Historique

loire

Le monastère de Cunault, au bord de la Loire, en aval de Saumur, a été fondé au IVe siècle par Saint Maxenceul. Les moines sont chassés de Cunault par les invasions vikings. Ils y reviennent en 858, ramenant avec eux les reliques de Saint Philibert. Ils en repartent, toujours avec les reliques, quelques années plus tard, pour se réfugier à Tournus. Cunault devient alors un prieuré dépendant de Tournus, en Bourgogne, au Xe siècle. Le calme revenu, quelques moines retournent vivre à Cunault avec les reliques de Saint Maxenceul et du lait de la Vierge.

Une nouvelle église est construite au XIe siècle. Le prieuré connaît ensuite une phase d'enrichissement, liée aux conflits entre Foulque IV le Rechin et Foulque Nerra. Cela permet l'édification d'une plus grande église au XIIe siècle. Les dernières travées de la nef sont construites dans le style gothique, vers 1170. L'ensemble est achevé au XIIIe siècle.
Après la guerre de Cent Ans et les guerres de religion, le monastère est très affaibli. En 1741, le prieuré est supprimé. En 1749, le chœur est vendu à un particulier qui en fait une grange. La nef devient église paroissiale en 1754. Enfin, l'édifice est vendu comme bien national à la révolution. En 1838, Prosper Mérimée apporte son soutien à la restauration entamée par Joly-Leterme.

face nord

Visite extérieure

La façade de Notre Dame de Cunault paraît assez large si on la rapporte à son élévation. Le portail cintré est entouré de chaque côté par deux arcades aveugles. Au niveau supérieur, la baie centrale, à trois lancettes est encadrée par deux petites baies excentrées. Un pignon triangulaire, en retrait derrière des créneaux, surmonte l'ensemble.

façade

tympan

Le tympan, avec ses traces de polychromie évidentes, représente une Vierge en majesté, très hiératique, qui trône sur deux niveaux (ses jambes sont au niveau du linteau). L'enfant Jésus (décapité) est sur ses genoux. Deux anges, beaucoup plus légers, l'entourent.

Le clocher date de la fin du XIe siècle. Il s'élève au niveau de la cinquième travée. Il présente trois niveaux de baies en retrait successif, le premier comporte cinq baies cintrées, le suivant, trois baies de plus grande taille et enfin quatre baies au troisième niveaux. Le tout est coiffé d'une flèche pyramidale.

tour

arcades de la tour

Des frises de modillons viennent s'intercaler entre les niveaux. Des motifs géométriques ornent les écoinçons.

arcades de la tour (zoom)

chapiteaux de la tour

Le portail au pied de la tour est entouré de chapiteaux sculptés.On y trouve un chapiteau consacré à l'Annonciation et, ci contre, une sirène et un pêcheur.

Le chevet a été endommagé par la destruction de la chapelle axiale. On ne peut en faire le tour.

On peut néanmoins admirer l'élégance de la chapelle latérale nord.

Elle présente une série d'arcatures aveugles reposant sur des colonnettes et surmontées de modillons.

Visite intérieure

plan

La nef comporte cinq travées.

Plan extrait de Anjou roman, ed. Zodiaque

nef

Les trois premières datent de 1170 et sont voûtées d'ogives octopartites, dans le style Plantagenêt (c'est-à-dire que la voûte est bombée, de sorte que la clef de voûte est plus élevée que la clef des arcs formerets).

voûtes des travées occidentales de la nef

travées orientales de la nef et transept

Les deux travées orientales sont romanes et voûtées en berceau brisé. Les collatéraux sont couverts de voûtes d'arêtes. Le vaisseau central est aveugle. La cinquième travée du collatéral sud soutient le clocher. Elle est voûtée par une coupole sur trompe.

Les chapiteaux sont généralement remarquables, même s'ils sont difficiles à observer raison de la hauteur des arcades. Ils présentent des motifs végétaux historiés ou font appel à un bestiaire fantastique (exemple ci-contre, dans la nef).

chapiteaux de la nef

absidiole

Il n'y a pas à proprement parler de transept. Mais les sixième et septième travées du vaisseau central sont bordées de collatéraux dédoublés qui ouvrent sur des absidioles voûtées en cul-de-four. Le deuxième collatéral sud est plus étroit que son équivalent au nord.

Le chœur, avec ses quatre travées droites et son rond-point à cinq pans, est ceint d'un déambulatoire qui ouvrait initialement sur trois chapelles rayonnantes. La chapelle axiale a été détruite au XIIIe siècle.

choeur

voûtes du choeur

Le voûtement en berceau est semblable à celui des travées orientales de la nef.

A l'intérieur du rond-point côté, on peut voir un chapiteau consacré à l'Annonciation.

chapiteaux du choeur

déambulatoire

Dans le déambulatoire, voûté d'arêtes, on trouve d'autres chapiteaux historiés. Au niveau de la chapelle rayonnante sud, on peut notamment observer des chapiteaux consacrés à la Flagellation et au Portement de Croix.

En outre, il reste dans cette chapelle des traces de fresques polychromes.

chapelle rayonnante

retours : Églises et chapelles

Cathédrales

Abbayes monastères et prieurés

Tous les édifices