terre et tandis qu’il se penchait pour les ramasser, Clovis lui fracassa le crâne en disant : « ainsi as-tu fait à Soissons avec le vase ». Il profita ainsi du droit de vie et de mort que le Roi avait sur ses sujets.

Grâce à ce geste, il n’en sera que mieux respecté: les rois imposent leur autorité par la terreur!