Historique
Histoire de la papauté en Avignon
C'est dans un climat de tension entre la
papauté et le roi de France, Philippe le Bel, à propos
de la question des Templiers, que le pape Clément V est
élu en 1305. Celui-ci choisit Avignon pour demeure, à
proximité des possessions pontificales du comtat
venaissin. Néanmoins, le choix de quitter Rome répond à
des besoins stratégiques et à des pressions politiques:
Avignon occupe une position plus centrale que Rome au cœur
de la chrétienté occidentale, sa position est
moins soumise à l'influence des empereurs germaniques, et
c'est également une manière de s'éloigner d'une
population romaine parfois trop agitée.
En revanche, choisir Avignon signifie pour le pape de se
soumettre au roi de France: en 1311-12, Clément V, sous
pression, accepte de dissoudre l'ordre Templier, au grand
bénéfice de Philippe le Bel.
Son successeur, Jean XXII, français comme Clément V, est
élu en 1316. Il s'installe définitivement à Avignon,
dans son ancien palais épiscopal. Une politique
rigoureuse lui permet d'amasser une immense fortune.
Cette immense fortune sert à ses successeurs pour la
construction du palais (Benoît XII et Clément VI).
Celui-ci mène une vie fastueuse de prince. Il invite de
nombreux artistes à sa cour, en particulier Matteo
Giovanetti. En 1348, il achète Avignon à la reine Jeanne
de Naples et la ville reste une enclave dans le royaume de
France jusqu'à la Révolution.
Innocent VI puis Urbain V continuent les travaux du palais
et les fortifications de la ville. C'est Grégoire XI,
sous la pression de l'opinion publique romaine qui décide
de retourner à Rome en 1376.
Son successeur, Urbain VI (1378-1389) manifeste des signes
de folie dès son élection et les cardinaux décident d'élire
un nouveau pape: Clément VII (1378-1394) qui s'installe
à Avignon. Cette crise est appelée Schisme d'occident.
Il faut plusieurs conciles pour venir à bout de cette
situation confuse (on atteint le chiffre de trois papes
simultanément). A l'issue du conflit, la papauté réunifiée
en 1417, avec Martin V, réintègre définitivement Rome.
|
|
Le premier pape à résider
en Avignon est Clément V. Il vit modestement au couvent
des dominicains.
Son successeur Jean XXII, choisit d'habiter le palais épiscopal
qu'il occupait avant son élection.
|
|
Cependant, il n'entreprend
pas de grands travaux. Cette initiative revient au troisième
pape avignonnais, Benoît XII, qui mène la construction
du Palais "vieux" (ailes nord et est) entre 1334
et 1342.
|
Cloître de Benoît XII |
|
Clément VI poursuit cette tâche en
agrandissant le palais au au sud et à l'ouest. Les papes
suivants n'apportent pas de modifications majeures.
|
|
|

|
Le palais comporte de nombreuses chapelles. La plus importante,
la Grande Chapelle, a été construite sous le pontificat de Benoît
XII à partir de 1335. En 1338 est construite la tour des
chapelles, où l'on trouve les chapelles Saint Jean et Saint
Martial. La grande chapelle est agrandie en 1347 par Clément IV.
Légende
A - La chapelle Saint Jean
B - La grande audience et la grande chapelle
C - Le cloître de Benoît XII
D - La cour du palais neuf
|
|
Elle est achevée en 1351, les travaux ayant été ralentis par
une épidémie de peste. Il se fait également construire une
chapelle privée, dédiée à Saint
Michel, décorée, tout comme les chapelles Saint Jean et
Saint Martial, par Matteo Giovannetti.
Lors de notre visite, seules la chapelles Saint Jean et la Grande
chapelle étaient ouvertes, c'est pourquoi nous limitons notre étude
à ces deux cas.
Grande audience de Clément VI
|
|
|
La grande chapelle
|

|
La Grande chapelle est dédiée
à Saint
Pierre et Saint Paul. Elle occupe le premier étage de
l'aile sud, au-dessus de la Grande Audience. On y accède
de l'extérieur par un escalier monumental. Sa façade
a été très endommagée au XIXe siècle. Les statues ont
disparu.
|
|
A la base des piédroits,
on trouve encore des médaillons quadrilobes où se mêlent
animaux
réels et fantastiques. Le décor du tympan
n'existe plus mais le linteau
a conservé une partie de ses sculptures, qui représentent
des damnés précipités dans une gueule d'enfer. Cet
ensemble date de 1359 car les éléments construits en
1351 s'étaient écroulés.
|
|
|

|
La nef
unique de 52 mètres comporte sept travées
voûtées d'ogives. Ces dernières retombent sur des
faisceaux de colonnettes.
|
|
|
La voûte
culmine à 19,5 mètres. L'élévation
à deux niveaux diffère au nord et au sud. Au nord, on ne
trouve aucune fenêtre, au sud, quatre baies à deux lancettes.
Les armoiries peintes sur les murs est et ouest datent des
XVIe et XVIIe siècles. Aux deux extrémités est et
ouest, on trouve un mur plat percé de deux baies : rien
ne distingue donc le chœur
du début de la nef.
|
|
|
Chapelle Saint Jean
|

|
La salle du consistoire donne
sur la chapelle Saint Jean. Il s'agit d'une petite pièce
carrée, comportant une travée
voûtée d'ogives,
dont l'entrée se trouve à l'ouest. Éclairée par des
baies à deux lancettes,
elle est entièrement couverte de fresques de Matteo
Giovanetti (XIVe siècle).
|
|
Ces peintures sont consacrées
à Jean
Baptiste au nord et à l'est (ci-contre), et à Saint
Jean au sud et à l'ouest.
|
|
|

|
Ci-contre, on voit la décollation
de Saint
Jean-Baptiste à gauche et le saint allant à la
rencontre du Christ,
dont il est séparé par une fenêtre, à droite.
|
|
|

|
Ici, nous assistons au festin
d'Hérode, pendant lequel Salomé exécute la danse des
sept voiles afin d'obtenir la tête de Saint
Jean-Baptiste, réclamée par sa mère Hérodiade.
|
|
|