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Historique
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Une première cathédrale est édifiée
à Lund, en Suède, en 1085, par le roi Saint
Knut, saint patron du Danemark. La décision d'agrandir
celle-ci survient peu après. Il s'agit alors d'une
décision toute politique: le roi du Danemark, Erik
Eiegod, obtient du pape en 1103 l'indépendance religieuse
de son royaume vis-à-vis de l'archevêché
d'Hambourg avec la création d'un nouveau siège
archiépiscopal à Lund. La cité devient
alors la capitale religieuse des pays scandinaves et la nécessité
d'une cathédrale en rapport avec cette position se
fait sentir.
Palais archiépiscopal
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Les travaux débutent dès
1104. Dans une première phase, le plan et la crypte
sont d'inspiration anglo-normande. Une deuxième phase
révèlent une influence italienne. Le chantier
a été confié à l'architecte italien
Donatus. Les travaux ont été menés simultanément
à l'est et à l'ouest. L'ancienne église
sert de lieu de culte, jusqu'à l'achèvement
de la crypte en 1131. Malgré le choix de voûter
entièrement l'édifice, celui-ci est, dans un
premier temps, couvert d'une charpente en bois. Ce n'est qu'à
la suite d'un grave incendie en 1234 qu'on élève
une voûte de pierre. Les travaux marquent alors une
pause jusqu'au début du XVIe siècle: de grandes
restaurations sont entreprises, et de nombreuses ornementations
sculpturales sont ajoutées.
L'introduction de la Réforme
au Danemark vers 1530 donne un coup d'arrêt brutal au
rayonnement de Lund. L'archevêché est dépouillé
de toutes ses richesses, de nombreuses églises sont
détruites, la cathédrale est reléguée
au simple rang d'église paroissiale.
Le traité de Roskilde
en 1658 rattache Lund à la Suède. En 1666, le
patrimoine du chapitre est transféré à
l'université, nouvellement créée, et
certaines parties de la cathédrales sont utilisées
pour donner des cours. Des travaux de restaurations sont entrepris
au XIXe siècle (réfection de la voûte)
et au XXe.
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Visite extérieure
La cathédrale de Lund est un monument
exceptionnel en Scandinavie : il s'agit probablement d'un
des seuls exemples d'architecture religieuse médiévale en
Suède. Cette cathédrale est donc remarquable, de par son
élégance et ses dimensions qui traduisent son importance
au Moyen Age (un des plus grands édifices de style roman
qui soient).
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La partie centrale de la façade comporte
trois niveaux. Au dessus du portail,
on trouve d'abord trois grandes baies cintrées,
surmontées d'une galerie d'arcades. Le pignon
triangulaire est percé de trois baies accolées. Les différents
niveaux sont séparés les uns des autres par des frises de
petites arcatures.
Cette partie centrale est entourée de deux tours. Leur
base, encadrée de contreforts
massifs à ressauts,
est peu ornée. Au second niveau, les contreforts se
transforment en pilastres
qui, reliés par de petites arcatures, forment des bandes
lombardes. Dans chaque bande s'inscrit une grande baie
et deux oculi
quadrangulaires. S'élèvent ensuite trois niveaux
comportant deux baies géminées
dont chacune réunit trois arcades.
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Le tympan
du portail occidental est du XIXe.
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Il est entouré d'une série de
sept voussures
cylindriques à motifs végétaux finement sculptés.
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Extérieurement, la nef
est assez simple, avec ses deux niveaux de baies cintrées
surmontées de petites arcatures.
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L'élévation des façades des croisillons
est à quatre niveaux. Au dessus du portail, on trouve deux
grandes baies, surmontées d'une galerie d'arcades aveugles.
Un pignon triangulaire comportant une baie domine
l'ensemble.
Croisillon sud
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Le tympan du portail sud,
ci-contre, est orné d'un bas-relief représentant l'Agneau
entouré du tétramorphe.
Le tympan du portail nord représente Samson terrassant le
lion.
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Le chevet
comporte trois parties. Au premier niveau, on trouve des
demi colonnes reliées par une double d'arcatures. Au
deuxième niveau, les colonnes se détachent plus du mur.
Une arcade sur deux est munie d'une fenêtre. Le troisième
niveau est formé par une galerie ouverte. Les deux
derniers niveaux sont séparés par une corniche
d'encorbellement.
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Visite intérieure
La cathédrale de
Lund adopte un plan en croix latine. La nef,
bordée de collatéraux, possède quatre travées.
Au niveau de la sixième travée, on trouve les
portes nord et sud.
Plan de la cathédrale, d'après
la brochure touristique de la cathédrale
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Son élévation
à deux niveaux comprend des grandes arcades
(composées de deux arcades géminées,
réunies par un arc de décharge cintré) et deux
baies par travée.
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Dans le collatéral
nord se trouve une horloge astrologique. Fabriquée
en 1380, elle a été restaurée en 1923. Deux
cavaliers sonnent l'heure en heurtant leurs lances.
Entre deux cadrans, la Vierge
trône, l'enfant Jésus
sur ses genoux. Lorsque sonne l'heure, les rois
mages défilent.
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On accède au transept
par des escaliers. Entre les croisillons s'élèvent
de belles stalles
de 1370.
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Voûté d'ogives,
le chœur
s'achève en cul-de-four.
Ce dernier est orné d'une mosaïque de 1925-27,
d'inspiration byzantine. Les trois fenêtres de l'abside
ne fournissent que peu de lumière. L'éclairage
vient principalement des baies des travées droites.
L'abside ne comporte pas de déambulatoire.
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La crypte
est quasiment inchangée depuis le XIIe siècle. Ses
dimensions sont exceptionnelles. En effet, elle
reprend le plan du vaste transept et du choeur.
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41 voûtes
d'arêtes sont soutenues par des piliers aux
formes variées (torsadés, ornés de motifs
géométriques...).
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La crypte
réserve deux surprises uniques dans la sculpture
romane. Deux formes humaines sont sculptées sur le
fût de deux piliers. De nombreuses interprétations
ont été données à propos de ces figures. L'une
d'entre elles a trait à une légende liée à la
construction de la cathédrale. Saint Laurent, pour
achever le chantier de la cathédrale, aurait fait
appel au géant Finn. Le marché était le suivant :
si Saint Laurent ne découvrait pas le nom du géant
avant la fin du chantier, il devait lui donner ses
yeux.
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Le saint ayant
découvert le nom de son dangereux, associé
celui-ci, aidé de sa famille, tenta d'ébranler les
fondations de la cathédrale. Saint Laurent les
pétrifie. L'une des formes représenterait donc
Finn, l'autre sa femme et son enfant.
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