
En résumé
Ignoré par l'islam, le péché originel, conté dans la Genèse, est fondamental pour la théologie chrétienne. Il sert notamment à concilier l'idée du mal avec celle de la divinité.
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Dieu crée le monde en six jours. Le sixième jour, il crée l'homme et la femme pour dominer la création (Gn, I, 26-31). Il modèle l'homme dans la terre et lui insuffle la vie (Gn II, 7) et le place dans le jardin d'Eden, au centre duquel se trouve l'arbre de la vie et de la connaissance du bien et du mal (Gn II, 8-9). Dieu interdit à l'homme de goûter les fruits de cet arbre (Gn II, 16-17). Puis Dieu décide de fournir une aide à l'homme. Il le plonge dans un profond sommeille et façonne une femme à partir d'une côte prise à l'homme. Nus et sans honte, l'homme et la femme semblent destinés à une éternité de bonheur (Gn, II, 21-25). C'est alors qu'intervient le maléfique serpent tentateur. Il dit à la femme qu'en mangeant les fruits de l'arbre de vie, elle deviendra l'égale de Dieu (Gn III, 4-5). Elle mange le fruit et le tend à l'homme. |
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L'innocence est perdue : ils prennent conscience de leur nudité et se cachent à l'appel de Dieu (Gn III, 6-8). Après interrogatoire des suspects, Dieu punit les trois protagonistes (Gn III, 9 - 19). Le serpent, d'abord, la femme, ensuite (" J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi "), et l'homme enfin (" C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière "). C'est alors seulement qu'apparaissent les noms d'Adam et Ève, et c'est Adam qui nomme sa femme. Et Dieu chasse alors l'homme et la femme de l'Eden. Statues d'Adam et Ève, façade de Notre-Dame de Paris. Elles encadrent une Vierge à l'enfant. |
La nature du péché
Mode de transmission : Saint Augustin établit la nature propagative et non imitative du péché originel. La faute est transmise et non seulement la peine. Chaque homme en est souillé à la naissance (excepté le Christ et la Vierge) et seul le baptême permet de l'effacer. Après avoir été baptisé, l'homme n'est plus responsable que de ses propres péchés.
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Cloître d'Elne |
Les conséquences du péché originel
Le péché originel constitue une rupture temporelle. Il y a un avant et un après le péché, comme il y a un avant et un après la rédemption. La société du Moyen Age est dominée par le péché, qui concerne tous les aspects de la vie et l'Eglise sait instrumentaliser les peurs du jugement pour augmenter son pouvoir (confession obligatoire, indulgences...).
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La conception initiale du péché originel comme péché de chair influe beaucoup sur les rapports entre la religion et le corps, qui sont pour l'essentiel des rapports de défiance. Cette défiance s'oriente aussi vers la femme, cet être par trop imparfait sur qui retombe toute la faute. Ainsi sont longtemps justifiées la place secondaire qu'on la contraint à occuper et la répression plus sévère dont elle est l'objet en cas de péché. La culture du péché (et de la pénitence) qui se développe autour du péché originel a donc une influence durable sur la mentalité occidentale chrétienne. Monastère de Santes Creus (Espagne, Catalogne) |
La représentation artistiqueL'épisode du péché originel est souvent résumé en quelques scènes : la création d'Ève, que Dieu tire du corps d'Adam ; la tentation, représentée par Adam et Ève, encadrant un arbre autour duquel le serpent est enroulé (le serpent est parfois mi-serpent mi-femme). Enfin, un ange armé d'une épée de feu chassant les fautifs du paradis (ci-dessus, socle du trumeau du portail nord de la façade occidentale de Notre Dame de Paris). Parfois, seule la scène centrale subsiste.
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