Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais

Historique

La cathédrale de Beauvais est le symbole même d'une ambition démesurée qui n'atteignit pas son but. Elle n'en est pas moins extrêmement impressionnante et intéressante.

Au premier plan, église St Etienne, dominée au second plan par St Pierre de Beauvais

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Prévue pour être la plus grande cathédrale du monde, elle est aujourd'hui une des plus inachevée. Pourtant ce qui existe actuellement - le chœur et le transept - est suffisamment impressionnant pour qu'on n'ose imaginer ce qu'eût été le projet achevé.

Le chœur de Beauvais est en effet le plus élevé du monde. On ne peut que regretter qu'aucune nef ne vienne le prolonger. L'édification de la cathédrale fut extrêmement longue, en raison notamment des problèmes de financement et des défauts de conception de la construction, qui nécessitèrent de multiples modifications des plans initiaux.

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 En 1225, on décida, à la suite de l'incendie de la Basse-œuvre, de construire une cathédrale aux dimensions formidables. Le premier office eut lieu en 1272. En 1284, une partie des voûtes du chœur s'effondra. Le chœur fut donc remodelé et les travaux s'achevèrent au milieu du XIVe siècle. En 1499, on décida de poursuivre la construction avec l'adjonction du transept et de la nef : cette nouvelle campagne s'acheva en 1550 par la réalisation du transept sud.

L'édification de la nef fut abandonnée au profit de la flèche. Celle-ci fut achevée en 1567. La cathédrale de Beauvais était alors au sommet de sa splendeur : elle dominait alors toute l'Europe, y compris Saint Pierre de Rome. Hélas, ce péché d'orgueil fut sévèrement puni. En 1573, la tour s'effondra, impliquant de nombreux travaux de remise en état. En 1600, on entama la construction de la nef. Mais seule la première travée fut effectivement réalisée. La palissade qui clôturait le chantier à l'ouest devint définitive.

Saint Pierre, cathédrale sans nef

Visite extérieure

Le transept date du début du XVIè siècle. Il est l'œuvre de l'architecte Martin Chambiges, dont le style se retrouve dans une autre grande cathédrale de l'Oise, à Senlis. De style flamboyant, il est encadré de deux tourelles. Celles-ci sont richement ornées côté sud (à gauche). Elles sont plus massives au nord (à droite).

La façade des transepts comporte quatre étages : un portail, une claire-voie, une rose et un pignon triangulaire.

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Les portails ne possèdent pas de tympan : à l'origine, ils abritaient de nombreuses statues dont il ne reste aujourd'hui que les socles et les dais.

Au nord (à droite), on voit encore l'armature d'un arbre de Jessé.

Ils se distinguent, en revanche, par des portes en bois du XVIe siècle dont les vantaux sont finement sculptés.

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histoire de la conversion de Saint Paul

Côté sud, les vantaux narrent la vie de St Pierre (porte gauche) et la conversion de St Paul (porte droite, photo ci-contre).

Côté nord, on trouve les quatre évangélistes (porte gauche) associés aux quatre docteurs de l'Eglise (porte droite).

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Entre le transept et le chevet, l'élévation comporte une galerie de circulation extérieure et une rose. L'étroitesse des pans de murs qui encadrent les gigantesques verrières (rappelant en cela la Sainte Chapelle) nécessite le soutien de minces arcs-boutants aux culées affinées par la présence de fines colonnes et de gâbles.

Le chevet majestueux frappe par sa hauteur. De massives culées reçoivent des arcs-boutants à deux niveaux et double volée. Pour consolider l'ensemble de puissants tirants métalliques relient les culées.

Visite intérieure

Les dimensions sont étonnantes pour un édifice tronqué, puisque la cathédrale, bien que dépourvue de nef, mesure 70m de long. Quant aux voûtes, les plus hautes du monde (dans leur catégorie), elles atteignent 48m de haut. Dans le transept, les piliers témoignent des différents moments de la construction. A côté de piliers du XIIIe siècle, couverts de faisceaux de colonnettes et finis par des chapiteaux, on trouve des piliers ondulés sans chapiteau, datant du XVIe siècle.

Les bras du transept sont éclairés par de grands fenestrages aux belles roses de style gothique flamboyant. Au sud, on voit Dieu entouré de scènes de la Genèse et de l'histoire du peuple juif. Au nord, la rose représente un soleil.. Malheureusement, la faiblesse des murs exigent l'adjonction d'énormes poutres pour consolider l'édifice.

Le chœur témoigne lui aussi des avanies de la construction. Il s'élève sur trois niveaux. A l'origine, les arcs des premières travées devaient être bien plus larges que ceux des travées suivantes.

Néanmoins, les larges travées initialement dessinées (dont on aperçoit encore le tracé) ont dû être scindées par l'ajout de colonnes supplémentaires, suite à la catastrophe de 1284.

Les voûtes, initialement quadripartites devinrent donc sexpartites. La croisée a été voûtée en bois pour éviter d'alourdir encore la charge pesant sur les piles.

On peut noter que, dans l'abside, les lancettes sont alignées avec les arcs du triforium, tandis que dans le reste du chœur, la réalisation de baies à trois lancettes rompt cet alignement.

Le déambulatoire ouvre sur de nombreuses chapelles rayonnantes polygonales.

Vitraux de la chapelle axiale (XIIIe siècle), dont un arbre de Jessé (ci-dessous)

Le retable de la chapelle Saint Vincent de Paul, originaire de la petite église de Marissel met en scène des scènes de la Passion (de gauche à droite : l'arrestation, présentation au peuple, portement de croix, crucifixion, descente de croix, mise au tombeau, résurrection). Au-dessous de la crucifixion, on trouve la dormition de la Vierge. La prédelle est occupée par les douze apôtres entourant le Christ.

La Basse-œuvre et le cloître

basse oeuvre

L'ancienne cathédrale, qui date du Xe, est appelée Notre Dame de la Basse-œuvre par contraste avec la Haute œuvre qui la surplombe actuellement. On la trouve à l'ouest de Saint Pierre devant le mur qui clôture la nef. Cet édifice roman avait été réalisé avec des pastoureaux (petites pierres carrées issues des remparts gallo-romains de la ville). Sa façade est extrêmement simple.

Les deux galeries du cloître sont disparates. La galerie orientale, qui donne sur la salle capitulaire est assez classique.

galerie est

salle capitulaire

Les voûtes de la salle capitulaire retombent très bas sur un pilier central unique.

arcades de la galerie est

galerie nord du cloître

La galerie nord est voûtée par une charpente de bois. Elle est surmontée d'un bel édifice de briques rouges à colombages.

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Il est également intéressant de visiter l'évêché et notamment sa jolie cour intérieure.

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